L’iPhone 18 Pro réalise une entrée remarquée dans le classement photo de DXOMARK. Avec un score global de 172 points, le nouveau smartphone haut de gamme d’Apple se hisse à la deuxième place mondiale, seulement devancé par le Huawei Pura 80 Ultra et ses 175 points.
Cette génération marque surtout une évolution inhabituelle pour la photographie sur iPhone : Apple introduit pour la première fois une véritable ouverture variable mécanique sur son capteur principal. Un système à six lamelles qui permet de faire varier physiquement l’ouverture entre f/1,48 et f/4,0, et dont DXOMARK souligne déjà l’intérêt pour les portraits de groupe et les situations complexes.
172 points pour l’iPhone 18 Pro, trois de moins que Huawei
Avec ses 172 points, l’iPhone 18 Pro occupe la deuxième position du classement général de DXOMARK ainsi que de la catégorie « Ultra-Premium », regroupant les smartphones commercialisés à plus de 800 dollars. Le Huawei Pura 80 Ultra reste en tête avec 175 points, une position qu’il occupe depuis août 2025. Seuls trois points séparent donc désormais les deux appareils.
Apple progresse également sensiblement par rapport à la génération précédente. L’iPhone 17 Pro avait obtenu 168 points et se retrouve désormais en cinquième position. Le nouveau modèle gagne ainsi quatre points sur son prédécesseur.
Ces résultats doivent naturellement être replacés dans le cadre du protocole de DXOMARK. Un classement synthétise plusieurs scénarios de prise de vue selon une méthodologie propre au laboratoire et ne permet pas, à lui seul, de déterminer quel smartphone conviendra le mieux à chaque photographe.
Le détail des résultats est d’ailleurs plus révélateur que le classement général, car les forces de l’iPhone 18 Pro varient fortement selon les usages.

L’iPhone 18 Pro prend la tête en vidéo et en basse lumière
C’est notamment en vidéo que le nouveau modèle se distingue. DXOMARK lui attribue 176 points, soit le score vidéo le plus élevé actuellement affiché dans son classement. Le laboratoire met en avant une stabilisation fluide et naturelle, y compris lorsque l’utilisateur filme en courant. L’enregistrement à 60 images par seconde améliore également le rendu des mouvements.
La basse lumière constitue l’autre grande force de l’appareil. Avec 150 points, l’iPhone 18 Pro obtient ici le meilleur résultat du classement de DXOMARK.
Lors des scènes peu éclairées, le laboratoire observe un bon niveau de détail, une exposition précise et un bruit numérique correctement maîtrisé. Dans des conditions plus classiques, l’iPhone conserve une exposition régulière, un contraste naturel et une plage dynamique suffisamment large pour préserver les détails dans les situations lumineuses difficiles.
Le portrait obtient pour sa part 157 points. Un résultat élevé, mais qui laisse une avance importante au Huawei Pura 80 Ultra et ses 169 points. Le zoom constitue davantage le point faible relatif de l’iPhone. Son score de 138 points reste loin des 161 points obtenus par le Vivo X300 Ultra, particulièrement performant dans cet exercice.

Ces écarts illustrent les stratégies différentes des constructeurs. Apple continue de privilégier une expérience relativement homogène entre photo et vidéo, tandis que certains concurrents concentrent davantage leurs efforts sur des domaines précis, comme le téléobjectif.
L’ouverture variable à six lamelles fait ses preuves
La nouveauté technique la plus intéressante de cette génération reste néanmoins l’ouverture variable du capteur principal. L’iPhone 18 Pro possède un mécanisme physique composé de six lamelles mobiles capable de faire varier l’ouverture entre f/1,48 et f/4,0. Le principe se rapproche davantage de celui d’un objectif photographique traditionnel que des traitements logiciels habituellement utilisés sur smartphone.
Une grande ouverture comme f/1,48 permet de laisser entrer davantage de lumière, ce qui peut notamment être utile lorsque la luminosité diminue. Une ouverture plus réduite augmente en revanche la profondeur de champ et peut maintenir davantage de sujets nets sur différents plans. C’est précisément l’un des avantages relevés par DXOMARK. Lors d’un portrait de groupe, fermer le diaphragme peut permettre de conserver davantage de visages dans la zone de netteté plutôt que de privilégier uniquement le sujet placé au premier plan.
Apple laisse également l’utilisateur intervenir manuellement sur ce réglage grâce aux nouveaux contrôles photographiques des iPhone 18 Pro.
L’idée n’est pas nouvelle sur smartphone. Huawei utilise déjà une ouverture variable sur le Pura 80 Ultra, et plusieurs constructeurs ont expérimenté des systèmes similaires au cours des dernières années. Son arrivée sur l’iPhone reste toutefois significative, car Apple remet ici une partie du contrôle entre les mains de l’optique plutôt que de chercher à reproduire entièrement le résultat par traitement informatique.
Trois capteurs de 48 mégapixels, mais le zoom reste en retrait
L’iPhone 18 Pro repose cette année sur trois caméras arrière de 48 mégapixels : un module principal, un ultra grand-angle et un téléobjectif. Cette homogénéisation de la définition permet à Apple de disposer d’une base plus cohérente entre les différentes focales. Elle ne suffit toutefois pas à éliminer l’un des écarts persistants avec certains concurrents Android : les performances à longue distance.
DXOMARK souligne justement que le smartphone reste derrière certains modèles concurrents lorsque le niveau de zoom augmente fortement. C’est un domaine dans lequel les fabricants Android ont beaucoup investi, notamment avec des téléobjectifs périscopiques et des capteurs haute définition permettant de conserver davantage d’informations lors des recadrages numériques.
Apple semble davantage concentrer ses efforts sur la polyvalence du capteur principal, la vidéo et la régularité générale du rendu. L’ouverture variable s’inscrit parfaitement dans cette stratégie, puisqu’elle améliore les possibilités d’un module utilisé dans une grande partie des prises de vue quotidiennes.
Le choix est intéressant : plutôt que de poursuivre uniquement la course au grossissement maximal, Apple ajoute une variable photographique physique supplémentaire à son appareil principal.
Quelques défauts persistent sur les couleurs et les reflets
L’excellent résultat global ne signifie évidemment pas que l’iPhone 18 Pro soit exempt de défauts. DXOMARK relève notamment de légères dominantes colorées dans certaines situations ainsi que des variations occasionnelles de balance des blancs. Ces changements peuvent nuire à la cohérence des couleurs entre plusieurs prises de vue.
Des reflets parasites peuvent également apparaître dans certaines conditions lumineuses, un problème particulièrement délicat sur les systèmes photographiques mobiles composés de plusieurs éléments optiques. Le laboratoire observe enfin des variations de luminosité entre les aperçus photo et vidéo. L’image affichée avant la capture ne correspond donc pas toujours parfaitement au rendu final ou au passage d’un mode à l’autre.
À cela s’ajoute le retard déjà évoqué sur les longues focales. Au moment où ces résultats ont été publiés, DXOMARK affichait principalement les scores et un résumé des points forts et faibles de l’appareil. Le test écrit complet n’était pas encore disponible, ce qui limite pour l’instant l’analyse détaillée de certains comportements.
Apple remet progressivement de la mécanique dans la photographie mobile
L’ouverture variable de l’iPhone 18 Pro est finalement plus intéressante que les quelques points gagnés dans un classement. Pendant des années, la photographie mobile a surtout progressé grâce au logiciel. HDR computationnel, fusion de plusieurs images, réduction du bruit et simulation de profondeur de champ ont permis aux smartphones de contourner les contraintes imposées par leurs petits capteurs et leurs optiques miniaturisées.
Apple ne renonce évidemment pas à cette photographie computationnelle, mais le diaphragme physique de l’iPhone 18 Pro montre qu’il reste encore des marges de progression du côté de l’optique et de la mécanique. Le smartphone peut désormais modifier physiquement la quantité de lumière et la profondeur de champ avant même que les algorithmes n’interviennent. Le logiciel travaille donc avec une image dont certaines propriétés ont déjà été modifiées au moment de la capture.
Les premiers résultats de DXOMARK suggèrent que cette approche n’est pas simplement décorative. L’iPhone 18 Pro excelle en basse lumière et en vidéo, tandis que son ouverture variable apporte un avantage concret lorsque plusieurs personnes doivent rester nettes dans une même scène.
Huawei conserve néanmoins la première place générale et plusieurs concurrents restent devant Apple sur certains usages spécifiques, notamment le zoom. Avec l’iPhone 18 Pro, Apple ne remporte donc pas toutes les batailles photographiques, mais son diaphragme à six lamelles montre une direction intéressante : après avoir passé des années à apprendre aux algorithmes à imiter un appareil photo, le smartphone recommence aussi à lui emprunter sa mécanique.