Huit jours après Tim Cook, John Ternus entre en scène
Il existe des keynotes Apple que l’on oublie quelques mois plus tard. Quelques mégapixels supplémentaires, une puce plus rapide, une nouvelle couleur, puis septembre revient. Celle du 9 septembre 2026 appartient déjà à une autre catégorie.
John Ternus n’était CEO d’Apple que depuis huit jours lorsqu’il est monté sur scène pour le premier grand lancement produit de son mandat. Le passage de témoin avec Tim Cook avait été annoncé le 20 avril : Cook devenait Executive Chairman, tandis que l’ancien responsable de l’ingénierie matérielle prenait officiellement les commandes le 1er septembre.
Le symbole est évidemment puissant. Mais, il faut résister à une lecture trop facile.
L’iPhone Duo n’est pas « l’iPhone de John Ternus » simplement parce qu’il est commercialisé huit semaines après sa prise de fonction. Un produit de cette complexité se développe pendant des années. Le nouveau CEO en connaît néanmoins intimement les coulisses : entré chez Apple en 2001, Ternus a supervisé l’ingénierie matérielle de l’iPad, des AirPods, de nombreuses générations d’iPhone, de Mac et d’Apple Watch avant de prendre la direction de l’entreprise.
Ce premier événement raconte donc davantage une continuité qu’une rupture brutale.
Sous Tim Cook, Apple est devenue une gigantesque machine industrielle et commerciale, avec plus de 2,5 milliards d’appareils actifs selon les chiffres communiqués par l’entreprise au moment de la transition. Sous Ternus, le défi sera différent : conserver cette échelle tout en donnant à nouveau le sentiment que les produits Apple peuvent surprendre.
Pour sa première keynote, il disposait d’un candidat idéal. Après presque vingt ans à perfectionner le même objet rectangulaire, Apple a enfin décidé de plier l’iPhone.
« L’iPhone Duo est l’image de cette keynote. Le véritable changement se joue dans la manière dont Apple redessine tout son écosystème autour de l’intelligence artificielle. »
iPhone Duo : Apple arrive sept ans en retard et peut pourtant changer le marché
Le nom est nouveau. La catégorie, elle, ne l’est absolument pas. Lorsque l’iPhone Duo arrivera en boutique le 23 octobre, plus de sept années se seront écoulées depuis le premier Galaxy Fold de Samsung. Huawei, Honor, OPPO, Xiaomi, Motorola et Google ont depuis largement exploré le concept. Certains constructeurs en sont déjà à plusieurs générations de pliables et les appareils les plus récents ont fortement réduit les compromis de poids, d’épaisseur ou de qualité d’écran.
Apple ne peut donc absolument pas revendiquer l’invention du smartphone pliable. Elle peut en revanche tenter quelque chose qu’elle connaît bien : arriver lorsque la technologie commence à mûrir et transformer une niche en catégorie beaucoup plus visible.
C’est précisément le pari de l’iPhone Duo.
Fermé, l’appareil dispose d’un écran Super Retina XDR de 5,4 pouces. Il s’ouvre comme un livre pour dévoiler une dalle de 7,6 pouces, soit le plus grand écran jamais proposé sur un iPhone. Apple affirme que cette surface est 50 % supérieure à celle de l’iPhone 18 Pro Max. Plus intéressant encore : les écrans intérieur et extérieur utilisent le même ratio, afin que les interfaces puissent passer de l’un à l’autre sans être entièrement recomposées.
Ce détail résume probablement mieux la philosophie Apple que l’écran pliable lui-même.
Le constructeur n’a pas simplement cherché à produire deux iPhone reliés par une charnière. iOS 27 a été adapté à ce nouveau format : Dock déplacé, éléments de navigation repositionnés, Dynamic Island verticale, possibilité d’utiliser deux applications côte à côte avec Split View, deux fenêtres d’une même application ou encore des paires d’applications mémorisées.
Ce n’est pas révolutionnaire pour quelqu’un ayant déjà utilisé un Galaxy Z Fold. Le multitâche existe depuis longtemps chez Samsung et plusieurs concurrents Android vont encore plus loin. Mais, Apple dispose d’une arme particulière : son contrôle simultané du matériel, du système d’exploitation et d’un écosystème applicatif capable de suivre rapidement les nouvelles conventions d’interface.
C’est peut-être ici, davantage que dans les caractéristiques techniques, que le Duo devra faire ses preuves.
Le pli devient une interface
Apple a également tenté d’utiliser physiquement la charnière plutôt que de simplement la faire oublier. L’iPhone peut être posé partiellement ouvert, utilisé pour un appel FaceTime mains libres, transformé en support pour une photo ou exploiter son second écran pour afficher un aperçu au sujet photographié. La fonction Duo Preview permet ainsi à la personne devant l’objectif de voir son cadrage sur l’écran extérieur.
Apple ajoute Smart Take, qui analyse la scène pour déclencher automatiquement une photo lorsque les sujets semblent prêts, et autorise également les selfies avec les caméras arrière de 48 mégapixels en utilisant l’écran externe comme viseur.

Même l’authentification change. Face ID laisse ici la place à Touch ID intégré au bouton latéral, un choix beaucoup plus facile à rendre cohérent quelle que soit la position de l’appareil. Et pour la première fois sur un iPhone, l’Apple Pencil USB-C sera pris en charge plus tard dans l’année. Le Duo commence alors à empiéter sur un territoire jusque-là réservé à l’iPad.
Voilà probablement la question la plus intéressante posée par cet appareil : est-ce encore simplement un grand iPhone ou Apple vient-elle de créer un petit iPad que l’on peut mettre dans sa poche ?
Apple essaie aussi de résoudre les vieux défauts du pliable
La charnière compte plus de cent composants. Le châssis utilise du titane Grade 5, tandis qu’Apple associe plusieurs couches de verre, polymère et adhésifs autour de la dalle flexible. Une finition nano-texturée doit réduire les reflets, mais aussi rendre la pliure centrale moins visible. Il faudra évidemment attendre de véritables tests de durabilité avant de juger ces promesses.
La première génération d’un produit entièrement nouveau demeure toujours un achat plus risqué qu’un smartphone classique, y compris lorsqu’un logo Apple est placé au dos. La résistance à l’eau et à la poussière IP68 annoncée par le constructeur constitue néanmoins un signal intéressant pour la maturité du produit.
Sous les deux écrans se trouve l’A20 Pro, gravée en 2 nm, également utilisée par les iPhone 18 Pro. Apple lui associe une chambre à vapeur et deux batteries réparties dans les deux moitiés de l’appareil. Le constructeur annonce jusqu’à 31 heures de lecture vidéo sur l’écran intérieur et 44 heures sur l’écran extérieur.
En revanche, l’eSIM devient obligatoire partout dans le monde sur ce modèle.
2 339 euros pour entrer dans le futur d’Apple

Et puis, vient le prix. En France, l’iPhone Duo coûtera 2 339 euros en 256 Go, 2 589 euros en 512 Go, 3 089 euros en 1 To et culminera à 3 839 euros en 2 To. Les précommandes ouvriront le 16 octobre à 14 heures, avant une commercialisation le 23 octobre.
Apple n’essaie donc absolument pas de démocratiser le pliable. Elle le positionne au-dessus de l’iPhone Pro Max comme une nouvelle catégorie d’ultra-premium, pratiquement au prix d’un MacBook bien équipé. L’objectif initial pourrait d’ailleurs être moins de vendre des dizaines de millions de Duo que de créer un nouveau sommet dans la gamme.
Le contexte de marché rend l’opération fascinante. Selon Counterpoint Research, les pliables ne représentent encore qu’environ 2 % du marché mondial des smartphones. Pourtant, le cabinet estime que les expéditions cumulées de pliables dépasseront 100 millions d’unités d’ici fin 2026 et prévoyait, avant même l’annonce, qu’Apple pourrait s’emparer d’environ 25 % du segment dès sa première année, malgré une commercialisation très tardive.
Samsung a eu huit générations pour installer le marché.
Apple va maintenant tenter de démontrer qu’il lui suffisait d’une seule génération pour le bouleverser.
iPhone 18 Pro : le smartphone classique n’a pas dit son dernier mot
L’iPhone Duo monopolise naturellement l’attention. Ce serait pourtant une erreur de considérer les iPhone 18 Pro et 18 Pro Max comme de simples figurants. Car Apple leur réserve cette année l’une des évolutions photographiques les plus intéressantes depuis longtemps : une véritable ouverture variable sur la caméra principale Fusion de 48 mégapixels. Six lamelles contrôlées mécaniquement permettent au système de choisir différentes ouvertures selon la lumière et la profondeur de champ recherchée. L’utilisateur peut également prendre la main grâce à quatre réglages : ƒ/1,48, ƒ/1,8, ƒ/2,8 ou ƒ/4,0.
C’est beaucoup plus intéressant qu’une nouvelle course aux mégapixels.

Une grande ouverture laisse entrer davantage de lumière et permet d’isoler davantage le sujet. Une ouverture plus petite augmente la zone nette, ce qui peut être particulièrement utile pour un paysage ou une photo de groupe.
Surtout, Apple cesse progressivement de considérer l’appareil photo de l’iPhone comme une boîte noire dont l’algorithme prend toutes les décisions.
L’iPhone devient un peu plus « appareil photo »
Les nouveaux « Pro controls » permettent également de régler manuellement la vitesse d’obturation et la balance des blancs, tout en affichant un histogramme. Pour les photographes expérimentés, ce sont des outils parfaitement classiques. Sur l’iPhone, leur intégration directe dans l’application Appareil photo marque néanmoins une évolution de philosophie.
Apple veut continuer à permettre de déclencher sans réfléchir, tout en laissant davantage de latitude à celui qui veut reprendre la main. Cette orientation trouve son prolongement dans une nouveauté particulièrement adaptée à notre époque : Apple Reference Image. En mode Reference, le capteur peut signer les données qu’il capture. Private Cloud Compute permet ensuite de produire une image de référence présentée par Apple comme non altérable, comparable à une sorte de négatif numérique permettant d’examiner si une photo a ensuite été modifiée.
À l’heure où une image générée par IA peut être impossible à distinguer visuellement d’une photographie, Apple ne cherche donc plus uniquement à produire de belles images. L’entreprise commence aussi à travailler sur la possibilité de prouver leur origine.
Et, ce sujet pourrait finir par compter bien davantage qu’une nouvelle focale.
A20 Pro prépare surtout la prochaine bataille

Les deux modèles récupèrent également le A20 Pro gravée en 2 nm. Apple annonce une bande passante mémoire supérieure de 50 % à l’A19 Pro, un GPU à sept cœurs pouvant être jusqu’à 40 % plus rapide et surtout deux Neural Engine de 16 cœurs, soit 32 cœurs consacrés au traitement neuronal.
Il serait tentant de résumer cela à davantage de performances. Le vrai enjeu est l’IA locale. Apple doit pouvoir faire fonctionner des modèles de plus en plus complexes directement sur l’appareil si elle veut maintenir son discours sur la confidentialité tout en rattrapant les acteurs dont l’intelligence artificielle dépend davantage du cloud.
La chambre à vapeur de nouvelle génération participe à cette stratégie : la puissance n’a d’intérêt que si elle peut être maintenue sans que l’iPhone réduise rapidement ses performances pour maîtriser sa température.
Même la Dynamic Island évolue. Plus compacte, elle peut désormais afficher jusqu’à trois Live Activities simultanément. Le changement est moins spectaculaire qu’un écran qui se plie. Mais les iPhone 18 Pro restent probablement les appareils qui seront achetés massivement par le cœur de cible premium d’Apple.
En France, l’iPhone 18 Pro démarre à 1 479 euros en 256 Go, contre 1 629 euros pour le Pro Max. Les précommandes commencent le 12 septembre, pour une disponibilité le 18 septembre.
Et l’arrivée du Duo provoque un effet psychologique assez remarquable : à côté d’un smartphone à 2 339 euros, un iPhone Pro à près de 1 500 euros pourrait presque sembler raisonnable.
Où est passé l’iPhone 18 ?
Un appareil brille surtout par son absence. Pour la première fois dans ce cycle de lancement, Apple n’a tout simplement pas présenté d’iPhone 18 standard en septembre. Seuls les iPhone 18 Pro et Pro Max portent cette nouvelle génération, auxquels vient s’ajouter le Duo. Apple n’a pour l’instant annoncé aucune date pour un éventuel iPhone 18 classique. Les informations publiées avant et après l’événement évoquent un lancement au premier trimestre 2027, potentiellement aux côtés d’un nouvel iPhone Air et d’un iPhone 18e, mais cela reste à ce stade un calendrier non confirmé par Cupertino.
Ce changement pourrait être beaucoup plus important qu’il n’y paraît. Pendant des années, septembre constituait le grand renouvellement annuel de l’iPhone. Tout le marché savait à quel moment arrivait la nouvelle gamme. Apple pourrait désormais étaler ses lancements sur l’année.
Septembre appartiendrait aux produits les plus rentables et les plus emblématiques : Pro, Pro Max et Duo. Le début d’année servirait davantage aux modèles généralistes. Cette segmentation présente plusieurs intérêts. Elle offre davantage d’espace médiatique à chaque produit, évite que l’iPhone standard cannibalise immédiatement l’attention portée aux Pro et permet surtout à Apple d’alimenter ses ventes à plusieurs moments de l’exercice.
Mais, elle produit aussi un changement subtil dans la perception de la gamme. Le produit « normal » de septembre n’est plus l’iPhone. C’est l’iPhone Pro. Et au-dessus de lui se trouve désormais un appareil à plus de 2 000 euros. La montée en gamme d’Apple n’a probablement jamais été aussi visible.
Siri AI : le produit invisible de toute la keynote
À première vue, Siri AI ne constitue même pas une véritable annonce de septembre. Apple l’avait déjà présenté lors de la WWDC 2026. Pourtant, il est presque impossible de comprendre cette keynote sans lui.
Car l’IA est le fil invisible reliant tous les appareils présentés. Siri AI ne doit plus seulement répondre à une commande vocale. Apple veut lui permettre de comprendre ce qui apparaît à l’écran, d’exploiter le contexte personnel contenu dans Messages, Mail ou Photos, d’obtenir des informations depuis le Web et d’effectuer des actions entre différentes applications.
C’est un changement radical par rapport à l’ancien Siri. Pendant plus d’une décennie, l’assistant était essentiellement une interface vocale au-dessus de fonctions prédéfinies. La vision 2026 est différente : l’assistant doit comprendre l’utilisateur, son écran, ses applications et le monde extérieur.
Sur l’iPhone Duo, cette évolution prend immédiatement du sens. Une application peut occuper une moitié de l’écran pendant qu’une conversation avec Siri s’affiche sur l’autre. Le grand écran ne sert donc plus seulement à afficher davantage de contenu ; il devient un espace de travail entre l’humain, ses applications et son assistant.
Apple conserve parallèlement son architecture hybride. Une partie des traitements s’effectue sur l’appareil ; les requêtes nécessitant davantage de puissance peuvent être envoyées vers Private Cloud Compute. Apple affirme alors que les données personnelles ne sont pas stockées et ne lui sont pas accessibles. Ce choix explique en partie la débauche de puissance neuronale de l’A20 Pro. Mais, il révèle aussi le principal risque stratégique de cette génération.
Le Duo peut être excellent. L’Apple Watch peut accumuler davantage de données. Les AirPods peuvent devenir une interface permanente. Tout cela perd une partie de son intérêt si l’intelligence censée relier ces appareils n’est pas au niveau de Gemini, ChatGPT ou Claude.
Apple ne joue donc pas seulement son retard dans l’IA sur une application. Elle le joue désormais sur la cohérence de tout son écosystème.
Apple Watch Series 12 : mesurer davantage pour interpréter davantage
Le changement le plus important de l’Apple Watch Series 12 est presque invisible. Le capteur cardiaque optique a été revu et mesure désormais la fréquence cardiaque toutes les cinq secondes tout au long de la journée. La variabilité de la fréquence cardiaque, ou VFC, peut quant à elle être échantillonnée jusqu’à 24 fois plus fréquemment. Apple affirme obtenir ainsi la mesure de fréquence cardiaque la plus précise parmi les objets connectés étudiés dans son protocole de validation. C’est une affirmation constructeur qui devra naturellement être confrontée à des évaluations indépendantes.
Mais, le changement de philosophie est intéressant. L’Apple Watch ne se contente plus de collecter occasionnellement des indicateurs. Elle augmente la fréquence d’observation afin de disposer d’un contexte physiologique plus riche. La conséquence la plus visible est le nouveau score de préparation. Sur une échelle de 0 à 10, la montre combine notamment l’activité récente, la charge d’entraînement, les signes vitaux et le sommeil pour déterminer la capacité de l’utilisateur à affronter sa journée. Le résultat s’accompagne d’une recommandation allant de la récupération à l’incitation à profiter pleinement de sa forme du jour.
Pour Apple, il s’agit d’un territoire stratégique.

Garmin, Whoop, Oura et d’autres acteurs utilisent depuis longtemps des indicateurs comparables de récupération ou de préparation. L’Apple Watch rattrape donc une partie de ce terrain, mais avec un avantage gigantesque : sa base d’utilisateurs et son intégration à l’iPhone.
L’application Santé doit également accueillir une section Longevity permettant de comparer certains indicateurs avec l’âge de l’utilisateur. Aux États-Unis, Apple va même plus loin avec des services biologiques payants et des évaluations basées sur la caméra de l’iPhone. Toutes ces fonctions ne seront toutefois pas disponibles partout.
La montre commence aussi à écouter
Le vrai changement de catégorie vient pourtant de la puce S11 et d’Audio Intelligence. Sound Recognition doit détecter certains événements sonores importants, comme une alarme, une sirène, une sonnette ou les pleurs d’un bébé. Live Rewind peut restituer sous forme de texte les quinze dernières secondes d’une conversation lorsque l’utilisateur active la fonction. Siri Recap va encore plus loin en générant, lorsque l’utilisateur l’a volontairement activé, des résumés de certaines conversations.
Une montre portée toute la journée qui écoute son environnement suffit évidemment à provoquer une question immédiate : qu’advient-il de l’audio ? Apple le sait. La société a donc consacré une architecture spécifique à ce problème. Le S11 contient un Secure Exclave, environnement matériel isolé chargé de traiter l’audio brut. Selon Apple, celui-ci n’est pas enregistré sous forme de fichier, n’est pas accessible à watchOS, aux applications ou à Apple et est supprimé après traitement. Live Rewind produit par ailleurs un signal sonore et visuel lorsqu’il est activé.
Cette précaution technique est révélatrice.
L’Apple Watch était jusqu’ici essentiellement un ensemble de capteurs tournés vers le corps : fréquence cardiaque, température, mouvement, sommeil, oxygénation. Elle commence désormais à intégrer également le contexte autour de nous.
À partir de 449 euros pour la Series 12 et avec une autonomie annoncée jusqu’à 24 heures en usage courant, Apple ne révolutionne donc pas extérieurement sa montre. Elle modifie progressivement ce qu’elle est capable de comprendre.
La Watch Ultra 4 applique la même logique à un appareil plus sportif, avec le S11, le nouveau système de suivi de santé et jusqu’à 50 heures d’autonomie générale annoncée, ou 45 heures de suivi d’un entraînement extérieur.

AirPods 5 : l’interface qui pourrait devenir la plus naturelle avec l’IA
Face au Duo et aux nouveaux capteurs de l’Apple Watch, les AirPods 5 pourraient sembler beaucoup plus conventionnels. Apple généralise pourtant la réduction active du bruit aux deux modèles. La marque annonce une efficacité jusqu’à 1,5 fois supérieure à celle des AirPods 4 avec réduction active du bruit, accompagnée d’une nouvelle architecture acoustique et d’une nouvelle génération d’égalisation adaptative.
Le modèle à 169 euros ajoute un contrôle du volume par balayage sur la tige, un boîtier de recharge sans fil et davantage d’autonomie. La version standard coûte 149 euros. Les deux arriveront le 18 septembre.
Mais, là encore, la fiche technique ne raconte qu’une partie de l’histoire. Des AirPods sont portés dans les oreilles pendant des heures. Ils disposent de microphones, sont immédiatement disponibles et ne nécessitent même pas de sortir un écran de sa poche.
Pour un assistant réellement conversationnel, difficile d’imaginer meilleure interface. Apple met donc en avant l’accès à Siri AI les mains libres, en plus de fonctions déjà liées à Apple Intelligence comme la Traduction en direct. L’écran était l’interface de l’informatique personnelle. Le tactile est devenu celle du smartphone. L’IA pourrait redonner une importance considérable à la voix. Dans ce scénario, les AirPods ne sont plus un accessoire de l’iPhone. Ils deviennent l’un de ses principaux points d’entrée.
Le produit de la keynote n’était peut-être aucun de ces appareils
Prendre chaque annonce séparément produit une keynote assez classique. Un nouveau téléphone. Une puce plus puissante. De meilleurs appareils photo. Une nouvelle montre. De nouveaux écouteurs.
Les assembler raconte autre chose. L’iPhone 18 Pro apporte davantage de puissance pour exécuter des modèles localement, l’iPhone Duo offre suffisamment d’espace pour travailler simultanément avec une application et un assistant, l’Apple Watch observe toujours plus finement le corps et commence à interpréter l’environnement sonore, les AirPods placent une interface vocale directement dans nos oreilles, et Siri AI est censé circuler entre tous ces appareils en conservant le contexte de l’utilisateur.
C’est probablement ici que se trouve la véritable stratégie de la keynote 2026.
Pendant les premières décennies de l’informatique personnelle, la valeur se trouvait essentiellement dans l’appareil. Puis elle s’est déplacée vers les systèmes d’exploitation, les applications et les services. L’IA ajoute maintenant une nouvelle couche : le contexte. Celui qui connaît notre agenda, nos messages, nos photos, notre localisation, nos habitudes, nos appareils et potentiellement certains signaux de santé dispose d’un avantage colossal pour construire un assistant réellement utile.
Google possède ses services, OpenAI et Anthropic disposent de modèles extrêmement puissants, Apple possède autre chose : des milliards d’appareils qui accompagnent leurs utilisateurs en permanence. Son pari consiste à transformer cette présence physique en avantage pour l’IA sans sacrifier la promesse de confidentialité qui distingue historiquement son écosystème. C’est ambitieux, et c’est aussi extrêmement difficile.
L’iPhone Duo restera l’image. Siri pourrait décider de la suite
Lorsque l’on repensera à la keynote du 9 septembre 2026, il est probable que l’image d’un iPhone s’ouvrant comme un livre vienne immédiatement à l’esprit. À juste titre. Le Duo constitue le changement physique le plus important apporté à l’iPhone depuis très longtemps. Il crée un nouveau sommet dans la gamme, rapproche smartphone et tablette et place enfin Apple dans une catégorie que ses concurrents Android développent depuis près d’une décennie.
Mais, ce n’est peut-être pas ce que cette keynote aura eu de plus important.

Apple vient simultanément de changer de CEO, de facteur de forme, de calendrier commercial et de manière de présenter l’intelligence de ses appareils. Tim Cook a passé quinze ans à transformer Apple en une formidable machine à étendre et monétiser son écosystème, John Ternus hérite aujourd’hui d’un défi différent. Il doit faire en sorte que cet écosystème redevienne surprenant.
Et pour sa première keynote, Apple a envoyé un signal particulièrement clair : après avoir passé vingt ans à perfectionner l’iPhone que nous connaissons, Cupertino est enfin prêt à imaginer ce qui vient après.