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Nvidia envisagerait d’investir dans Perplexity à plus de 30 milliards de dollars

Nvidia envisagerait d’investir dans Perplexity à plus de 30 milliards de dollars
Nvidia envisagerait d’investir dans Perplexity à plus de 30 milliards de dollars

Nvidia discuterait d’un nouvel investissement dans Perplexity qui valoriserait la startup à plus de 30 milliards de dollars. L’opération pourrait porter sur plusieurs milliards et prolonger une relation déjà étroite entre les deux entreprises, entre matériel, modèles ouverts et agents IA.

Mais, les discussions restent non finalisées.

Une valorisation qui grimperait de plus de 50 %

Selon The Information, Nvidia discute d’une prise de participation dans Perplexity dans le cadre d’un nouveau tour de financement. La valorisation envisagée dépasserait 30 milliards de dollars. Cela représenterait une hausse de plus de 50 % par rapport aux quelque 20 milliards évoqués lors du précédent financement de la startup.

Le tour lui-même pourrait porter sur plusieurs milliards de dollars, mais ni la taille exacte de la participation de Nvidia ni l’identité des autres investisseurs potentiels ne sont encore connues.

Il faut donc rester prudent. Nvidia et Perplexity n’ont pas annoncé officiellement de transaction. Les discussions sont encore décrites comme exploratoires et peuvent évoluer avant la signature d’un accord définitif.

Le secteur de l’IA s’est habitué aux valorisations annoncées plusieurs semaines, voire plusieurs mois, avant la clôture effective des tours. Perplexity elle-même a déjà fait l’objet de nombreuses estimations successives au fil de ses levées de fonds.

Nvidia et Perplexity travaillent déjà ensemble

La relation ne commence pas avec ce nouveau financement. Nvidia figure déjà parmi les investisseurs de Perplexity et les deux entreprises ont multiplié les collaborations. Perplexity a notamment rejoint la Nemotron Coalition de Nvidia, un programme destiné à accélérer le développement de modèles ouverts occidentaux.

Selon The Information, les équipes des deux groupes se réuniraient même plusieurs fois par semaine autour de sujets matériels et logiciels. Perplexity fait également partie des premiers utilisateurs annoncés du futur CPU Vera de Nvidia pour certaines charges agentiques.

Perplexity veut utiliser Vera pour ses agents IA

Le choix de Vera est intéressant. Perplexity ne construit plus seulement un moteur de recherche conversationnel. La startup développe désormais Perplexity Computer, un agent capable d’automatiser des tâches professionnelles et de manipuler différents outils.

Ce type d’usage nécessite énormément d’inférence.

Perplexity prévoit justement d’utiliser les CPU Vera pour traiter certaines requêtes agentiques, en complément des accélérateurs Nvidia. Le lien entre investissement et infrastructure devient donc très concret.

Nvidia finance une entreprise qui, en retour, compte utiliser massivement ses technologies.

Un accord de licence technologique aurait aussi été envisagé

Les discussions auraient même été plus ambitieuses à un stade précédent. Nvidia aurait envisagé de payer plusieurs milliards de dollars à Perplexity pour licencier certaines technologies et recruter une partie de ses équipes. Cette hypothèse aurait depuis évolué vers une prise de participation plus classique.

On ignore si la partie licence reste encore sur la table. Un tel accord aurait été beaucoup plus inhabituel qu’un simple investissement. Il aurait donné à Nvidia un accès direct à certaines briques logicielles développées par Perplexity, alors que le groupe cherche lui-même à renforcer Nemotron et ses outils d’agents.

Nvidia ne veut plus être seulement le fournisseur de GPU

C’est l’un des changements les plus importants dans la stratégie de l’entreprise. Pendant des années, Nvidia s’est essentiellement contentée de vendre le matériel nécessaire au boom de l’IA. Aujourd’hui, elle investit dans les fournisseurs de modèles, les neoclouds, les développeurs d’infrastructure, les datacenters et les startups applicatives. Elle veut donc être présente à plusieurs niveaux de la chaîne de valeur.

Le cas Perplexity est particulièrement intéressant parce qu’il touche directement l’interface utilisée par les utilisateurs finaux. Nvidia ne financerait plus uniquement la couche d’infrastructure, mais aussi un service de recherche et d’agents susceptible de devenir une grande porte d’entrée vers l’IA.

Plus de 750 millions de dollars de revenus annualisés ?

La nouvelle valorisation repose aussi sur une croissance très rapide. Selon The Information, le chiffre d’affaires annualisé de Perplexity serait passé de moins de 250 millions de dollars au début de 2026 à plus de 750 millions aujourd’hui.

Une partie de cette progression viendrait de Perplexity Computer. Toutefois, ces données ne sont pas auditées publiquement. Perplexity reste une société privée et ne publie pas de comptes suffisamment détaillés pour permettre de calculer précisément ses multiples de valorisation.

À plus de 30 milliards de dollars, le marché continuerait donc de parier sur une croissance très importante.

Perplexity n’est plus seulement un moteur de recherche

La startup a commencé avec une proposition assez simple : remplacer la liste traditionnelle de liens par une réponse générée et accompagnée de sources. Depuis, son ambition a largement changé. Comet veut devenir un navigateur agentique, et Perplexity Computer automatise des tâches. Le service agrège également plusieurs modèles provenant de laboratoires concurrents.

La société cherche donc progressivement à devenir une couche d’interaction plus générale avec le web et les applications. C’est précisément ce qui peut intéresser Nvidia.

La concurrence est pourtant devenue beaucoup plus difficile

Perplexity ne bénéficie plus vraiment de l’effet de surprise de ses débuts. Google a intégré des réponses génératives directement dans son moteur de recherche. ChatGPT propose désormais une recherche web beaucoup plus complète. Les navigateurs eux-mêmes se transforment progressivement en assistants.

Perplexity doit donc affronter des entreprises qui disposent déjà de centaines de millions, voire de milliards d’utilisateurs. Son principal défi n’est plus uniquement technologique, c’est la distribution.

La valorisation suppose que Perplexity garde une vraie place

À plus de 30 milliards de dollars, les investisseurs ne financeraient pas simplement un bon produit de recherche. Ils parieraient sur le fait que Perplexity deviendra une plateforme durable dans l’écosystème de l’IA. Le scénario le plus favorable serait celui d’un service capable de devenir la couche privilégiée pour les recherches complexes et les agents professionnels.

Le scénario moins favorable est celui d’un produit dont les fonctions finissent progressivement absorbées par Google, OpenAI, Anthropic ou les grands navigateurs. C’est ce risque qui rend la valorisation particulièrement agressive.

Nvidia joue aussi le rôle de financier de son propre écosystème

Cette opération s’inscrit dans une stratégie beaucoup plus large. Nvidia investit massivement dans des entreprises qui achètent, louent ou déploient ensuite ses propres technologies. Le groupe a déjà engagé des dizaines de milliards de dollars dans l’écosystème IA en 2026.

Cette circularité peut être vertueuse. Les startups obtiennent du capital, elles achètent davantage de calcul et Nvidia vend davantage de matériel. Dès lors, les plateformes grandissent et créent à leur tour de nouveaux besoins en infrastructure. Mais, ce modèle attire aussi davantage d’attention de la part des investisseurs.

Le problème apparaît lorsque le fournisseur de matériel devient simultanément investisseur, partenaire et parfois garant financier de ses propres clients. Cela peut rendre la demande finale plus difficile à lire. Une commande de GPU financée indirectement par Nvidia reflète-t-elle une demande organique ou une demande soutenue par le fournisseur lui-même ?

La question est devenue plus importante à mesure que les engagements financiers de Nvidia ont grossi. Les marchés obligataires ont eux aussi commencé à surveiller plus attentivement cette exposition.

Nvidia pourrait vouloir préparer l’après-GPU

L’intérêt d’une éventuelle licence technologique est révélateur. Nvidia sait que sa domination actuelle du matériel ne durera pas nécessairement éternellement au même niveau. Les hyperscalers développent leurs propres accélérateurs, les fabricants de puces personnalisées progressent, et les modèles deviennent plus efficaces.

Construire une couche logicielle forte autour de Nemotron, des agents et de services partenaires peut donc permettre à Nvidia de conserver davantage de valeur même si la compétition matérielle s’intensifie.

Perplexity représente précisément ce type de brique.

Une introduction en Bourse envisagée pour 2028

Aravind Srinivas a déjà évoqué une possible introduction en Bourse de Perplexity autour de 2028. Une nouvelle levée à plus de 30 milliards de dollars donnerait à l’entreprise davantage de temps et de ressources avant cette échéance. Elle augmenterait aussi fortement les attentes. Pour justifier une telle valorisation sur les marchés publics, Perplexity devra démontrer qu’elle possède une croissance durable, des marges solides et une position suffisamment défendable face aux géants du secteur.

La levée de fonds faciliterait le chemin, elle rendrait également la barre plus haute.

Une opération qui résume bien le cycle actuel de l’IA

La discussion entre Nvidia et Perplexity concentre finalement plusieurs tendances du moment. Des valorisations qui progressent extrêmement vite, des fabricants de puces qui deviennent investisseurs, des startups applicatives qui deviennent clientes d’infrastructure, et des accords où capital, logiciels et matériel commencent à se mélanger.

Rien ne garantit encore que Nvidia signera ce nouvel investissement. Mais, la logique est claire. Nvidia ne veut plus seulement vendre les pioches de la ruée vers l’IA : il investit désormais directement dans ceux qui cherchent l’or, quitte à financer en partie les clients qui achèteront ensuite ses propres machines.

Tags : NvidiaPerplexity
Yohann Poiron

The author Yohann Poiron

J’ai fondé le BlogNT en 2010. Autodidacte en matière de développement de sites en PHP, j’ai toujours poussé ma curiosité sur les sujets et les actualités du Web. Je suis actuellement engagé en tant qu’architecte interopérabilité.