Le diabète progresse vite, souvent en silence — et c’est précisément ce silence que Huawei veut briser avec une nouvelle fonctionnalité baptisée Diabetes Risk Study (Étude sur les risques de diabète) sur certaines montres.
L’idée est séduisante : détecter un risque (pas mesurer une glycémie) à partir de signaux déjà captés au quotidien, puis pousser l’utilisateur à consulter avant que le problème ne s’installe. Reste une question : jusqu’où une montre peut-elle être « préventive » sans devenir trompeuse ?
Une lecture « PPG » qui cherche des signaux faibles
Huawei s’appuie sur la photopléthysmographie (PPG) — ces capteurs optiques qui lisent les variations de flux sanguin sous la peau, utilisés depuis des années pour la fréquence cardiaque et parfois l’oxygénation. Ici, la marque promet une analyse plus large de patterns cardiovasculaires sur 3 à 14 jours, avec un résultat classé en faible/moyen/élevé, et une recommandation claire : en cas de niveau moyen ou élevé, faire des examens médicaux.
Point crucial : Huawei insiste sur le fait que ce n’est pas un dispositif médical et que la fonction ne diagnostique pas le diabète. C’est un outil d’orientation, censé pousser vers un dépistage clinique (glycémie à jeun, HbA1c, OGTT).
Validation : la bonne démarche… si les résultats suivent
Huawei met en avant un travail avec Dubai Health pour comparer les signaux « montre » à des tests hospitaliers de référence. Sur le plan narratif, c’est la bonne direction : la promesse « bien-être » a besoin d’un ancrage clinique, même si elle reste officiellement non médicale.
Innovation that truly cares.
At World Health Expo Dubai 2026, Huawei turned heads unveiling its new 24/7 blood sugar monitoring feature now live on #HUAWEIWATCHGT6Pro, alongside its revolutionary blood pressure monitoring on #HUAWEIWATCHD2. pic.twitter.com/3x5jmEiSkb
— Huawei Arabia (@HuaweiArabia) February 11, 2026
Mais tant qu’on n’a pas des chiffres publics (sensibilité, spécificité, taux de faux positifs/négatifs), des détails sur les populations testées, et une validation indépendante, on reste dans une zone où le marketing peut courir plus vite que la science.
Disponibilité : Watch GT 6 Pro d’abord, extension ensuite
Le déploiement a débuté par mise à jour OTA sur la Huawei Watch GT 6 Pro, avec extension prévue à d’autres modèles.
Ce type de « risque » est potentiellement utile pour une raison simple : une montre est portée tous les jours, donc elle peut repérer des tendances et instaurer un réflexe de santé publique (se faire dépister). Mais, il y a deux pièges :
- Faux positifs : anxiété inutile, surcharge de consultations, perte de confiance.
- Faux négatifs : sentiment de sécurité trompeur (« ma montre dit faible risque, donc tout va bien »).
Le bon usage, c’est de considérer cette fonction comme un signal de prévention, pas un verdict. En clair : si la montre « alerte », on vérifie ; si elle n’alerte pas, mais qu’il y a des symptômes ou des facteurs de risque, on vérifie quand même.
Si Huawei réussit cet équilibre, on pourrait assister à un vrai basculement : les wearables ne se contenteraient plus de quantifier, ils deviendraient des outils d’orientation vers le dépistage. Une montre qui n’annonce pas une maladie, mais qui vous pousse au bon moment à ne plus l’ignorer — c’est peut-être ça, la version mature de la « santé connectée ».



