La sécurité sur smartphone n’est plus un « bonus » marketing : c’est la condition pour que tout le reste tienne debout — paiement, identité, clés, biométrie, chiffrement. Et chez Google, cette conviction s’incarne depuis 2018 dans une petite puce à part : Titan M.
À l’approche de la génération Pixel 11, de nouvelles fuites suggèrent que Google préparerait un Titan M3 intégré à Tensor G6, avec des indices internes déjà repérés.
Google a introduit Titan M avec le Pixel 3 pour sécuriser « les données les plus sensibles » et renforcer l’intégrité du système au démarrage (démarrage vérifié, protection du bootloader, etc.).
Le principe : isoler certaines fonctions critiques dans un composant matériel dédié, plus difficile à attaquer qu’une solution purement logicielle. Titan M sert aussi de base à StrongBox Keymaster (coffre matériel pour les clés), un maillon important pour des usages comme les opérations de paiement et le stockage des secrets.
Titan M3 « Google Epic », firmware « longjing »
Selon des fuites relayées par Mystic Leaks (Telegram) et reprises par plusieurs médias, Google testerait déjà une nouvelle génération de coprocesseur de sécurité : Titan M3, avec le nom de code « Google Epic » et un firmware appelé « longjing ».
À ce stade, on parle d’indices « internes » : pas de fiche technique officielle, pas de promesse de fonctionnalités inédites détaillées. Mais le signal est clair : Google ne considère pas la sécurité matérielle comme un chapitre clos.
Concrètement, à quoi sert Titan dans un Pixel ?
Sans entrer dans la spéculation, Titan M (et son successeur M2) est conçu pour :
- Vérifier l’intégrité au boot (firmware signé, démarrage fiable)
- Protéger des secrets (PIN, mots de passe, clés de chiffrement) dans une zone isolée
- Renforcer les usages sensibles via un coffre matériel type StrongBox/Keymaster
Ce type d’architecture a aussi un intérêt « défense en profondeur » : même si une couche logicielle est compromise, l’accès aux clés et aux opérations cryptographiques peut rester fortement contraint par le matériel. Pour mémoire, la recherche en sécurité a déjà étudié Titan M — preuve qu’il s’agit d’un composant central, et donc une cible naturelle.
Tensor G6 : sécurité + chaîne matérielle en mutation (TSMC, modem, nœud de gravure)
Autour de Tensor G6, plusieurs rumeurs se croisent :
- Titan M3 : ce serait la première « grosse » évolution du module de sécurité depuis l’ère Pixel 6/Tensor (Titan M2).
- Modem : des fuites récentes évoquent un possible basculement vers un modem MediaTek M90, marquant un éloignement supplémentaire de Samsung sur la partie connectivité.
- Gravure : certaines sources parlent d’un passage à des procédés TSMC très avancés (on voit circuler du 2 nm, mais c’est à traiter comme hypothèse tant que Google/TSMC n’ont rien confirmé publiquement).
Google veut faire de Pixel un « bunker » crédible — pas seulement un flagship photo/IA
Ce qu’on lit entre les lignes, c’est une stratégie : Google veut que Pixel soit perçu comme un smartphone où la confiance est une fonctionnalité à part entière. Titan M3, s’il se confirme, ne changera peut-être pas votre quotidien de façon visible… mais il peut devenir un argument décisif pour les utilisateurs qui vivent dans Google Pay/passkeys/gestionnaires de mots de passe, les pros et entreprises qui évaluent la robustesse du boot et la protection des secrets, et, plus largement, un marché où l’IA embarquée augmente mécaniquement la valeur (et donc l’attractivité) des données locales.
Le paradoxe, c’est que la meilleure sécurité est souvent celle qu’on ne remarque pas. Mais en 2026, ce « silence » devient précisément un luxe.


