La prochaine hausse du prix de l’iPhone pourrait se préparer bien avant son arrivée dans les Apple Store. Selon DigiTimes, Apple aurait accepté de nouvelles conditions tarifaires auprès de Samsung pour son approvisionnement en mémoire au premier trimestre 2027, dans un contexte où les prix de la DRAM et du stockage NAND progressent fortement.
Les chiffres qui circulent évoquent une augmentation de 30 à 40 % du coût de certains composants mémoire. Une pression particulièrement sensible pour Apple alors que l’iPhone 18, l’iPhone 18e et le successeur de l’iPhone Air sont attendus au printemps 2027, quelques mois après une première vague de hausses sur le reste de la gamme.
Apple aurait accepté les nouveaux tarifs mémoire de Samsung
Les discussions entre Apple et Samsung autour d’un nouvel accord d’approvisionnement avaient commencé à émerger ces derniers jours. D’après DigiTimes, Apple aurait désormais signé cet accord pour sécuriser une partie de ses besoins en mémoire au début de l’année 2027. Des informations relayées par le compte Semiconductor Insider donnent une idée de l’évolution des coûts. La DRAM serait proposée autour de 2 dollars par gigaoctet, soit environ 24 dollars pour 12 Go, tandis que la mémoire NAND atteindrait environ 0,33 dollar par gigaoctet.
À ce niveau, 256 Go de stockage représenteraient environ 85 dollars de composants NAND.
Ces estimations correspondraient à une augmentation de l’ordre de 30 à 40 % par rapport aux tarifs précédents. Elles doivent néanmoins être considérées avec prudence : les conditions exactes négociées entre Apple et ses fournisseurs ne sont pas publiques et peuvent varier selon les volumes, les types de mémoire ou les engagements contractuels.
L’information importante reste la tendance. La mémoire devient sensiblement plus coûteuse au moment où Apple doit sécuriser des volumes considérables pour plusieurs nouvelles générations d’iPhone.
La mémoire devient un problème de plus en plus coûteux pour les smartphones
La hausse ne concerne évidemment pas Apple uniquement. Le marché de la mémoire traverse une période de fortes tensions, avec une demande importante provenant notamment des serveurs et des infrastructures d’intelligence artificielle. Les fabricants de mémoire privilégient également davantage les produits à forte valeur ajoutée, ce qui exerce une pression supplémentaire sur certaines capacités destinées aux marchés traditionnels.
Samsung illustre lui-même cette transformation industrielle. Le groupe réorganise actuellement une partie de ses opérations afin de réserver davantage de ses capacités de packaging avancé à la mémoire HBM utilisée par les accélérateurs d’IA, tout en transférant certaines étapes d’assemblage de DDR5 et de SSD à des partenaires externes.
Pour les fabricants de smartphones, le problème est double. Ils doivent continuer à augmenter la quantité de mémoire et de stockage proposée dans leurs appareils au moment même où le coût de ces composants progresse. Les fonctions d’intelligence artificielle exécutées localement renforcent également la nécessité de disposer de davantage de RAM sur les modèles premium.
Une augmentation de quelques dizaines de dollars du coût des composants peut sembler relativement limitée face au prix final d’un smartphone à plus de 1 000 dollars. Mais appliquée à des dizaines de millions d’appareils, elle représente rapidement plusieurs centaines de millions de dollars supplémentaires dans la structure de coûts d’un constructeur.
Les iPhone ont déjà augmenté de 100 euros cette année
Cette nouvelle pression intervient alors qu’Apple vient précisément d’augmenter les prix de plusieurs modèles en France. L’iPhone 18 Pro débute désormais à 1 479 euros, tandis que l’iPhone 18 Pro Max commence à 1 620 euros. Cela représente une hausse de 100 euros par rapport à la précédente génération. Apple a également repositionné plusieurs anciens modèles. L’iPhone 17 est désormais proposé à partir de 1 119 euros, contre 969 euros lors de son lancement.
Le constructeur a donc déjà montré qu’il était prêt à répercuter une partie de l’augmentation de ses coûts sur ses prix de vente plutôt que de l’absorber entièrement dans ses marges.
Cela ne signifie pas pour autant qu’une nouvelle hausse en 2027 soit déjà décidée. Apple dispose de plusieurs leviers pour gérer l’évolution de ses coûts : négociation avec ses fournisseurs, diversification des approvisionnements, modification des configurations mémoire, optimisation d’autres composants ou ajustement de ses marges. Le prix final dépendra également du positionnement commercial que la marque choisira pour chaque appareil.
Mais l’augmentation du coût de la mémoire réduit incontestablement sa marge de manœuvre.
L’iPhone 18 et l’iPhone 18e arriveront au moment le plus délicat
Le nouveau calendrier d’Apple rend la situation particulièrement intéressante. La marque a cette année séparé le lancement de sa gamme. Les iPhone 18 Pro et 18 Pro Max sont arrivés en septembre, tandis que l’iPhone Duo sera commercialisé en octobre. Les modèles plus accessibles, dont l’iPhone 18 et l’iPhone 18e, sont attendus au printemps 2027. Le successeur de l’iPhone Air devrait également rejoindre cette seconde vague.
Ces appareils pourraient donc être parmi les premiers à arriver après l’entrée en vigueur des nouvelles conditions d’approvisionnement en mémoire évoquées pour le premier trimestre 2027. Certaines projections imaginent déjà une nouvelle augmentation de 100 dollars. Dans ce scénario, l’iPhone 18e pourrait par exemple atteindre 799 dollars, tandis que le prochain iPhone Air pourrait se rapprocher du tarif actuel des modèles Pro.
Rien ne permet cependant d’affirmer à ce stade qu’Apple appliquera une telle hausse, ni qu’elle sera uniforme sur toute la gamme. Le positionnement de l’iPhone 18e sera particulièrement délicat. Ce modèle doit précisément jouer le rôle de porte d’entrée vers la nouvelle génération. Une hausse trop importante réduirait rapidement l’écart avec l’iPhone 18 standard et les générations précédentes toujours commercialisées.
Apple doit préserver ses marges sans casser sa propre hiérarchie
Le problème dépasse donc le simple coût d’une barrette de mémoire ou d’une puce NAND. Apple vient de réorganiser son catalogue autour d’une segmentation plus large, allant de l’iPhone 18e jusqu’au très coûteux iPhone Duo à 2 339 euros. Pour fonctionner, cette architecture a besoin d’écarts tarifaires suffisamment lisibles entre les différents appareils.
Si la hausse des composants pousse l’iPhone 18e vers 799 dollars et le modèle standard encore plus haut, Apple devra éviter que ses différents niveaux de gamme se rapprochent excessivement. Le même problème pourrait concerner l’iPhone Air. Son positionnement repose largement sur son design et son format plutôt que sur une supériorité technique face aux Pro. Un tarif trop proche de l’iPhone 18 Pro compliquerait donc son argumentaire.
Apple pourrait aussi jouer sur le stockage de base. Une augmentation tarifaire accompagnée d’une capacité supérieure est généralement plus facile à présenter qu’une hausse strictement identique à configuration constante. Pour l’instant, aucun élément ne permet toutefois de savoir quelle stratégie sera retenue.
Samsung pourrait profiter d’un marché où l’IA absorbe les capacités
La situation est particulièrement intéressante pour Samsung, qui se retrouve des deux côtés du marché. Sa division composants bénéficie de la hausse du prix de la mémoire et de l’explosion de la demande autour de l’IA, tandis que sa division mobile doit elle aussi acheter des composants de plus en plus coûteux pour fabriquer ses Galaxy.
Les fabricants Android ne sont donc pas protégés contre cette tendance. Les futurs Galaxy, Pixel et autres smartphones premium devront composer avec les mêmes tensions d’approvisionnement. Selon les volumes négociés et la relation entretenue avec chaque fournisseur, certains constructeurs pourraient même obtenir des conditions moins favorables qu’Apple.
Cela ne permet pas pour autant de prédire les prix des futurs Galaxy S27 ou Pixel. Chaque constructeur dispose de sa propre structure de coûts et peut choisir d’absorber une partie des hausses, de modifier ses configurations ou de repositionner sa gamme. Le risque est plutôt celui d’une augmentation générale du coût des smartphones en 2027, particulièrement sur les modèles disposant de beaucoup de RAM et de stockage.
L’IA pourrait finir par faire grimper le prix de tous les smartphones
La situation illustre un effet indirect de la course à l’intelligence artificielle. Les immenses besoins des centres de données poussent les fabricants de semi-conducteurs à orienter davantage leurs investissements vers les mémoires les plus rentables et les infrastructures associées. Dans le même temps, les smartphones eux-mêmes nécessitent davantage de mémoire pour exécuter leurs propres modèles d’IA.
Les deux marchés se retrouvent ainsi en concurrence pour une partie des mêmes ressources industrielles. Pour Apple, l’accord avec Samsung permet avant tout de sécuriser son approvisionnement. Pour les consommateurs, la question sera de savoir combien coûtera cette sécurité lorsque les prochains iPhone arriveront au printemps 2027.
Une nouvelle augmentation de 100 euros reste pour l’instant une hypothèse, pas une décision annoncée. Mais après les hausses déjà appliquées aux iPhone 18 Pro et Pro Max, la progression du coût de la mémoire devient un facteur difficile à ignorer. La prochaine bataille tarifaire du smartphone pourrait ainsi se jouer très loin des Apple Store : dans les usines de mémoire, où l’iPhone doit désormais partager une capacité industrielle de plus en plus convoitée par les serveurs et les accélérateurs d’intelligence artificielle.