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Réalité virtuelle et augmentée

Ray-Ban Meta : Le projet secret « Name Tag » pour identifier les gens dans la rue ?

Ray-Ban Meta : Le projet secret « Name Tag » pour identifier les gens dans la rue ?
Ray-Ban Meta : Le projet secret « Name Tag » pour identifier les gens dans la rue ?

Meta veut remettre la reconnaissance faciale au cœur de ses lunettes connectées — et cette fois, ce ne serait pas un « hack de chercheurs », mais une fonctionnalité maison, intégrée à l’assistant IA.

D’après une enquête du New York Times, le projet — en interne, « Name Tag » — pourrait arriver dès cette année sur les Ray-Ban Meta (et autres modèles) pour identifier des personnes dans le champ de vision et remonter des infos via l’IA.

« Name Tag » : ce que Meta testerait réellement

Selon les reprises du dossier, l’idée serait de permettre à l’utilisateur de reconnaître quelqu’un (par exemple à partir de profils ou d’informations disponibles) et de recevoir une réponse contextualisée via l’assistant IA. On est donc sur une bascule : la lunette ne se contente plus de filmer ou d’écouter, elle attribue une identité.

Le même reporting évoque aussi une hésitation interne de Meta autour des risques sécurité/vie privée, et un plan initial qui aurait envisagé un lancement d’abord dans un cadre lié à l’accessibilité (conférence pour personnes malvoyantes) avant une diffusion plus large — plan finalement non réalisé.

Le passage le plus explosif : le « bon moment » politique

La phrase attribuée à un mémo interne est révélatrice : Meta aurait envisagé un lancement pendant un contexte politique « dynamique », au moment où les ONG et groupes civils susceptibles de s’y opposer seraient mobilisés ailleurs. Même si les plans peuvent changer, cette logique de « fenêtre de tir » donne au projet une dimension moins produit, plus rapport de force.

Les lunettes connectées posaient déjà une question simple : qui filme qui, et est-ce visible ? Or la reconnaissance faciale transforme la question en : qui peut être identifié, en temps réel, par un inconnu ?

Reuters rappelait déjà fin 2025 que les Ray-Ban Meta gagnaient du terrain, tout en attirant une scrutation réglementaire (notamment en Europe) sur la transparence pour les personnes autour (voyant de capture) et sur l’usage des données, avec en toile de fond le RGPD et l’AI Act.

Le vrai nœud : l’opt-in ne protège pas les « bystanders »

Même si Meta encadre « Name Tag » (considerations sur consentement, opt-in, restrictions), le problème central reste : la personne identifiée n’a rien demandé. Or la reconnaissance faciale, c’est précisément la technologie qui abolit l’anonymat « pratique » des espaces publics.

C’est aussi pour ça que l’accessibilité (aider à reconnaître des proches, se repérer socialement) est un argument puissant — et dangereux : c’est la meilleure justification… pour la capacité la plus intrusive.

À quoi s’attendre si Meta avance vraiment

Trois points seront décisifs pour juger si « Name Tag » devient un scandale mondial ou une fonctionnalité « acceptable » :

  1. Périmètre d’identification : Reconnaître uniquement des personnes « opt-in » (contacts/proches) n’a pas la même portée que reconnaître des inconnus via bases élargies/profils publics.
  2. Signalement aux tiers : Voyant, notification, mode visible : la transparence ne résout pas tout, mais l’absence de transparence rend la fonctionnalité socialement toxique.
  3. Cadre légal par pays : L’Europe (RGPD/AI Act) n’est pas les États-Unis. Un déploiement « global » serait presque forcément fragmenté.

Au fond, Meta teste une idée très simple : si l’IA devient « vos yeux », elle finit par devenir les yeux des autres — et la société n’a pas encore décidé si elle veut vivre avec ça.

Tags : MetaRay-Ban Meta
Yohann Poiron

The author Yohann Poiron

J’ai fondé le BlogNT en 2010. Autodidacte en matière de développement de sites en PHP, j’ai toujours poussé ma curiosité sur les sujets et les actualités du Web. Je suis actuellement engagé en tant qu’architecte interopérabilité.