L’un des principaux doutes autour des smartphones pliables concerne leur résistance dans le temps. Si leur écran et leur charnière fonctionnent parfaitement à la sortie de la boîte, qu’en est-il après plusieurs années d’utilisation ? Deux tests de durabilité indépendants de l’iPhone Duo, menés par les YouTubeurs Tim Pan et Joanna Stern, apportent des premiers éléments de réponse.
Les deux expériences ont suivi des approches différentes. Tim Pan s’est concentré sur l’évolution de la pliure de l’écran intérieur après 11 500 cycles, tandis que Joanna Stern a utilisé un robot pour tester la charnière sur plus de 32 000 pliages. Aucun des deux essais n’a entraîné de défaillance majeure, mais ils mettent en évidence quelques évolutions à surveiller.
Après 11 500 pliages, une pliure nettement plus visible
Tim Pan a soumis l’iPhone Duo à plusieurs séries de pliages. Il a d’abord examiné l’écran après 500 cycles, avant d’en réaliser 10 000 supplémentaires à l’aide d’une machine. Il a enfin ajouté 1 000 pliages dans des conditions de froid extrême, à -4 °F, soit environ -20 °C.
Dès les 500 premiers cycles, la pliure centrale de l’écran intérieur, initialement discrète, devenait plus visible. Après 10 000 pliages supplémentaires, elle était nettement plus marquée, au point que le traitement mat situé sur la couche supérieure de l’écran ne suffisait plus à la masquer.
Toutefois, le test ne montre pas que l’écran a cessé de fonctionner. Il met surtout en évidence une évolution esthétique : la ligne centrale devient plus perceptible à mesure que les pliages s’accumulent. Pour les utilisateurs sensibles à l’aspect de leur écran, cette dégradation visuelle pourrait compter autant que la résistance mécanique du téléphone.
Combien de temps avant que la pliure ne se remarque ?
Le nombre de cycles peut être rapproché d’un usage quotidien, mais cette conversion reste indicative. À raison de dix pliages par jour, atteindre 11 500 cycles demanderait un peu plus de trois ans. Avec cent pliages quotidiens, ce seuil serait atteint en moins de quatre mois.
Ces calculs ne permettent pas de prédire précisément l’apparence de chaque appareil après plusieurs mois ou années. Les conditions de pliage, la température et les habitudes d’utilisation peuvent varier, et un test de laboratoire ne reproduit pas nécessairement toutes les situations du quotidien.
Le résultat de Tim Pan suggère néanmoins que la pliure pourrait devenir progressivement plus visible sans que l’écran soit pour autant inutilisable. C’est l’un des compromis auxquels les acheteurs d’un smartphone pliable doivent encore s’attendre.
Une charnière qui reste fonctionnelle après plus de 32 000 pliages
Le test de Joanna Stern s’est intéressé à un autre élément : la charnière. Un robot a plié et déplié l’iPhone Duo pendant quatre nuits, pour atteindre un total de 32 640 cycles.
À l’issue de l’expérience, la charnière fonctionnait toujours. Un appareil de mesure de type dynamomètre a toutefois montré qu’une force légèrement supérieure était nécessaire pour ouvrir le téléphone. Stern a indiqué ne pas avoir ressenti de différence notable lors de l’utilisation quotidienne.
Une charnière un peu plus ferme n’est pas nécessairement un défaut. En revanche, l’essai ne permet pas de conclure à une résistance parfaite sur plusieurs années : il s’agit d’un test non officiel, réalisé dans des conditions spécifiques, et non d’une certification de durabilité.
Attention aux poussières et au sable
Tim Pan a également constaté que des cheveux et du sable pouvaient pénétrer dans la zone de la charnière sous certains angles. Ce point rappelle que la durabilité d’un smartphone pliable ne dépend pas uniquement du nombre de cycles mécaniques supportés, mais aussi de son exposition aux particules et aux conditions d’utilisation.
Les deux tests restent globalement rassurants sur un point : malgré des milliers de pliages, ni la charnière ni l’écran n’ont présenté de défaillance majeure au cours des expériences rapportées. La pliure devient toutefois plus visible, et la charnière peut évoluer légèrement dans sa résistance à l’ouverture.
Ces résultats doivent être interprétés avec prudence. Ils ne constituent pas une garantie de longévité et ne justifient pas de reproduire ces essais sur son propre téléphone. Ils offrent simplement un premier aperçu des compromis possibles d’un smartphone pliable : une mécanique qui semble tenir le choc, mais une pliure dont l’évolution visuelle pourrait devenir plus difficile à ignorer avec le temps.