À peine dévoilé lors du Snapdragon Summit 2026, le Snapdragon 8 Elite Extreme Gen 6 commence déjà à s’installer au sommet du marché Android. Xiaomi a ouvert le bal avec son Xiaomi 18 Pro Max, lancé en Chine quelques heures seulement après l’annonce de Qualcomm, tandis que Honor, iQOO, OnePlus, RedMagic et Motorola ont confirmé leurs propres modèles.
Cette nouvelle génération gravée en 2 nm ne sera donc pas réservée à quelques smartphones ultra-premium de 2027. Elle structure déjà la grande bataille des flagships de cette fin d’année, avec une tendance particulièrement visible : batteries dépassant largement les 8 000 mAh, écrans à très haute fréquence et appareils photo de 200 mégapixels deviennent progressivement la norme sur les modèles les plus ambitieux.
Xiaomi 18 Pro Max : le premier smartphone équipé de la nouvelle puce Qualcomm
Xiaomi a été le plus rapide. Présenté en Chine le 23 septembre 2026, le Xiaomi 18 Pro Max est le premier smartphone commercial annoncé avec le Snapdragon 8 Elite Extreme Gen 6.
Le constructeur accompagne cette puce d’un écran LTPO AMOLED de 6,9 pouces pouvant atteindre une luminosité maximale annoncée de 4 000 nits. À l’arrière, Xiaomi conserve l’une des particularités de cette génération : un second écran AMOLED de 2,9 pouces, lui aussi compatible LTPO et capable d’atteindre le même pic de luminosité.

La photographie occupe une place tout aussi importante. Le smartphone associe un capteur principal de 200 mégapixels à un téléobjectif périscopique de 200 mégapixels offrant un zoom optique 3,2x, complétés par un ultra grand-angle de 50 mégapixels. La caméra frontale atteint également 50 mégapixels, même si le petit écran arrière permet surtout d’utiliser les capteurs principaux pour réaliser des autoportraits.
L’autre chiffre impressionnant concerne la batterie : 8 500 mAh, avec une recharge filaire de 100 W, sans fil de 50 W et inversée de 27 W. Xiaomi a par ailleurs confirmé que le 18 Pro Max ne restera pas limité au marché chinois. Une commercialisation internationale est prévue, même si le calendrier précis reste encore à détailler selon les régions.
Avec ce lancement extrêmement rapide, Xiaomi bénéficie surtout d’un avantage symbolique : être le premier à associer son flagship à la nouvelle génération de Qualcomm. Reste désormais à voir ce que les fabricants parviendront réellement à tirer de la puce en matière de performances soutenues, d’efficacité énergétique et de traitement photo.
Honor Magic 9 Pro Max et iQOO 16 arrivent quelques jours plus tard
La réponse de Honor est programmée pour le 28 septembre avec le Magic 9 Pro Max. Le constructeur a confirmé la nouvelle plateforme Qualcomm et prépare un smartphone particulièrement orienté vers la photographie, développé en partenariat avec ARRI.
Deux capteurs de 200 mégapixels sont déjà annoncés. Le module principal repose sur un capteur de 1/1,28 pouce avec une ouverture f/1,57, tandis que le téléobjectif nocturne utilise un capteur de 1/1,4 pouce associé à une ouverture f/2,6. Les caractéristiques précises du troisième appareil photo n’ont pas encore été communiquées.

Plusieurs autres éléments restent issus de fuites et doivent donc être considérés avec prudence. Le Magic 9 Pro Max pourrait recevoir un écran OLED de 6,8 pouces, une caméra frontale de 55 mégapixels et surtout une batterie de 8 800 mAh. Honor a en revanche confirmé quatre configurations mémoire, allant de 12 Go de RAM et 256 Go de stockage jusqu’à 16 Go et 1 To. Le lancement international n’a pas encore été annoncé.
Dès le lendemain, le 29 septembre, iQOO présentera à son tour l’iQOO 16 en Chine. Le Snapdragon 8 Elite Extreme Gen 6 y sera associé à un positionnement beaucoup plus orienté vers les performances et le jeu mobile.
iQOO annonce notamment un écran 2K capable d’atteindre 165 Hz, développé avec Samsung. Sa diagonale serait de 6,85 pouces selon les informations actuellement disponibles. Le smartphone doit également utiliser une puce gaming Q4 dédiée, accompagnée de moteurs de vibration et de haut-parleurs améliorés.

La partie photo reposerait sur trois capteurs de 50 mégapixels, tandis qu’une batterie de 8 400 mAh est évoquée avec une recharge filaire de 100 W et sans fil de 50 W. Ces derniers éléments provenant encore de fuites, il faudra attendre la présentation officielle pour connaître la configuration définitive.
OnePlus 16 et RedMagic 12 Pro+ misent sur deux visions différentes de la performance
OnePlus a lui aussi confirmé que son prochain OnePlus 16 utilisera la nouvelle puce haut de gamme de Qualcomm, sans toutefois annoncer encore sa date précise de présentation. Les rumeurs évoquent un lancement chinois avant la fin septembre, suivi d’une commercialisation internationale ultérieure.
La marque a déjà confirmé une configuration photo composée d’un capteur principal de 200 mégapixels, d’un téléobjectif périscopique de 50 mégapixels avec zoom optique 3x et d’un ultra grand-angle de 50 mégapixels. La caméra frontale atteindra également 50 mégapixels et de nouveaux modes de prise de vue sont prévus.

Les autres caractéristiques restent à ce stade moins certaines. Les fuites évoquent un écran AMOLED plat de 6,78 pouces capable d’atteindre 185 Hz, jusqu’à 16 Go de mémoire LPDDR5X, 1 To de stockage UFS 4.1 et une imposante batterie de 9 000 mAh. Si cette capacité se confirme, le OnePlus 16 ferait partie des smartphones haut de gamme affichant l’une des plus grosses batteries de sa génération.
RedMagic suivra en octobre avec son RedMagic 12 Pro+, dont le positionnement gaming reste beaucoup plus marqué. Le constructeur a déjà montré un design aux coins davantage arrondis afin d’améliorer la prise en main pendant les longues sessions de jeu, tout en réduisant les bordures autour de l’écran à seulement 0,96 mm.
La marque conservera également sa signature visuelle avec une neuvième génération de caméra sous l’écran, permettant de préserver une dalle sans poinçon. Le reste de la fiche technique demeure encore largement issu de fuites : batterie de 8 400 mAh, recharge filaire de 120 W et sans fil de 80 W, capteur principal de 50 mégapixels, jusqu’à 24 Go de RAM LPDDR5X et 1 To de stockage UFS 4.1.

Le OnePlus 16 et le RedMagic 12 Pro+ illustrent ainsi deux manières d’exploiter la même plateforme Qualcomm. Le premier cherche à conserver un équilibre entre photographie, autonomie et performances, tandis que le second peut consacrer davantage de son architecture au refroidissement et aux performances soutenues en jeu.
Motorola Signature 27 marque un changement de cap pour la marque
Le Motorola Signature 27 constitue peut-être le modèle le plus inattendu de cette première vague. Présenté au Snapdragon Summit, il marque le retour de Motorola vers une stratégie beaucoup plus agressive sur le très haut de gamme.
La marque utilisera elle aussi le Snapdragon 8 Elite Extreme Gen 6, accompagné d’un système de refroidissement baptisé ArcticMesh. Motorola annonce notamment une chambre à vapeur 40 % plus grande que sur la génération précédente, ce qui laisse entrevoir une attention particulière portée aux performances prolongées plutôt qu’aux seuls résultats obtenus lors de courtes charges.

La photographie adopte également une configuration inhabituelle. Motorola a confirmé un capteur principal de 50 mégapixels et surtout un téléobjectif périscopique de 200 mégapixels. Les caractéristiques des deux autres modules arrière ainsi que de la caméra frontale restent encore inconnues.
Motorola s’associe par ailleurs à Bang & Olufsen pour la partie audio, renforçant le positionnement premium de cette nouvelle famille Signature. Le prix et la date exacte de commercialisation seront annoncés ultérieurement, avec un lancement prévu avant la fin de l’année.
Plus que sa fiche technique, c’est le positionnement du Signature 27 qui mérite l’attention. Motorola a rarement cherché ces dernières années à affronter systématiquement les flagships Android les plus ambitieux sur tous les aspects techniques. L’utilisation immédiate de la plateforme la plus avancée de Qualcomm suggère que la gamme Signature pourrait changer cette stratégie.
Le Snapdragon 8 Elite Extreme Gen 6 lance surtout la course aux flagships de 2027
Cette première vague permet déjà de distinguer plusieurs tendances. Le Snapdragon 8 Elite Extreme Gen 6 constituera naturellement un argument commun à tous ces smartphones, mais les fabricants cherchent désormais à se différencier avec des composants de plus en plus extrêmes autour du SoC.
Les batteries constituent l’exemple le plus spectaculaire. Xiaomi atteint déjà 8 500 mAh, Honor pourrait approcher 8 800 mAh et OnePlus viserait même 9 000 mAh. L’amélioration de la densité énergétique des batteries modernes permet progressivement aux constructeurs chinois d’augmenter fortement les capacités sans transformer leurs flagships en appareils démesurément épais.
La photographie suit une trajectoire similaire. Xiaomi mise sur deux capteurs de 200 mégapixels, Honor prépare lui aussi un duo de 200 mégapixels, OnePlus adopte cette définition pour son module principal et Motorola l’utilise pour son téléobjectif. Le nombre de pixels ne suffit évidemment pas à déterminer la qualité d’image, mais il montre à quel point les grands capteurs haute définition deviennent centraux dans la compétition premium.
Les écrans à très haute fréquence progressent également. iQOO annonce 165 Hz en 2K, tandis que OnePlus pourrait aller jusqu’à 185 Hz. Ces valeurs dépassent largement les besoins de la majorité des usages traditionnels et montrent que la bataille se déplace de plus en plus vers le jeu mobile et la fluidité extrême.
Dans ce contexte, le Snapdragon 8 Elite Extreme Gen 6 sera moins un élément de différenciation qu’un point de départ commun. Avec plusieurs constructeurs utilisant exactement la même plateforme, la qualité du refroidissement, l’optimisation logicielle, l’autonomie réelle et le traitement photographique auront probablement davantage d’importance que le simple nom du processeur.
Qualcomm vient donc de lancer sa nouvelle puce, mais la véritable compétition commence maintenant chez ses partenaires. Xiaomi a remporté la course au premier lancement ; Honor, iQOO, OnePlus, RedMagic et Motorola devront désormais démontrer qu’une même plateforme 2 nm peut donner naissance à des flagships réellement différents plutôt qu’à une succession de fiches techniques toujours plus spectaculaires.