Apple aurait demandé à ses fournisseurs de réduire d’au moins 15 % les commandes de composants destinés aux iPhone 18 Pro et iPhone 18 Pro Max. Selon un rapport de Nikkei Asia, cette décision serait liée à une demande inférieure aux prévisions, mais aussi à la flambée des prix de la mémoire, qui renchérit les coûts de fabrication des smartphones haut de gamme.
Ce ralentissement intervient alors que les fabricants doivent composer avec une pénurie de composants et une hausse des coûts alimentée par les besoins croissants des centres de données en mémoire et en capacité de calcul. Apple pourrait néanmoins limiter l’impact financier de cette baisse des volumes en s’appuyant sur des prix de vente plus élevés.
Apple réduirait les commandes de composants de 15 %
D’après les sources anonymes citées par Nikkei Asia, Apple aurait revu ses commandes de composants à la baisse ce mois-ci. La réduction concernerait les deux modèles haut de gamme de sa nouvelle gamme, l’iPhone 18 Pro et l’iPhone 18 Pro Max.
Le rapport évoque une demande plus faible que prévu, notamment par rapport à celle enregistrée pour la précédente génération. Les causes seraient multiples : le prix élevé des nouveaux modèles, les tensions sur l’approvisionnement en composants et un calendrier de lancement inhabituel pour la gamme iPhone 18.
Il convient toutefois de distinguer une baisse des commandes de composants d’une chute équivalente des ventes finales. À ce stade, les informations disponibles ne permettent pas de mesurer précisément l’ampleur du ralentissement commercial ni ses conséquences sur les ventes totales d’Apple.

L’absence d’un iPhone 18 classique pèserait sur la demande
Apple aurait décidé de répartir les lancements de sa gamme iPhone 18 sur deux périodes. Les iPhone 18 Pro et Pro Max seraient commercialisés en premier, tandis que l’iPhone 18 standard et l’iPhone 18e seraient reportés à 2027, principalement en raison des difficultés d’approvisionnement.
Ce calendrier pourrait priver Apple d’une partie des ventes habituellement générées par ses modèles plus accessibles. Tous les consommateurs ne souhaitent pas investir dans un smartphone haut de gamme, et l’absence temporaire d’un iPhone 18 classique pourrait inciter certains acheteurs à conserver leur appareil actuel ou à se tourner vers d’autres marques.
Cette explication reste néanmoins une analyse des facteurs susceptibles de peser sur la demande, et non la preuve que le décalage du calendrier est directement responsable de la baisse des commandes.
La mémoire LPDDR5X fait grimper les coûts
La hausse des prix de la mémoire constitue un autre problème majeur pour l’industrie. Selon les données de TrendForce citées dans le rapport, un module de 12 Go de mémoire LPDDR5X se négocierait entre 145 et 146 dollars, soit une augmentation d’environ 175 % sur un an.
Cette mémoire est utilisée dans les smartphones haut de gamme, où les besoins augmentent avec les fonctionnalités avancées et les usages liés à l’intelligence artificielle. Mais la demande des centres de données exerce également une pression importante sur les chaînes d’approvisionnement, en contribuant à renchérir certains composants.
Les fabricants doivent alors choisir entre absorber ces coûts supplémentaires, réduire leurs marges ou augmenter leurs prix. Le rapport évoque des hausses d’au moins 100 dollars sur certains smartphones, une évolution susceptible de rendre le renouvellement des appareils moins attractif.
Pour les consommateurs, le problème est double : les nouveaux modèles coûtent davantage, tandis que les améliorations proposées d’une génération à l’autre ne justifient pas toujours, à leurs yeux, une dépense supplémentaire.
Samsung serait également contraint de réduire sa production
Apple ne serait pas la seule entreprise à ajuster ses objectifs. Selon le média économique sud-coréen Money Today, Samsung envisagerait de réduire sa production de smartphones de 20 à 30 %.
Le constructeur aurait initialement visé 270 millions d’appareils produits cette année. Les dernières estimations évoquées dans le rapport ramèneraient ce volume à environ 200 millions d’unités. La rentabilité insuffisante de certains modèles pousserait également Samsung à limiter les volumes afin de réduire ses pertes potentielles.
Ces informations suggèrent que les difficultés actuelles dépassent le cas d’Apple. Entre composants plus chers, concurrence intense et consommateurs plus prudents, les fabricants doivent ajuster leurs stratégies de production à une demande qui ne suit pas nécessairement leurs ambitions initiales.
Il reste toutefois difficile de déterminer, à partir de ces seules annonces, si le marché mondial du smartphone entre dans une phase de contraction durable ou s’il traverse une période d’ajustement après plusieurs années de hausse des coûts.
Des prix plus élevés pourraient protéger les revenus d’Apple
Malgré la réduction présumée des commandes, Apple ne subirait pas nécessairement un choc financier majeur. Selon Nikkei Asia, l’augmentation des prix des iPhone 18 Pro pourrait compenser une partie de la baisse des volumes.
En France, l’iPhone 18 Pro commencerait à 1 479 euros et l’iPhone 18 Pro Max à 1 629 euros. Ces prix représentent une hausse d’environ 10 % par rapport aux niveaux précédents évoqués dans l’article.
Cette stratégie peut soutenir le chiffre d’affaires même si moins d’appareils sont vendus. Elle ne garantit toutefois pas le maintien des bénéfices : l’évolution des coûts des composants, les marges et la réaction des consommateurs restent déterminantes.
Les futurs iPhone 18 et iPhone 18e pourraient eux aussi être commercialisés à des tarifs supérieurs à ceux de leurs prédécesseurs. L’iPhone 18 standard est annoncé à 899 dollars dans les estimations citées, tandis que l’iPhone 18e pourrait débuter à 699 dollars. Ces prix restent à confirmer officiellement.
Le marché du smartphone face à une nouvelle équation
La réduction annoncée des commandes d’Apple intervient dans un contexte où les fabricants doivent arbitrer entre des composants plus coûteux et des consommateurs de plus en plus sensibles aux prix. Si les hausses tarifaires permettent de préserver les revenus à court terme, elles risquent aussi de ralentir le renouvellement des appareils.
Pour Apple comme pour Samsung, le défi sera de maintenir l’attractivité des nouveaux modèles sans laisser les prix atteindre un niveau qui décourage une partie du public. La situation ne suffit pas à annoncer un effondrement du marché, mais elle souligne les limites d’une stratégie reposant sur des smartphones toujours plus chers.
Les prochaines données de ventes et les résultats financiers des fabricants permettront de déterminer si cette baisse de production traduit un ajustement ponctuel ou un changement plus profond dans les habitudes d’achat.