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Netflix 2026 : Pourquoi la nouvelle application mobile ressemble à TikTok

Netflix 2026 : Pourquoi la nouvelle application mobile ressemble à TikTok
Netflix 2026 : Pourquoi la nouvelle application mobile ressemble à TikTok

Netflix ne veut plus seulement être l’endroit où l’on regarde une série. Il veut devenir l’endroit où l’on découvre une série — vite, sans friction, et avec les réflexes que TikTok et Instagram ont gravés dans nos pouces. La plateforme prépare une refonte majeure de son expérience mobile en 2026, pensée comme une base évolutive pour tester, itérer et accélérer la découverte de contenus.

Derrière l’habillage « UI », c’est un virage plus profond qui se dessine : Netflix assume désormais qu’il ne se bat pas seulement contre Disney+ ou Prime Video, mais contre l’économie de l’attention — celle des réseaux sociaux, du jeu, du live, et de tout ce qui grignote nos minutes disponibles.

Netflix : Une refonte mobile « fondation », pas un simple lifting

Sur l’appel aux résultats, Greg Peters (co-CEO) a été limpide : la nouvelle expérience mobile doit servir de socle durable, conçu pour permettre à Netflix de « tester et améliorer en continu » au fil de l’évolution des usages.

Et, ce n’est pas un détail : Netflix a déjà revu son interface TV en 2025, avec une logique plus « promo » (bannières dynamiques, mise en avant plus agressive). La suite logique, c’est le smartphone — là où se joue désormais la bataille de l’attention.

Le cœur du changement : des feeds verticaux, swipeables, conçus pour déclencher le « je lance un épisode »

La pièce maîtresse, ce sont les clips verticaux façon Reels/TikTok : des extraits courts, conçus pour accrocher en une seconde et vous pousser vers un film ou un épisode complet. Netflix teste déjà cette approche et compte l’étendre — au point d’en faire un outil de découverte central.

C’est une réponse directe à un problème structurel du streaming : le catalogue grossit, le choix devient anxiogène, et la recherche « je ne sais pas quoi regarder » tue la session avant même qu’elle commence.

Un flux vertical ne « résout » pas la qualité des contenus — mais il réduit le coût cognitif du choix. Et c’est exactement ce que Netflix cherche : plus de démarrage, plus vite.

Netflix veut aussi « gagner YouTube » sur un terrain inattendu : le podcast vidéo

L’autre pivot est plus stratégique qu’il n’y paraît : Netflix met un pied sérieux dans le podcast vidéo, en lançant des originaux et en s’adossant à des partenaires. TechCrunch rapporte notamment des podcasts vidéo originaux avec des noms très grand public (dont Pete Davidson).

Et ce n’est pas juste un « format en plus » : iHeartMedia a annoncé un partenariat vidéo podcast exclusif avec Netflix dès fin 2025, avec une sélection de titres connus, tandis que Netflix a aussi communiqué sur un deal vidéo podcasts avec Spotify/The Ringer, avec disponibilité aux États-Unis et extension internationale ensuite.

Pourquoi c’est important ? Parce qu’un podcast vidéo, c’est le contenu parfait pour remplir un feed, fidéliser en mobilité, et créer des rendez-vous « entre deux scrolls ». C’est, en quelque sorte, une brique « YouTube-compatible », mais intégrée à l’écosystème Netflix.

Le contexte business : Netflix a les moyens d’acheter… et surtout d’expérimenter

Ce virage mobile social intervient alors que Netflix affiche une puissance financière rare dans le secteur : 325 millions d’abonnés payants (fin 2025, selon les résultats récents), 45,2 milliards de dollars de revenus en 2025, et plus de 1,5 milliard de dollars de revenus publicitaires en 2025, avec une ambition de hausse en 2026.

Autrement dit : Netflix peut se permettre de « réinventer l’entrée » de son service, parce que son modèle (abonnement + pub) lui donne un nouvel espace de croissance… à condition de garder l’utilisateur engagé.

En toile de fond, il y a aussi le feuilleton Warner Bros. Discovery : Reuters rapporte que Netflix mène une offensive de rachat et que le sujet pèse sur les marchés.
Même sans présumer de l’issue, le message est clair : Netflix veut élargir son avantage compétitif — catalogue, formats, publicité, et maintenant interface mobile.

La tentation de la « TikTok-isation »… et ses risques

Cette stratégie a une logique implacable, mais elle ouvre trois questions majeures :

  1. Découverte vs dilution : Un flux vertical peut augmenter le « temps passé », mais il peut aussi diluer l’identité Netflix si l’expérience devient trop proche d’un réseau social.
  2. Qualité de recommandation vs dopamine : Netflix est fort en reco longue durée (séries, films). Un feed favorise l’instantané. La plateforme va devoir prouver qu’elle sait faire du « court » sans transformer son service en machine à micro-gratification.
  3. Mobile-first… mais Netflix reste un service de salon : Le paradoxe : l’usage premium (films, séries longues) se vit souvent sur TV. Le mobile devient la porte d’entrée, pas forcément le lieu de consommation principal. La réussite dépendra de la fluidité du passage « je découvre sur mobile → je regarde sur TV ».

Ce que ça raconte du streaming en 2026

Le streaming n’entre pas dans une nouvelle guerre de catalogues : il entre dans une guerre d’interface. Netflix ne veut plus être seulement un « service », mais un réflexe. Un endroit où l’on tombe sur quelque chose à regarder aussi facilement qu’on tombe sur une vidéo.

Et si cette refonte réussit, elle pourrait imposer une nouvelle norme : demain, les plateformes ne se différencieront pas seulement par leurs séries, mais par leur capacité à vous faire appuyer sur Play avant que votre pouce ne reparte scroller ailleurs.

Tags : NetflixTikTok
Yohann Poiron

The author Yohann Poiron

J’ai fondé le BlogNT en 2010. Autodidacte en matière de développement de sites en PHP, j’ai toujours poussé ma curiosité sur les sujets et les actualités du Web. Je suis actuellement engagé en tant qu’architecte interopérabilité.