Mise à jour du 19 octobre 2026. Nous n’avons relevé aucune nouvelle hausse de prix officielle depuis celle d’avril, mais la fondation n’a pas non plus annoncé de baisse : les tarifs cités en fin d’article restent d’actualité.
Mise à jour du 24 septembre 2026. Depuis la publication de ce comparatif en janvier, le Raspberry PiLe Raspberry Pi est un ordinateur monocarte britannique, né en 2012 pour rendre la programmation accessible à tous : aujourd'hui de 4 à 305 dollars selon le modèle, il sert aussi bien à apprendre le code qu'à faire tourner un serveur personnel, une borne industrielle ou, depuis peu, de petits modèles d'IA entièrement hors ligne. Lire la fiche a augmenté trois fois sous l’effet de la flambée du prix de la mémoire, et le Raspberry Pi 6 n’est pas attendu avant 2028. L’argument du prix, qui était une nuance, est devenu central : les tarifs actualisés et ce qu’ils changent sont détaillés en fin d’article.
Le Raspberry Pi 5 a ce charme rare : un petit ordinateur abordable, étonnamment costaud, et un écosystème si vaste qu’il donne envie de monter un projet « juste pour voir ». Mais, c’est justement parce qu’il est devenu une référence qu’on oublie parfois une évidence : le Raspberry Pi n’est pas le meilleur choix pour tout.
Si votre objectif n’est pas le format « SBC + GPIO + accessoires », il existe aujourd’hui des options qui offrent plus de puissance, plus de confort, ou plus de valeur pour un budget voisin — surtout si vous êtes prêt à chasser une bonne affaire.
Les mini-PC d’occasion : le rapport perf/prix qui humilie le Pi
C’est la voie royale si vous cherchez simplement un petit ordinateur (et pas « un Pi »). Sur le marché de l’occasion, un mini-PC pro (Lenovo Tiny, HP Mini, Dell Micro…) peut coûter le prix d’un Pi 5 + quelques accessoires, tout en apportant :
- CPU x86 plus musclé (meilleur pour Plex, conteneurs, virtualisation légère)
- stockage interne plus simple (SSD SATA/NVMe selon génération)
- RAM évolutive
- souvent plus d’E/S et un boîtier déjà prêt à vivre
Idéal pour : Plex/Jellyfin, petit serveur domestique, PC de bureau basique, émulation, home lab « simple ».

Le compromis : consommation généralement plus élevée qu’un Pi, et encombrement un peu supérieur. Mais en usage serveur, le confort et la stabilité font vite oublier le romantisme du SBC.
Les clients légers : des « serveurs secrets » fanless et ultra sobres
Les clients légers ressemblent à des mini-PC, mais leur ADN est différent : ils étaient conçus pour bosser en entreprise avec un minimum de ressources… ce qui les rend parfaits pour du self-hosting léger à la maison.
Leurs atouts typiques :
- souvent fanless (silence total)
- RAM/stockage parfois upgradables
- boîtier compact, robuste, conçu pour tourner longtemps
Idéal pour : Home Assistant, petit NASUn NAS est un petit serveur de stockage relié au réseau domestique, qui centralise fichiers, photos et sauvegardes et les rend accessibles à tous vos appareils, à la maison comme à distance. Lire la fiche (selon modèle), services domestiques « 1 tâche = 1 boîte ».
Le piège : la compatibilité OS/driver peut varier (certains viennent avec des Windows embarqués bizarres). Mais, comme pour le Pi, Linux règle beaucoup de choses.
Les autres SBC : Orange Pi, Odroid… quand le Pi n’est pas le mieux « tunable »
Le Raspberry Pi vise large : polyvalent, standardisé, « pour tout le monde ». Les concurrents SBC, eux, ciblent parfois mieux certains besoins :
- plus de perf sur des SoC spécifiques
- parfois plus de RAM/stockage intégré
- configurations orientées NAS, multimédia, IA légère, etc.
Des familles comme Orange Pi ou Odroid peuvent offrir un mix plus intéressant selon votre usage, surtout si vous n’avez pas besoin de l’écosystème Pi « clé en main ».

Idéal pour : projets SBC où GPIO n’est pas central, ou quand vous cherchez un compromis précis (perf/prix, ports, stockage, RAM).
Le compromis : documentation et accessoires moins « universels » que le Pi, et une expérience parfois plus « bricolage Linux ».
Les vieux laptops : la flexibilité ultime (et un UPS intégré)
C’est l’alternative la plus sous-estimée. Un vieux laptop, même modeste, apporte immédiatement :
- écran + clavier + trackpad (zéro périphérique à ajouter)
- Wi-Fi, audio, parfois webcam
- batterie = mini-UPS (énorme avantage pour serveur léger/domotique)
Idéal pour : serveur maison, machine d’appoint, projets « always-on » où une coupure de courant ne doit pas tout casser.
Le point critique : l’état de la batterie. Même usée, elle peut encore suffire à encaisser une micro-coupure — mais il faut vérifier qu’elle tient un minimum ou qu’elle se remplace facilement.
Alors, quand le Raspberry Pi reste le meilleur choix ?
Le Raspberry Pi garde des avantages très concrets :
- sobriété énergétique (souvent imbattable)
- format minuscule et intégration facile
- écosystème colossal (tutos, HATs, caméras, boîtiers, distributions)
- et surtout GPIO : dès que vous touchez au monde physique (capteurs, relais, robots, domotique DIY), il redevient évident.
En clair : si votre projet ressemble à un serveur/PC, regardez d’abord mini-PC/thin client/laptop.
Si votre projet ressemble à un objet, un système embarqué, ou une plateforme « maker » avec électronique, le Pi garde une longueur d’avance.
Ce qui a changé en 2026 : le Pi n’est plus l’option la moins chère
Trois hausses de prix en quatre mois
La carte qui incarnait l’ordinateur à 35 dollars a vu ses tarifs grimper à trois reprises. Une première vague en décembre 2025, accompagnée d’un Pi 5 de 1 Go à 52 euros pour préserver une entrée de gamme. Une deuxième en février 2026, avec un barème par densité mémoire : +10 dollars sur les modèles 2 Go, +15 sur les 4 Go, +30 sur les 8 Go et +60 sur les 16 Go — Eben Upton expliquant que « le coût de certaines pièces a plus que doublé » en un trimestre.
Une troisième en avril a porté le Raspberry Pi 5 de 16 Go à 305 dollars, et vu naître un Pi 4 de 3 Go à 83,75 dollars — soit davantage que le Pi 4 de 8 Go à son lancement en 2020. La fondation a aussi dû revoir sa carte pour composer avec le marché de la mémoire, avec un Raspberry Pi 4 Rev 1.5 « Dual-DRAM ».
Conséquence directe pour ce comparatif : sur les configurations à forte mémoire, un mini-PC d’occasion ou un client léger ne se contente plus d’être « parfois » moins cher, il l’est franchement. À l’inverse, l’entrée de gamme à 1 ou 2 Go reste une affaire pour les projets légers.
Pas de Raspberry Pi 6 avant 2028
Inutile d’attendre la génération suivante pour trancher : lors d’un AMA en mai 2026, Eben Upton a indiqué que le Raspberry Pi 6 n’arriverait pas avant début 2028, avec une évolution de continuité — CPU plus rapides, meilleures entrées-sorties — et sans NPU intégré. Le Pi 5 reste donc la carte de référence pour encore un bon moment.
Si vous restez sur le Pi, deux accessoires changent la donne
Pour l’IA localeL'IA locale consiste à exécuter un modèle d'IA directement sur votre PC, Mac, smartphone ou Raspberry Pi plutôt que sur les serveurs d'un fournisseur — pour garder ses données chez soi, fonctionner hors ligne et échapper aux abonnements, au prix d'un matériel doté de suffisamment de mémoire. Lire la fiche, l’AI HAT+ 2 et ses 40 TOPS permettent de faire tourner un modèle en local, ce que la carte seule ne sait pas faire — c’est d’ailleurs la réponse de la fondation à l’absence de NPU. Pour le stockage, un adaptateur M.2 NVMe à 9 euros supprime la principale faiblesse du Pi face à un mini-PC : la carte SD.
Et du côté des mini-PC neufs
Le marché a bougé lui aussi : l’ASUS Ascent QN10, premier mini PC sous Snapdragon X2 Elite, vise le Mac mini avec une consommation contenue. Ces machines ARM neuves ne concurrencent pas le Pi sur le prix, mais elles élargissent l’option « petit serveur silencieux » pour qui ne veut ni occasion ni bricolage.