Apple est-elle réellement en retard dans la course à l’intelligence artificielle ? Depuis plusieurs années, la firme de Cupertino est régulièrement critiquée pour ses avancées jugées trop lentes, notamment après le report de la nouvelle version de Siri. Son PDG, John Ternus, défend toutefois une approche différente : intégrer l’IA dans ses produits sans en faire une finalité.
Dans une interview accordée à Steven Levy pour Wired, le dirigeant, officiellement devenu PDG d’Apple au début du mois de septembre 2026, a reconnu que chacun avait son opinion sur la position de l’entreprise dans le domaine de l’IA. Mais, il s’est montré confiant : « J’aime vraiment la situation dans laquelle nous sommes », a-t-il déclaré.
Apple veut intégrer l’IA sans en faire un argument artificiel
John Ternus assure qu’Apple compte pleinement exploiter les possibilités de l’intelligence artificielle dans ses futurs produits. Il refuse néanmoins de céder à une logique consistant à intégrer de l’IA simplement pour suivre une tendance ou afficher une nouvelle fonctionnalité.
« Nous ne voulons pas lancer de l’IA pour le simple fait de lancer de l’IA », explique-t-il. Pour le dirigeant, la technologie doit rester au service de l’expérience utilisateur. Idéalement, les utilisateurs ne devraient même pas avoir à se demander si une fonction repose sur l’intelligence artificielle ou sur un logiciel plus traditionnel. La seule question qui compte, selon lui, est de savoir si Apple a conçu un produit qu’ils apprécient réellement.
Cette vision s’inscrit dans une approche où l’IA doit s’intégrer naturellement aux appareils et aux services de la marque. Elle constitue aussi une réponse aux critiques visant Apple, alors que ses concurrents multiplient les annonces et les fonctionnalités reposant sur les nouveaux modèles d’intelligence artificielle.
John Ternus ne croit pas à la disparition des applications
L’entretien a également abordé une évolution potentiellement plus profonde : l’arrivée d’agents IAL'IA agentique désigne les systèmes d'intelligence artificielle capables de planifier puis d'exécuter eux-mêmes des tâches complexes — réserver, coder, naviguer sur le Web, piloter des logiciels — plutôt que de se contenter de répondre à une question. Lire la fiche capables d’effectuer des tâches à la place des utilisateurs. À terme, ces assistants pourraient modifier la manière dont nous interagissons avec les services numériques, voire rendre certaines applications moins indispensables.
Interrogé sur cette possibilité, John Ternus a reconnu que cette perspective pourrait simplifier le quotidien. Il a toutefois rappelé que la création de produits reste, à ses yeux, une activité profondément humaine et personnelle, et qu’Apple aime concevoir ces produits.
Cette réponse donne un aperçu de la manière dont le nouveau PDG envisage l’avenir de l’écosystème Apple. Même si les agents IA pourraient transformer les usages, l’entreprise ne semble pas prête à considérer les applications et les produits traditionnels comme de simples étapes appelées à disparaître.
Une stratégie qui privilégie l’expérience à la démonstration technologique
Les déclarations de John Ternus dessinent une ligne directrice : Apple veut tirer parti de l’IA, mais refuse d’en faire une course aux fonctionnalités. Le groupe entend plutôt préserver une expérience cohérente, dans laquelle la technologie s’efface derrière les usages.
Reste à savoir si cette approche suffira à convaincre les utilisateurs, alors que les attentes autour de Siri et des fonctions d’IA continuent de progresser. Pour Apple, l’enjeu sera de transformer cette philosophie en produits concrets, capables de démontrer que l’intelligence artificielle peut apporter une réelle valeur sans devenir le centre de l’expérience.