OpenAI et Amazon veulent faciliter l’adoption des agents IAL'IA agentique désigne les systèmes d'intelligence artificielle capables de planifier puis d'exécuter eux-mêmes des tâches complexes — réserver, coder, naviguer sur le Web, piloter des logiciels — plutôt que de se contenter de répondre à une question. Lire la fiche dans les entreprises qui ne souhaitent pas faire sortir leurs données de leur propre environnement cloud. Les deux groupes viennent d’annoncer Bedrock Managed Agents, une nouvelle offre permettant de créer et d’exécuter des agents OpenAI directement dans Amazon Web Services.
Le service, présenté lors du DevDay 2026 à San Francisco, est actuellement disponible en préversion limitée. Son principal argument est particulièrement important pour les entreprises : selon AWS, les données des clients restent dans AWS pendant l’exécution des agents.
Des agents OpenAI exécutés directement dans AWS
Bedrock Managed Agents repose sur le framework d’agents d’OpenAI et sur son Agents API. OpenAI indique avoir travaillé avec Amazon pour adapter cette infrastructure afin que les agents fonctionnent nativement avec les ressources AWS.
Le runtime géré prend en charge notamment l’inférence, la mémoire et les compétences des agents directement dans l’environnement du client. Chaque agent dispose également de sa propre identité et enregistre ses actions afin de faciliter les opérations d’audit.
AWS précise que l’ensemble de l’inférence est exécuté via Amazon Bedrock et que les données des clients ne quittent pas AWS.

AgentCore devient l’environnement d’exécution par défaut
Bedrock Managed Agents s’appuie sur Amazon AgentCore, la plateforme d’AWS destinée à construire et exécuter des agents avec différents modèles d’IA. Dans cette architecture, AgentCore fournit l’environnement de calcul par défaut. AWS prévoit également d’ajouter progressivement des fonctionnalités concernant l’application des politiques d’autorisation, la découverte des agents, l’observabilité et l’évaluation de leurs performances.
Pour les entreprises, l’intérêt est de pouvoir combiner les modèles d’OpenAI avec les données, les contrôles et l’infrastructure déjà présents dans AWS, plutôt que de créer une architecture séparée.
Salesforce figure déjà parmi les clients cités par AWS. Joe Inzerillo, président de la technologie d’entreprise et de l’IA chez Salesforce, explique que les entreprises pourront ainsi associer les modèles OpenAI à l’infrastructure AWS tout en conservant leurs données et leurs mécanismes de contrôle.
L’Agents API gagne la capacité d’utiliser un ordinateur
Cette annonce s’accompagne d’une évolution importante de l’Agents API d’OpenAI. Les développeurs peuvent désormais créer des agents capables d’interagir avec des logiciels à travers un navigateur hébergé par OpenAI. L’API récupère également plusieurs fonctionnalités déjà utilisées par CodexOpenAI Codex est l'agent de programmation d'OpenAI — capable d'écrire, corriger et exécuter du code de façon autonome depuis un terminal, une app de bureau ou l'application ChatGPT, et depuis 2026 de piloter directement un ordinateur comme le ferait un développeur. Lire la fiche, notamment les outils multi-agents, la recherche d’outils et la compression du contexte.
OpenAI conserve la gestion de l’infrastructure sous-jacente.
La fonction de contrôle d’un ordinateur est disponible via l’API, mais également dans Codex et ChatGPTChatGPT est l'assistant IA d'OpenAI : devenu en 2026 une plateforme multimodale et agentique, il écoute, parle, voit, navigue sur le web et exécute des tâches à votre place. Lire la fiche Work pour les offres Pro 500 et Enterprise.
Une autorisation est demandée pour chaque nouveau site
Néanmoins, OpenAI impose certaines restrictions à cette utilisation de l’ordinateur. Lorsqu’un agent doit visiter un nouveau site avec le navigateur, l’utilisateur doit approuver ce domaine. En revanche, cette autorisation ne nécessite pas une confirmation avant chaque action individuelle réalisée sur le site.
Les identifiants de connexion suivent par ailleurs un canal séparé et ne sont pas transmis dans les entrées fournies au modèle.
Cette distinction est importante alors que les agents deviennent capables d’enchaîner plusieurs actions dans des interfaces réelles. L’objectif est de conserver un contrôle sur les domaines auxquels l’agent peut accéder sans transformer chaque opération en une succession de validations manuelles.
Une brique importante pour les entreprises
Bedrock Managed Agents arrive à un moment où les entreprises cherchent à passer des démonstrations d’agents IA à des déploiements réels. Pour une organisation déjà fortement équipée sur AWS, pouvoir utiliser les modèles OpenAI sans déplacer ses données hors de son environnement cloud peut simplifier certains problèmes liés à l’architecture, à la gouvernance et à la sécurité.
Le fait que chaque agent dispose de sa propre identité et que ses actions soient enregistrées fournit également une base pour l’audit et le contrôle des opérations.
Mais l’exécution d’agents autonomes introduit parallèlement de nouveaux enjeux : gestion des permissions, surveillance des actions et contrôle des outils auxquels les agents peuvent accéder.
OpenAI accélère sur les agents autonomes
Bedrock Managed Agents s’inscrit dans une stratégie beaucoup plus large présentée par OpenAI lors de son DevDay. L’entreprise a également dévoilé Dots, des agents capables de travailler en continu en arrière-plan, ainsi que de nouvelles capacités pour Codex et son Agents API.
Cette accélération intervient toutefois alors qu’OpenAI a récemment signalé plusieurs incidents impliquant ses agents, dont un cas où des images d’utilisateurs auraient été publiées en ligne.
Le déploiement d’agents capables d’utiliser des ordinateurs et d’accéder à des ressources professionnelles rend donc la question du contrôle particulièrement importante. Avec Bedrock Managed Agents, OpenAI et AWS tentent précisément de proposer cette puissance dans un environnement où les données, les identités et les politiques de sécurité peuvent rester sous le contrôle de l’entreprise.