OpenAI veut pousser les agents IA un cran plus loin. Lors de son DevDay 2026, l’entreprise a dévoilé Dots, de nouveaux assistants personnels agentiques propulsés par GPT-6 Astra, conçus pour poursuivre des objectifs en arrière-plan avec un minimum de supervision.
Contrairement à ChatGPT ou Codex, Dots ne sont pas pensés comme des outils attachés à une interface ou à un appareil précis. L’idée est plutôt de disposer d’agents capables de continuer à travailler de manière autonome, pendant que l’utilisateur fait autre chose.
Des agents qui travaillent en permanence
OpenAI présente Dots comme des agents « remarquablement capables » et toujours actifs, capables de prendre en charge différents types de missions. L’utilisateur commence avec un Dot principal, lui donne un nom et définit ce qu’il souhaite lui faire accomplir. À terme, OpenAI imagine même plusieurs Dots travaillant ensemble, chacun pouvant prendre en charge une partie d’un objectif plus large.
Cette approche marque une différence de philosophie avec ChatGPT. Au lieu d’attendre une question ou une instruction à chaque étape, le Dot doit pouvoir poursuivre un objectif sur la durée, en prenant certaines décisions sans intervention constante de l’utilisateur.
Un développeur pourrait laisser un Dot surveiller son produit
OpenAI donne plusieurs exemples pour illustrer cette approche. Un développeur pourrait par exemple confier à un Dot la surveillance des retours des clients. L’agent pourrait identifier les problèmes signalés, puis mettre en œuvre des corrections ou développer certaines fonctionnalités demandées lorsque cela est nécessaire.
Dans un autre scénario, un scientifique pourrait utiliser un Dot pour relancer des analyses et étudier des résultats inattendus au fur et à mesure que de nouvelles données expérimentales deviennent disponibles.
Ces exemples montrent que Dots vise des missions qui ne se terminent pas après une seule interaction. L’agent doit pouvoir observer l’évolution d’une situation et intervenir lorsque les conditions définies par l’utilisateur sont réunies.

Des Dots spécialisés pour chaque mission
OpenAI imagine également des « Specialist Dots », dédiés à des responsabilités précises. Chaque agent peut recevoir sa propre identité, ainsi que des identifiants, des outils et des autorisations spécifiques grâce aux systèmes existants de l’entreprise. Cela doit permettre de limiter précisément ce que chaque Dot peut consulter ou modifier.
OpenAI travaille déjà avec Microsoft afin d’intégrer Dots aux contrôles de sécurité d’Agent 365.
Cette dimension sera essentielle pour les entreprises. Un agent capable d’agir seul doit pouvoir disposer des permissions nécessaires, mais aussi être limité à un périmètre clairement défini.





Dots peut communiquer via Slack et Teams
Les interactions avec les agents ne seront pas limitées à ChatGPT ou Codex. OpenAI indique que les utilisateurs pourront communiquer avec leurs Dots via Slack, Microsoft Teams et d’autres plateformes organisationnelles. La possibilité d’utiliser les SMS doit également arriver prochainement.

L’objectif est de permettre à l’agent de s’intégrer aux outils de communication déjà utilisés par les équipes plutôt que d’imposer une nouvelle interface.
Une nouvelle façon de présenter les agents IA
Techniquement, une grande partie des capacités de Dots existe déjà dans Codex et d’autres environnements agentiques. La nouveauté réside donc surtout dans la manière dont OpenAI rassemble ces fonctionnalités autour d’un concept centré sur l’autonomie permanente des agents.
Le nom et l’apparence participent également à cette stratégie. Les Dots prennent la forme de petits personnages ronds et animés, avec une esthétique volontairement plus légère et accessible. Cette approche rappelle celle de Meta Muse, qui cherche elle aussi à donner une personnalité plus identifiable à son agent IA.
Derrière cette apparence presque ludique se cache toutefois une évolution importante : OpenAI cherche à faire passer les agents IA d’outils que l’on consulte à des collaborateurs logiciels capables de travailler en continu.
Une nouvelle étape vers les agents autonomes
Dots est disponible à partir du 29 septembre dans ChatGPT pour les utilisateurs Pro et Business Premium dans les marchés éligibles. Les agents peuvent être lancés depuis ChatGPT ou Codex. Le déploiement exclut pour l’instant l’Espace économique européen, le Royaume-Uni et la Suisse : les utilisateurs français devront donc patienter.
Le concept soulève évidemment une question centrale : jusqu’où laisser un agent agir seul ? Plus un Dot dispose de temps, d’identifiants et d’outils, plus ses possibilités d’action augmentent — mais aussi les conséquences potentielles d’une mauvaise interprétation d’une consigne.
C’est précisément ce qui rend Dots intéressant. OpenAI ne présente plus seulement l’IA comme une interface capable de répondre rapidement à une demande, mais comme un logiciel qui poursuit un objectif en permanence, avec la possibilité d’interagir avec plusieurs outils et plusieurs personnes.
Et si OpenAI parvient à rendre ces agents suffisamment fiables et contrôlables, le véritable changement pourrait être moins le chatbot lui-même que cette capacité à disposer de plusieurs Dots travaillant continuellement en arrière-plan.