Elon Musk ne compte pas limiter les ambitions de SpaceX aux fusées et à l’Internet par satellite. Après avoir essuyé des refus de Verizon, T-Mobile et AT&T concernant l’utilisation de leurs réseaux, l’entreprise explorerait une autre piste pour se lancer dans la téléphonie mobile aux États-Unis : un rapprochement avec Boost Mobile.
Selon les informations rapportées, deux options seraient étudiées, le rachat de l’opérateur ou l’accès à son réseau existant via sa maison mère EchoStar.
Le marché américain des télécommunications mobiles représente environ 235 milliards de dollars. Une entrée dans ce secteur permettrait à SpaceX de concurrencer directement les grands opérateurs traditionnels, tout en combinant ses infrastructures satellitaires avec des réseaux cellulaires terrestres.
Boost Mobile, un raccourci vers le marché des télécoms
Elon Musk aurait rencontré le mois dernier Charlie Ergen, président d’EchoStar, pour discuter d’un éventuel accord. Boost Mobile pourrait ainsi offrir à SpaceX un accès à une infrastructure mobile déjà opérationnelle, sans avoir à construire immédiatement un réseau national de téléphonie à partir de zéro.
L’opérateur utilise actuellement des accords de location de réseau avec AT&T et T-Mobile. Mais cette dépendance constitue aussi un obstacle potentiel : ces contrats ne peuvent généralement pas être transférés à un nouvel acquéreur sans l’accord des opérateurs concernés. Même en cas d’accord entre SpaceX et EchoStar, AT&T et T-Mobile pourraient donc encore bloquer l’opération.
Cette piste intervient après un investissement majeur de SpaceX dans les fréquences mobiles. L’entreprise aurait dépensé 8 milliards de dollars pour acquérir du spectre destiné à couvrir les zones difficiles à atteindre par satellite. Elon Musk considère cet investissement comme la dernière pièce nécessaire pour proposer une couverture téléphonique complète.
Le satellite ne suffit pas encore à couvrir les villes
Malgré les ambitions de SpaceX, la connectivité satellitaire ne peut pas encore répondre à tous les besoins d’un réseau mobile traditionnel. Le signal actuel ne serait pas suffisamment puissant pour assurer une couverture fiable à l’intérieur des bâtiments et dans les environnements urbains denses, là où se concentrent une grande partie des communications.
Un accord avec Boost Mobile permettrait de s’appuyer sur des antennes cellulaires terrestres pendant que SpaceX poursuit le développement de ses technologies satellitaires. Cette combinaison pourrait offrir une couverture plus étendue, en associant les infrastructures existantes aux capacités de Starlink.
Les dirigeants des opérateurs traditionnels restent toutefois sceptiques quant à la vitesse à laquelle SpaceX pourrait déployer une infrastructure mobile de grande ampleur. Le PDG de Verizon estime qu’un tel projet nécessiterait quatre à six ans. Elon Musk considère, lui, que l’entreprise pourrait atteindre cet objectif en environ deux fois moins de temps.

Un analyste estime néanmoins qu’il ne faut pas sous-estimer les capacités d’exécution de Musk, en prenant notamment l’exemple du vaste réseau de Superchargeurs Tesla comme illustration de sa capacité à développer rapidement des infrastructures.
De la téléphonie américaine à une ambition interplanétaire
Au-delà de la conquête du marché américain, cette stratégie s’inscrirait dans une ambition plus large. SpaceX cherche à développer des réseaux de communication capables de fonctionner dans des environnements variés, avec notamment la perspective de soutenir un jour une implantation humaine sur Mars.
Pour l’instant, le projet reste conditionné à la conclusion d’un accord avec EchoStar ou Boost Mobile, ainsi qu’à l’obtention des autorisations nécessaires auprès des opérateurs concernés. Rien ne garantit donc que SpaceX pourra rapidement devenir un opérateur mobile à part entière.
Mais le rapprochement envisagé avec Boost Mobile pourrait représenter une étape décisive dans la stratégie d’Elon Musk : faire de SpaceX un acteur des télécommunications capable de rivaliser avec les grands opérateurs américains, en combinant réseaux terrestres et connectivité satellitaire.