Instagram pourrait bientôt s’éloigner de son image de plateforme dédiée aux contenus courts. Selon les informations rapportées par Adam Mosseri, Meta teste un nouvel outil baptisé « Features », qui permettrait à certains créateurs de publier des vidéos horizontales d’une durée maximale de 90 minutes directement sur leur profil.
Cette initiative placerait Instagram sur le terrain de YouTube, une plateforme qui s’est imposée comme une référence pour les vidéos longues, les podcasts filmés et les contenus documentaires. Meta chercherait ainsi à élargir les usages d’Instagram, en offrant aux créateurs un nouvel espace pour publier des contenus qui dépassent largement le format habituel des Reels.
Des vidéos longues directement sur les profils Instagram
Le nouvel outil « Features » serait actuellement testé avec plusieurs créateurs. Les formats envisagés incluent des spectacles humoristiques, des podcasts vidéo et des docu-séries. Parmi les premiers participants cités figurent l’intervieweur sportif Donald De La Haye, la créatrice de contenu spécialisée dans la mode Monet McMichael et l’entrepreneuse Emma Grede.
Pour attirer leur public vers ces vidéos, les créateurs pourraient épingler des Reels courts associés à leurs contenus longs. Cette passerelle entre les formats permettrait de transformer la découverte d’une vidéo dans le fil Instagram en une occasion de visionnage prolongé.
Ce changement marquerait aussi une évolution pour Adam Mosseri, à la tête d’Instagram depuis 2018. Longtemps opposé à l’intégration de vidéos longues sur la plateforme, il aurait revu sa position face à l’évolution des habitudes de consommation des utilisateurs.
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La monétisation reste le principal obstacle
Instagram devra toutefois répondre à une question essentielle : comment les créateurs pourront-ils gagner de l’argent avec ces vidéos ? Mais, la plateforme ne dispose pas actuellement d’un programme de partage des revenus publicitaires spécifiquement destiné à ce type de contenu long.
YouTube conserve donc un avantage important. La plateforme reverse aux créateurs éligibles 55 % des revenus publicitaires générés par les annonces diffusées sur leurs vidéos classiques. Instagram ne proposerait pas de partage publicitaire garanti pour les créateurs moins connus dans le cadre de ce nouvel outil.
Les créateurs déjà établis pourraient, de leur côté, s’appuyer sur des partenariats avec des marques. Cette possibilité ne résout cependant pas le problème des vidéastes qui cherchent à développer leur audience et ont besoin d’un modèle de revenus prévisible.
Sans mécanisme de rémunération attractif, Instagram risque ainsi de devenir un canal de diffusion complémentaire plutôt qu’une véritable alternative à YouTube pour les producteurs de vidéos longues.
Instagram veut dépasser le simple défilement de Reels
Avec « Features », Meta semble vouloir faire évoluer Instagram vers une application de divertissement plus complète. Les vidéos courtes resteraient un moyen de découvrir des créateurs, tandis que les formats de 90 minutes offriraient une expérience de visionnage plus proche de celle de YouTube.
Le succès de cette stratégie dépendra toutefois de plusieurs facteurs : l’accueil du public, la capacité à attirer des créateurs reconnus et, surtout, la mise en place d’un modèle économique viable. À ce stade, l’outil est présenté comme une expérimentation et aucune généralisation du dispositif n’est confirmée.
Instagram pourrait donc élargir son terrain de jeu, mais il lui reste à démontrer que les créateurs auront autant intérêt à y publier leurs vidéos longues qu’à les proposer sur les plateformes qui les rémunèrent déjà.