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Xiaomi 18 Pro : son écran arrière pourra générer des mini-applications avec l’IA

Décryptage

Xiaomi 18 Pro : son écran arrière pourra générer des mini-applications avec l’IA

L'ESSENTIEL
  • L'introduction du Versatile Back Screen sur le Xiaomi 18 Pro permettant de créer des applications sur mesure à la volée.
  • Une alternative innovante aux widgets figés grâce à l'intelligence artificielle générative.
  • Des exemples d'usages pratiques comme des minuteurs, des rappels ou des outils d'apprentissage.
  • Une suite logique après le succès de l'écran secondaire de la génération précédente.
  • Une présentation officielle très attendue dans le courant du mois de septembre.

Xiaomi avait laissé un indice particulièrement explicite avec le mot « Generating » affiché sur l’écran arrière de son prochain flagship. Le constructeur révèle désormais ce qu’il prépare : le Versatile Back Screen des Xiaomi 18 Pro pourra accueillir de petites applications générées par IA directement à la demande de l’utilisateur.

L’idée dépasse largement les fonds d’écran et widgets proposés sur la génération précédente. Xiaomi veut transformer ce second écran en espace programmable, capable de créer rapidement un minuteur, un rappel, un outil de vocabulaire ou encore une fiche de recette selon les besoins du moment.

Le Xiaomi 18 Pro transforme son écran arrière en espace programmable

Le principe du Versatile Back Screen consiste à ne plus limiter l’utilisateur à une bibliothèque de fonctions prédéfinies. Sur les Xiaomi 18 Pro, il sera possible de générer de petites applications destinées spécifiquement à l’écran arrière, puis de les utiliser directement depuis cette surface sans nécessairement revenir à l’écran principal du smartphone.

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La vidéo publiée par Xiaomi montre plusieurs exemples relativement simples, mais révélateurs de la philosophie du système. Un utilisateur peut créer un minuteur pour surveiller la cuisson d’un œuf, programmer un rappel pour boire de l’eau ou utiliser un minuteur Pomodoro lorsqu’il souhaite travailler pendant une période définie.

D’autres scénarios sont davantage orientés vers le contenu. Xiaomi présente notamment un outil permettant de mémoriser du vocabulaire anglais ainsi qu’une carte proposant des recommandations de recettes.

La différence avec un widget traditionnel tient à la manière dont ces outils sont obtenus. Plutôt que d’attendre qu’un développeur ou Xiaomi ait prévu exactement la fonction recherchée, l’utilisateur peut demander au système de créer un petit outil correspondant à son besoin, puis épingler les applications les plus utiles sur l’écran arrière.

De simples widgets aux mini-applications générées par IA

Cette approche pourrait résoudre l’un des problèmes historiques des écrans secondaires : leur utilité reste souvent limitée par ce que le constructeur a décidé d’y intégrer.

Les smartphones ayant expérimenté ce type d’affichage l’ont généralement utilisé pour montrer l’heure, les notifications, la batterie, quelques contrôles multimédias ou un aperçu pour les selfies réalisés avec les caméras principales. Ces usages sont pratiques, mais ils finissent rapidement par tourner autour des mêmes scénarios.

L’IA générative permet théoriquement de casser cette limite. Si le système est capable de produire à la volée une interface fonctionnelle à partir d’une demande formulée en langage naturel, le second écran n’a plus besoin de disposer d’une fonction prévue à l’avance pour chaque situation.

Un utilisateur qui souhaite simplement lancer un compte à rebours spécifique n’a pas besoin d’installer une application complète. De la même manière, un étudiant pourrait imaginer une carte affichant régulièrement des mots à mémoriser, tandis qu’un autre utilisateur pourrait créer un rappel ou un compteur adapté à une activité précise.

La portée réelle du système dépendra toutefois de ses limites. Xiaomi n’a pas encore détaillé jusqu’où ces applications générées pourront accéder aux données du téléphone, interagir avec les services système ou conserver des informations. La sécurité sera également importante si les mini-applications peuvent déclencher des actions au-delà de simples interfaces locales.

Xiaomi s’appuie sur le succès de l’écran arrière du Xiaomi 17 Pro

Cette nouveauté n’arrive pas de nulle part. Xiaomi avait introduit son système d’écran arrière MiShare avec le Xiaomi 17 Pro en 2025. Cette première génération avait déjà transformé le module situé à proximité des caméras en surface interactive plutôt qu’en simple élément esthétique.

Selon Xiaomi, les utilisateurs consultaient ou utilisaient les cartes applicatives de cet écran plus de 4 millions de fois par jour. Le constructeur indique également que plus de 3,5 millions de fonds d’écran y étaient ajoutés quotidiennement. Ces chiffres sont communiqués par Xiaomi et ne permettent pas à eux seuls de mesurer la fréquence d’utilisation individuelle, mais ils semblent avoir convaincu le groupe de poursuivre l’expérience.

Plutôt que de considérer l’écran arrière comme une particularité réservée à une génération, Xiaomi cherche désormais à lui donner une véritable trajectoire logicielle. Le passage des cartes fixes aux applications générées représente justement une manière de justifier son existence sur les prochains modèles.

Lu Weibing, président de Xiaomi Group et responsable de l’activité smartphone de la marque, explique que les attentes concernant cet écran varient fortement d’un utilisateur à l’autre. La génération automatique de petits outils apparaît comme une réponse logique : Xiaomi n’a plus besoin d’essayer de prévoir tous les usages possibles.

Un terrain particulièrement adapté à l’IA générative

Le Versatile Back Screen pourrait également constituer un cas d’usage intéressant pour l’IA sur smartphone. Une grande partie des fonctions d’intelligence artificielle actuellement proposées sur les appareils mobiles se concentre sur la génération de texte, la retouche photo, les résumés ou les assistants conversationnels. Xiaomi tente ici une approche différente : utiliser l’IA pour fabriquer temporairement une interface utilisateur.

Le format réduit de l’écran arrière est paradoxalement un avantage. Générer une application complète capable de remplacer un logiciel traditionnel serait extrêmement complexe, notamment en matière de sécurité et de fiabilité. Créer une petite interface avec quelques boutons, un compteur et une logique simple est beaucoup plus réaliste.

Cette limitation naturelle peut donc rendre la génération d’applications réellement utile. Un minuteur Pomodoro n’a pas besoin d’une interface complexe, pas plus qu’un compteur d’hydratation ou une carte de vocabulaire.

Si Xiaomi parvient à rendre la génération suffisamment rapide et naturelle, l’utilisateur pourrait considérer ces mini-applications comme des objets jetables : on crée une fonction lorsqu’on en a besoin, on la conserve si elle devient utile, puis on la supprime lorsqu’elle ne sert plus.

Cette logique rapproche le smartphone d’une interface véritablement adaptative, où certains logiciels ne sont plus nécessairement téléchargés depuis une boutique, mais assemblés au moment précis où un besoin apparaît.

Xiaomi doit maintenant prouver que ce second écran est indispensable

Le défi reste néanmoins de dépasser l’effet de nouveauté. Un écran supplémentaire augmente la complexité du smartphone et occupe une surface qui pourrait autrement être consacrée à d’autres composants. Pour justifier durablement sa présence, il doit apporter des usages suffisamment pratiques pour que les propriétaires pensent spontanément à retourner leur téléphone.

Les chiffres du Xiaomi 17 Pro suggèrent que l’idée a trouvé son public, mais le Versatile Back Screen doit franchir une nouvelle étape. L’IA pourrait justement transformer cet écran secondaire en fonction beaucoup plus personnelle, puisque deux utilisateurs pourraient finir par disposer d’interfaces complètement différentes selon leurs habitudes.

Cette stratégie distingue également Xiaomi d’une industrie où les constructeurs se concentrent surtout sur l’IA intégrée à l’écran principal. Ici, le matériel lui-même impose une nouvelle manière d’exploiter les modèles génératifs.

La série Xiaomi 18 Pro sera officiellement présentée dans le courant du mois. Xiaomi promet ce qu’il décrit comme la plus importante évolution de l’histoire de sa gamme numérique, avec des progrès attendus sur les performances, la photographie, l’autonomie et les capacités d’intelligence artificielle.

Le fonctionnement exact des applications générées, leur degré de personnalisation et leurs interactions avec HyperOS devraient donc être parmi les points les plus intéressants à observer lors du lancement.

Avec son Versatile Back Screen, Xiaomi ne cherche finalement plus à répondre à la question classique « à quoi sert un écran au dos d’un smartphone ? ». Il laisse l’utilisateur formuler lui-même la réponse — et demande à l’IA de construire l’interface qui va avec.

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