Apple n’a pas seulement attiré l’attention avec le matériel de son premier iPhone pliable. Depuis la présentation de l’iPhone Duo, une petite animation utilisée lors de l’ouverture et de la fermeture de l’appareil est devenue l’un des détails les plus commentés de son interface.
Cette transition, pensée pour donner l’impression que le contenu se déplace physiquement d’un écran à l’autre, serait déjà étudiée par plusieurs fabricants chinois. Une preuve supplémentaire que, sur les smartphones pliables, l’expérience logicielle devient désormais aussi importante que la charnière ou la finesse du châssis.
Une transition qui relie les deux écrans du iPhone Duo
Lorsqu’un smartphone pliable passe de son écran externe à sa dalle interne, l’interface doit changer de format presque instantanément. Sur beaucoup d’appareils, cette opération reste assez fonctionnelle : l’application est simplement redimensionnée ou repositionnée.
Apple a choisi une approche plus théâtrale sur le iPhone Duo. Lors de l’ouverture ou de la fermeture, le contenu passe par une transition fortement floutée qui donne l’illusion que l’interface traverse physiquement le mouvement du téléphone. Au lieu de voir deux écrans fonctionner comme deux surfaces distinctes, l’utilisateur a davantage l’impression de manipuler une seule interface continue.
Le détail peut sembler mineur, mais il répond à l’un des problèmes spécifiques des smartphones pliables : rendre naturel le passage entre deux formats d’écran très différents.
Une vidéo publiée par MKBHD montrant cette animation a d’ailleurs généré plusieurs dizaines de millions de vues, signe que cette micro-interaction a réussi à dépasser le cercle des spécialistes de l’interface.
This iPhone duo animation pic.twitter.com/y7NftWpyXS
– Marques Brownlee (@MKBHD) September 9, 2026
Les fabricants chinois commenceraient déjà à l’étudier
Selon Digital Chat Station, plusieurs constructeurs chinois analyseraient actuellement cette animation afin d’en développer leur propre interprétation. Le leaker affirme même qu’un fabricant aurait déjà conçu une solution similaire, sans toutefois révéler son identité. Il est donc encore impossible de savoir si cette adaptation arrivera sur un produit commercial ou restera au stade de prototype interne.
L’intérêt des constructeurs n’aurait rien de très surprenant.

Contrairement à une puce A20 Pro ou à certains éléments de l’architecture matérielle du iPhone Duo, cette animation repose principalement sur le logiciel et sur la synchronisation avec les capteurs de la charnière. Elle peut donc être reproduite sans avoir besoin de copier l’architecture physique du téléphone.
Un développeur a d’ailleurs déjà démontré le principe sur un Galaxy Z Fold 8, en utilisant les informations du capteur de charnière pour contrôler une transition proche de celle d’Apple.
Cette expérience montre surtout que l’effet est techniquement accessible. La véritable difficulté sera de l’intégrer proprement à l’ensemble du système, aux applications et aux différentes positions intermédiaires du téléphone.
Une micro-interaction plus importante qu’elle n’en a l’air
Apple possède une longue tradition de travail sur les animations destinées à donner une sensation de poids ou de continuité aux éléments numériques.
L’effet élastique utilisé historiquement dans iOS, puis plus récemment certaines animations donnant l’impression que les icônes disposent d’une masse ou d’une inertie, reposent sur la même philosophie : rapprocher visuellement l’interface du comportement d’un objet physique.
Le iPhone Duo applique cette logique au format pliable. La transition ne change ni les performances du téléphone ni ses capacités fondamentales. Pourtant, elle peut modifier la perception de l’ensemble de l’expérience en réduisant la rupture entre l’écran externe et l’écran interne.
C’est précisément ce type de détail qui devient important lorsque les caractéristiques matérielles commencent à converger. Les fabricants savent désormais construire des pliables relativement fins, lumineux et puissants. La différence peut alors se déplacer vers la manière dont le logiciel accompagne le mouvement physique.
Android s’est toujours nourri des idées de ses concurrents
Si des fabricants Android reprennent cette approche, ce ne serait évidemment pas une première dans l’industrie. Les interfaces mobiles évoluent depuis des années par influences croisées. Apple a inspiré certains concepts ensuite repris par les constructeurs Android, tandis qu’iOS a lui-même intégré au fil du temps de nombreuses idées popularisées ailleurs.
La Dynamic Island constitue un exemple récent particulièrement visible. Après son apparition sur l’iPhone 14 Pro, plusieurs marques Android ont rapidement développé leurs propres interfaces autour du poinçon de la caméra frontale.
La logique est similaire ici, à une différence près : l’animation du iPhone Duo n’est pas une fonction directement visible sur une fiche technique. Elle relève davantage du langage visuel de l’appareil.
C’est ce qui la rend intéressante. Les prochaines batailles autour des pliables pourraient moins porter sur le nombre de mégapixels ou quelques dixièmes de millimètre que sur ces petites interactions capables de rendre l’appareil plus cohérent au quotidien.
Samsung et les autres ont intérêt à adapter plutôt qu’à copier
Reprendre une bonne idée n’a rien d’inhabituel, mais une simple duplication visuelle aurait peu d’intérêt. Samsung, Honor, OPPO, Vivo, Xiaomi ou Motorola disposent déjà de leurs propres systèmes multitâches, de leurs propres animations et de philosophies différentes pour gérer les écrans pliables. Une transition inspirée d’Apple aurait davantage de sens si elle s’intégrait à ces environnements plutôt que d’en reproduire fidèlement l’apparence.
Samsung pourrait par exemple l’utiliser pour renforcer la continuité entre Flex Mode, les applications fenêtrées et l’écran externe. D’autres fabricants pourraient privilégier une animation différente selon l’angle d’ouverture ou le type de contenu affiché.
La véritable innovation résiderait alors dans l’adaptation du concept. C’est d’ailleurs ainsi que progressent souvent les interfaces : une idée apparaît, les concurrents l’observent, puis chacun la transforme selon son propre matériel et ses usages.
L’iPhone Duo pourrait influencer le logiciel autant que le matériel
Apple arrive très tard sur le marché des smartphones pliables, mais cela ne signifie pas que son influence sera limitée.
Le constructeur n’a pas inventé le format livre, la charnière ou le multitâche sur grand écran. En revanche, il peut contribuer à déplacer l’attention vers des détails logiciels que le marché avait parfois relégués derrière la course à la finesse, aux capteurs photo ou aux capacités de batterie.
L’animation du iPhone Duo en est un bon exemple. Si les prochains pliables Android commencent eux aussi à traiter l’ouverture et la fermeture comme une transition continue plutôt que comme un simple changement d’écran, Apple aura déjà réussi à influencer le marché avec quelque chose d’aussi discret qu’une animation de quelques centaines de millisecondes.