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Intelligence Artificielle

#QuitGPT : 700 000 utilisateurs affirment avoir quitté OpenAI pour des raisons éthiques

#QuitGPT : 700 000 utilisateurs affirment avoir quitté OpenAI pour des raisons éthiques
#QuitGPT : 700 000 utilisateurs affirment avoir quitté OpenAI pour des raisons éthiques

Le mot-dièse #QuitGPT tourne en boucle sur X et Reddit, avec une affirmation devenue virale : « 700 000 utilisateurs ont quitté ChatGPT ». Le chiffre circule largement, mais il faut le lire pour ce qu’il est aujourd’hui : un indicateur de mobilisation, pas un audit certifié des comptes désactivés.

Plusieurs articles grand public reprennent ce volume en parlant de « engagements », de résiliations revendiquées ou d’un total « reportedly » attribué au mouvement.

D’où vient la colère : moins le prix, plus la politique et l’éthique

Dans ton texte, le déclencheur principal est présenté comme une hausse de prix (« Plus passé à 20 dollars/mois »). Problème : ChatGPT Plus est à 20 dollars/mois depuis longtemps, et OpenAI le rappelle encore dans ses communications récentes.

En revanche, deux éléments ont visiblement mis le feu aux poudres début 2026 :

  1. Les révélations sur un don politique de Greg Brockman (président et cofondateur d’OpenAI) à un Super PAC pro-Trump, largement relayées par Reuters et d’autres médias.
  2. Les controverses autour d’usages gouvernementaux liés à des outils « GPT-powered », qui alimentent un débat plus large sur « qui utilise l’IA, et pour quoi ».

Dit autrement, la dynamique QuitGPT ressemble moins à une « grève des prix » qu’à une coalition de maux (éthique, gouvernance, alignement politique, confiance).

Le chiffre des « 700 000 » : plausible comme signal, fragile comme mesure

Le mouvement dispose d’un site militant qui revendique l’ampleur de la campagne, et beaucoup de reprises utilisent un langage prudent (« d’après certaines informations », « affirmation »). Ce qu’on ne voit pas : une confirmation OpenAI du nombre de résiliations, ni un décompte indépendant.

En revanche, même si 700 000 était exact, l’impact « quantitatif » resterait limité à l’échelle de ChatGPT : OpenAI a déjà communiqué sur plus de 400 millions d’utilisateurs actifs hebdomadaires — ce qui remet l’exode dans un ordre de grandeur inférieur à 1 %.

Mais l’enjeu ici est surtout narratif : la perception de « perte de confiance » peut faire plus mal qu’une variation de volume.

« ChatGPT a-t-il vraiment empiré ? » — le débat le plus inflammable

Le mouvement s’appuie aussi sur une plainte devenue récurrente dans les communautés IA : réponses plus prudentes, plus « lisses », parfois moins utiles en code ou en écriture. Là, il est très difficile de trancher sans tests contrôlés : une partie relève du ressenti utilisateur, une autre des changements de modèles et de réglages de sécurité au fil du temps.

Ce qui est factuel : OpenAI ajuste régulièrement le comportement de ses modèles, et la « qualité perçue » peut varier selon le modèle actif, les garde-fous, et les prompts. Le backlash autour du retrait de GPT-4o (début 2026) illustre à quel point les utilisateurs peuvent s’attacher à une « personnalité » ou à un style.

Les destinations citées reviennent partout :

  • Gemini pour l’intégration Android/Google Workspace,
  • Claude pour le ton et le contexte long,
  • open source pour le contrôle et la souveraineté des données.

Ce tableau est cohérent avec l’état actuel du marché : les coûts de switch sont faibles (un autre onglet, une autre app) et l’écosystème propose désormais des alternatives crédibles.

Ce qu’OpenAI doit retenir

Même si QuitGPT est porté par une minorité visible, le signal est clair : l’IA grand public n’est plus en lune de miel. Les utilisateurs comparent, jugent, boycottent — et surtout, ils veulent que « l’IA » soit un produit transparent : transparence sur les changements de modèles, lisibilité de la politique de données, et cohérence de l’offre tarifaire (le trou entre Plus et Pro a longtemps été critiqué — ce qui rend plausible l’idée d’un palier intermédiaire comme « Pro Lite »).

Si #QuitGPT grossit, ce ne sera pas parce que ChatGPT « coûte trop cher ». Ce sera parce que la confiance coûte plus cher à reconstruire qu’un abonnement à 20 $.

Tags : ChatGPTOpenAI
Yohann Poiron

The author Yohann Poiron

J’ai fondé le BlogNT en 2010. Autodidacte en matière de développement de sites en PHP, j’ai toujours poussé ma curiosité sur les sujets et les actualités du Web. Je suis actuellement engagé en tant qu’architecte interopérabilité.