Le Terminal Linux d’Android pourrait bientôt être accessible à beaucoup plus d’utilisateurs. Jusqu’ici, cette fonctionnalité avancée de Google était principalement réservée aux smartphones Pixel équipés de processeurs Tensor. Mais une évolution de l’architecture de virtualisation d’Android ouvre désormais la voie à une compatibilité avec les puces Snapdragon de Qualcomm.
Cette nouveauté a été confirmée sur le REDMAGIC 12 Pro, équipé du Snapdragon 8 Elite Extreme Gen 6. Une évolution importante pour les utilisateurs qui souhaitent exploiter des environnements Linux directement depuis leur smartphone, sans avoir à passer par un ordinateur.
Pourquoi le Terminal Linux était-il limité aux Pixel ?
L’application Terminal Linux de Google permet d’exécuter un environnement Linux sur Android. Elle s’adresse notamment aux développeurs et aux utilisateurs avancés qui souhaitent accéder à des outils en ligne de commande, lancer des applications ou travailler dans un environnement proche de celui d’un ordinateur.
Son fonctionnement repose sur la virtualisation. Pour utiliser cette application, un smartphone doit prendre en charge l’Android Virtualization Framework (AVF), ainsi que disposer de machines virtuelles compatibles.
Jusqu’à présent, cette combinaison était principalement disponible sur les appareils Pixel équipés de processeurs Tensor. La situation était différente chez Qualcomm : malgré la popularité des Snapdragon dans les smartphones Android, les générations précédentes de ces puces ne permettaient pas d’utiliser le Terminal Linux dans les mêmes conditions.
Qualcomm adopte l’architecture de virtualisation de Google
Un indice important est apparu dans une annonce de sécurité publiée par Google le mois dernier. L’entreprise y évoque l’extension de son architecture de sécurité et de virtualisation à davantage de fabricants de composants.
Google indique notamment que MediaTek a récemment annoncé la prise en charge de son environnement On-device AI seal, reposant sur protected KVM (pKVM), avec le Dimensity 9600 Pro. Le groupe précise également que les processeurs Snapdragon de Qualcomm prendront en charge cette architecture via l’Android Virtualization Framework, dans le cadre de son déploiement à l’ensemble de l’écosystème des semi-conducteurs.
Cette déclaration laissait entrevoir une évolution importante pour les smartphones équipés des dernières puces Qualcomm. Elle ne constituait toutefois pas, à elle seule, une confirmation de la compatibilité effective avec l’application Terminal Linux.
C’est finalement le site 9to5Google qui a confirmé que l’application fonctionnait sur le REDMAGIC 12 Pro, doté du Snapdragon 8 Elite Extreme Gen 6. Il s’agit d’un premier exemple concret de cette ouverture aux processeurs Qualcomm.
Une compatibilité qui pourrait s’étendre aux smartphones de 2027
Cette évolution pourrait concerner de nombreux futurs smartphones Android. Plusieurs constructeurs préparent déjà des appareils reposant sur les nouvelles générations de processeurs Snapdragon, notamment le HONOR Magic 9 Pro Max.
Les lancements prévus en 2027 pourraient donc élargir considérablement le nombre de terminaux compatibles avec le Terminal Linux. Les utilisateurs ne seraient plus obligés de choisir un Pixel pour profiter de cette possibilité, à condition que leur appareil prenne effectivement en charge les composants logiciels et matériels nécessaires.
Il faut néanmoins distinguer la prise en charge de l’architecture AVF par les puces Snapdragon de la compatibilité garantie de chaque smartphone avec l’application. Celle-ci dépendra aussi de l’intégration réalisée par les fabricants et des configurations logicielles proposées.
Android se rapproche un peu plus d’un environnement de travail Linux
Pour la majorité des utilisateurs, cette nouveauté restera probablement secondaire. Le Terminal Linux demeure un outil spécialisé, qui intéresse surtout les développeurs, les administrateurs système et les amateurs de personnalisation avancée.
Mais son ouverture aux processeurs Snapdragon représente une étape importante pour Android. Elle permet d’envisager un environnement Linux virtualisé sur un éventail beaucoup plus large de smartphones, sans dépendre exclusivement du matériel conçu par Google.
Si cette compatibilité se généralise, les smartphones Android haut de gamme pourraient devenir des plateformes de travail plus polyvalentes, capables de faire fonctionner des outils Linux dans un environnement isolé. Une perspective particulièrement intéressante pour ceux qui souhaitent exploiter davantage la puissance de leur téléphone.