Qualcomm et MediaTek ont présenté à une semaine d’écart leurs puces mobiles les plus puissantes, et pour la première fois depuis trois ans, les deux passent à une nouvelle gravure : le 2 nm de TSMC (N2P), après trois générations en 3 nm.
Le Dimensity 9600 Pro a été annoncé par MediaTek le 15 septembre, le Snapdragon 8 Elite Extreme Gen 6 par Qualcomm au Snapdragon Summit, une semaine plus tard. Les premiers téléphones sont déjà là, mais limités à la Chine pour l’instant.
Ce comparatif s’appuie sur les fiches des deux constructeurs. Les benchmarks ont été mesurés sur deux téléphones différents — un Xiaomi 18 Pro Max pour Qualcomm, un vivo X500 Pro Max pour MediaTek — avec leurs propres refroidissements et réglages : l’écart mesuré n’est donc pas celui des seules puces. La rédaction n’a rien mesuré elle-même.
CPU : deux architectures pour viser le même sommet
Qualcomm conserve une configuration 2+6 : deux cœurs Prime à 5,0 GHz — un record sur une puce mobile — et six cœurs Performance à 4,0 GHz, avec un gain annoncé de 13 % en performances et de 37 % en efficacité face à la génération précédente.

MediaTek remanie sa grille avec une configuration 2+3+3 basée sur les derniers cœurs Arm : deux C2-Ultra jusqu’à 4,55 GHz, trois C2-Pro à 4,35 GHz et trois autres à 3,1 GHz — un cœur de faible puissance a cédé la place à un cœur Prime. Le constructeur annonce +17 % en mono-cœur et +15 % en multi-cœur, avec 61 % de consommation en moins en multi-cœur à performances équivalentes.
Ces chiffres se mesurent chacun face à la précédente génération de la marque : ils ne se comparent pas entre eux.
GPU et IA : l’IA dans le GPU contre un NPU central
Qualcomm déplace une partie du traitement IA directement dans le GPU. Le Adreno 850 embarque des blocs matriciels dédiés et 18 Mo de mémoire rapide, ce qui évite d’envoyer les données au NPU Hexagon puis de les rapatrier dans le pipeline graphique. Qualcomm annonce +44 % de performances GPU et +40 % d’efficacité face à la génération précédente.
MediaTek garde le GPU Mali-G2 Ultra NX MP12 d’Arm et mise sur le reste de la puce : bus et cohérence de cache améliorés, et un NPU 1090 pensé comme un centre qui alimente en temps réel le GPU, le CPU et l’ISP. Le constructeur annonce +27 % de performances de pointe, +18 % en ray tracing et jusqu’à 185 images par seconde en jeu.
Côté IA, les deux annoncent la prise en charge de modèles allant jusqu’à 30 milliards de paramètres en local.
Photo, vidéo et connectivité
Les deux puces filment en 8K/60 et en ralenti 4K/240. Le Snapdragon va plus loin sur le papier avec un ISP 20 bits capable de gérer jusqu’à trois capteurs de 64 mégapixels sans délai au déclenchement, un maximum de 320 mégapixels sur un seul capteur et une accélération matérielle du codec professionnel APV. Le Dimensity plafonne à 200 mégapixels sur un seul capteur, avec une plage dynamique annoncée de 17 EV.

Sur la connectivité, l’écart est net en faveur de Qualcomm : modem X105 annoncé à 14,8 Gb/s en réception et 4,2 Gb/s en émission, Wi-Fi 8 (jusqu’à 11,6 Gb/s) et Bluetooth 6.0. MediaTek reste sur un modem 3GPP Release 17 au-delà de 7,4 Gb/s, du Wi-Fi 7 (7,3 Gb/s maximum) et du Bluetooth 6.2.
Benchmarks : un duel plus serré que prévu
Sur Geekbench 7, le Snapdragon marque 3 163 points en mono-cœur contre 2 600 pour le Dimensity, soit 21 % de mieux. En multi-cœur, la situation s’inverse légèrement : 10 634 pour le Dimensity contre 10 172, environ 4 % d’avance pour MediaTek.
Sur AnTuTu, le Snapdragon reste devant avec environ 4,59 millions de points contre 4,32 millions, soit 6 % d’écart. Le détail nuance ce résultat : Qualcomm gagne au CPU (+7 %), à la mémoire et à l’interface, mais le Dimensity passe devant au GPU (+5 %, 1,86 contre 1,76 million).
Ces mesures, prises sur des téléphones commerciaux, sont nettement inférieures aux scores Geekbench 7 « précoces » relayés avant les lancements pour le Snapdragon 8 Elite Extreme Gen 6, mentionnés dans mon comparatif des deux puces Qualcomm. Rien d’anormal : un score pré-lancement dépend du prototype et de ses réglages, quand une mesure sur appareil commercial reflète aussi la dissipation thermique et les limites de consommation choisies par le fabricant.
Quels téléphones, et quand en France ?
Le Snapdragon 8 Elite Extreme Gen 6 équipe notamment le Xiaomi 18 Pro Max, le Honor Magic 9 Pro Max et le OnePlus 16, et sera sur le RedMagic 12 Pro+. Le Dimensity 9600 Pro se retrouve dans le vivo X500 Pro Max et le OPPO Find X10 Pro Max.
Tous ces téléphones sont pour l’instant limités à la Chine : certains arriveront à l’international dans les prochaines semaines, et l’année prochaine devrait en apporter des dizaines d’autres.
Laquelle choisir ?
Le choix de la puce se fera en réalité sur le téléphone, pas sur la puce. Sur la fiche technique, le Snapdragon 8 Elite Extreme Gen 6 a l’avantage : fréquence record, mono-cœur nettement devant, photo-vidéo et connectivité plus poussées. Le Dimensity 9600 Pro répond par un multi-cœur légèrement supérieur, un GPU mieux noté sur AnTuTu et des gains d’efficacité annoncés très élevés en charge multi-cœur.
L’écart réel d’autonomie, de chauffe et de jeu ne se jugera que sur des tests de téléphones en conditions identiques.
Comparatif établi le 6 octobre 2026 à partir des annonces des deux constructeurs. Les benchmarks ont été mesurés sur deux téléphones différents et n’ont pas été réalisés par la rédaction ; les gains annoncés par chaque marque se mesurent face à sa propre génération précédente. Cette page sera mise à jour après nos propres tests.