Le nouvel agent IAL'IA agentique désigne les systèmes d'intelligence artificielle capables de planifier puis d'exécuter eux-mêmes des tâches complexes — réserver, coder, naviguer sur le Web, piloter des logiciels — plutôt que de se contenter de répondre à une question. Lire la fiche personnel de Meta, Muse, semble connaître un démarrage particulièrement rapide. Selon des données internes consultées par The Information, plus de 3 millions de personnes utilisent Muse au moins une fois par semaine, tandis que plus d’un million lui adressent une requête chaque jour.
Le chiffre hebdomadaire s’inscrit dans une audience encore plus large : plus de 4 millions de personnes utiliseraient Muse d’une manière ou d’une autre chaque semaine. Meta a lancé son agent aux États-Unis il y a seulement trois semaines. Ces chiffres n’ont toutefois pas été vérifiés indépendamment.
5 millions de téléchargements en 22 jours
Les statistiques de téléchargement donnent également une idée de la vitesse à laquelle Muse se diffuse. Selon une estimation de Kara Lee, analyste chez Sensor Tower, l’application aurait franchi le cap des 5 millions de téléchargements en seulement 22 jours.
À titre de comparaison, Sensor Tower estime qu’il a fallu 56 jours à ChatGPT pour atteindre ce niveau, 103 jours à Grok et 492 jours à Claude. Muse est disponible sur iOS et Android, mais son déploiement reste pour l’instant limité aux États-Unis et au Canada.
Meta aurait largement contribué à cette accélération grâce à sa propre puissance publicitaire. L’entreprise a augmenté ses dépenses publicitaires consacrées à Muse à partir du 16 septembre, entraînant une hausse de 73 % des téléchargements ce jour-là selon Sensor Tower.
Entre le 14 et le 27 septembre, Muse aurait représenté jusqu’à la moitié des impressions publicitaires internes quotidiennes de Meta. Facebook et WhatsAppWhatsApp est l'application de messagerie de Meta, chiffrée de bout en bout par défaut, utilisée par plus de 2 milliards de personnes dans le monde. Lire la fiche auraient ainsi vu leur part diminuer temporairement au profit du nouvel agent.
Un lancement qui attire aussi les investisseurs
L’engouement autour de Muse ne se limite pas aux téléchargements et à l’usage. Le lancement semble également avoir été bien accueilli par les marchés. Les actions Meta ont progressé de 11 % le 22 septembre, alors que les investisseurs semblaient intégrer plus favorablement les perspectives liées au nouvel agent IA.
Toutefois, il reste difficile d’établir un lien direct entre cette progression boursière et les performances de Muse à partir des seules données disponibles.
Muse demande un accès très large
La croissance rapide de l’agent s’accompagne d’interrogations importantes sur les données auxquelles il peut accéder. Le journaliste de la BBC Thomas Germain a testé Muse pendant une semaine. Lors de sa configuration, l’agent lui a demandé l’accès à Gmail, au calendrier et, sur Mac, à l’ensemble de l’ordinateur.
Cette capacité d’action constitue précisément l’une des différences entre un chatbot traditionnel et un agent IA personnel. Muse ne se contente pas de répondre à des questions : il peut potentiellement interagir avec les outils et les données de l’utilisateur pour accomplir des tâches.
Meta utilise par ailleurs les données de Muse pour entraîner ses modèles d’IA par défaut. L’entreprise affirme supprimer au préalable les informations personnelles et indique que les utilisateurs peuvent désactiver cette utilisation dans les paramètres.
Une faille de sécurité corrigée rapidement
La question de la sécurité s’est également invitée dès les premières semaines de disponibilité de Muse. Patrick Wardle, cofondateur de l’organisation de sécurité Objective-See, a identifié une faille critique dans l’application, selon la BBC.
Meta aurait corrigé rapidement cette vulnérabilité. L’entreprise affirme également avoir retardé le lancement de Muse pendant plusieurs mois afin de réaliser davantage de tests consacrés à la confidentialité et à la sécurité.
Ce point sera particulièrement surveillé à mesure que les agents IA obtiennent davantage d’autorisations sur les appareils. Plus un agent peut accéder aux applications, fichiers et comptes d’un utilisateur, plus une faille peut potentiellement avoir des conséquences importantes.
Amazon bloque déjà Muse
La confiance autour de ces nouveaux agents reste d’ailleurs loin d’être acquise. Amazon a ainsi bloqué Muse de ses services d’achat, aux côtés de PerplexityUn moteur de recherche dopé à l'IA qui interroge le web en temps réel et cite systématiquement ses sources. Lire la fiche.
Cette décision illustre un problème plus large pour les agents IA : leur capacité à agir directement sur des services tiers peut entrer en conflit avec les politiques d’accès, de sécurité ou d’automatisation mises en place par ces plateformes.
Avec plusieurs millions d’utilisateurs en quelques semaines, Muse dispose déjà d’une base suffisamment importante pour faire de Meta un acteur majeur de cette nouvelle génération d’assistants. Mais son succès dépendra autant de sa capacité à effectuer des tâches utiles que de la confiance que les utilisateurs accepteront d’accorder à un agent capable d’accéder à une part croissante de leur vie numérique.