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Décryptage

Nvidia -9 %, AMD -17 % : pourquoi la bourse a décroché sur l’IA

L'ESSENTIEL
  • Nasdaq -5,52 % le 5 novembre, sa pire séance depuis avril 2025 ; Nvidia -9,3 %, AMD -17,3 %.
  • Les analystes citent la victoire démocrate aux mi-mandat, le financement de l’IA et les prévisions de Qualcomm.
  • Aucune cause n’est démontrée : la demande d’IA ne s’est pas effondrée, les résultats d’AMD et d’Intel restent solides.

Jeudi 5 novembre, le Nasdaq a perdu 5,52 % en une séance, sa pire journée depuis avril 2025, selon Fox Business. Nvidia a cédé environ 9,3 % et AMD environ 17,3 % à la clôture, d’après TechStartups.

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Le S&P 500 a reculé de 4,36 % et le Dow Jones de 1 833 points (3,44 %). Nvidia a perdu environ 450 milliards de dollars de capitalisation en une journée, un chiffre que IBTimes reprend de CNBC.

Prudence toutefois sur les explications : aucune ne fait consensus, et les analystes parlent d’un faisceau de craintes, pas d’un événement unique. Les chiffres ci-dessus sont ceux de la clôture ; ceux cités en cours de séance étaient moins sévères.

Ce qui s’est passé à la clôture

Le Nasdaq Composite est entré en zone de correction, c’est-à-dire plus de 10 % sous son record, et la séance efface le rebond de la veille. Du côté des semi-conducteurs, l’indice de Philadelphie des puces a lâché plus de 12 %, et le fonds coté SOXX connaît, selon CNBC, sa pire journée depuis mars 2020.

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Les fournisseurs de capacité de calcul sont touchés plus fort encore : IREN, Applied Digital et Nebius ont chacun perdu plus de 14 %, et Meta a reculé de près de 4 %, d’après Fox Business. Les producteurs d’électricité liés aux data centers, comme GE Vernova et Constellation Energy, ont aussi chuté.

Les explications avancées par les analystes

La première piste est politique. Les élections de mi-mandat américaines du 3 novembre ont donné une large victoire aux démocrates, et les marchés craignent des restrictions, voire des moratoires, sur la construction de data centers. Jakub Rochlitz, analyste chez eToro, résume l’interprétation du marché : l’infrastructure de l’IA deviendrait « plus lente et plus chère » à déployer. La hausse des prix de l’électricité a fait de ces centres un sujet politique.

La deuxième piste est financière. Selon CNBC, via IBTimes, les investisseurs s’inquiètent de la hausse des taux d’intérêt, des besoins de capitaux et d’entreprises qui accumulent de la dette plus vite qu’elles ne génèrent de revenus. Ce doute rejoint celui que nous décrivions dans notre article sur l’alerte de la Banque de France et dans celui sur les 2 000 milliards de dollars envolés.

La troisième piste est propre au secteur : Qualcomm a publié une prévision de trimestre plus faible qu’attendu, ce qui a ajouté un revers individuel à la baisse générale, d’après IBTimes. Nous avions détaillé son pari sur les centres de données dans cet article.

Ce qui reste incertain

Aucune de ces causes n’est démontrée. La baisse ne prouve pas que la demande d’IA s’effondre : IBTimes relève que les ventes de centres de données d’AMD ont plus que doublé et celles d’Intel progressé de 78 %, et que les deux titres ont pourtant chuté. Le marché semble donc sanctionner l’avenir du financement, pas les résultats actuels. Côté historique, un analyste cité par CNBC rappelle que le Nasdaq a monté douze mois après les élections de mi-mandat dans 12 des 13 cycles depuis 1974, avec « un chemin parfois volatil ».

Nous n’avons pas pu lire la dépêche de l’Associated Press, source habituelle de ces chiffres ; ils sont recoupés sur Fox Business, TechStartups et IBTimes, qui concordent à quelques centièmes près.

Reste à voir si la baisse se prolonge

Reste à savoir si la séance de vendredi confirmera ou non le mouvement, et si les États américains concrétisent leurs restrictions sur les data centers. C’est ce calendrier, plus que les résultats trimestriels, qui dira si les craintes du 5 novembre étaient justifiées. Nous mettrons cet article à jour si le sujet évolue.

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