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Bulle de l'IA : pourquoi la Banque de France tire la sonnette d'alarme

Décryptage

Bulle de l’IA : pourquoi la Banque de France tire la sonnette d’alarme

L'ESSENTIEL
  • Emmanuel Moulin juge les investissements dans l'IA démesurés et de plus en plus financés par la dette.
  • Les Européens détiendraient 15 à 20 % des titres américains : une chute à Wall Street se répercuterait en Europe.
  • L'afflux d'émissions de dette des géants de la tech pourrait peser sur les marchés obligataires européens.

Le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, alerte sur le risque d’une bulle financière autour de l’intelligence artificielle. Lors d’une conférence à Barcelone lundi 2 novembre, il a averti qu’une chute des valorisations américaines pourrait toucher l’Europe, selon Maddyness.

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Son argument tient en une phrase : « On peut donc avoir un effet de contagion en Europe » Les investissements massifs dans l’IA sont de plus en plus financés par la dette, ce qui rend le système plus fragile en cas de retournement.

Emmanuel Moulin, qui siège aussi au conseil de la BCE, ne prédit pas de krach et reste optimiste sur le potentiel de l’IA pour la productivité.

Ce que dit le gouverneur de la Banque de France

Selon Emmanuel Moulin, les géants de la technologie investissent dans l’IA à un rythme jugé démesuré par rapport aux bénéfices qu’ils génèrent. Ces dépenses, d’abord financées par les fonds propres des entreprises, reposent désormais de plus en plus sur l’emprunt. Le marché compare la situation à la bulle Internet des années 1990 et du début des années 2000.

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Le risque pour l’Europe passe par la Bourse : les Européens détiendraient entre 15 % et 20 % des titres américains, d’après les estimations citées. Une correction à Wall Street réduirait donc la valeur de l’épargne et des portefeuilles de fonds européens.

Le gouverneur s’inquiète aussi de l’emploi : les entreprises qui intègrent le plus l’IA réduiraient déjà leurs embauches, surtout celles de jeunes. C’est le versant social d’une technologie qu’il juge par ailleurs prometteuse.

Pourquoi la dette inquiète

Boursorama, à partir de dépêches Reuters, détaille cet endettement. Les marchés américains ont absorbé plus de 250 milliards de dollars de dette technologique depuis le début de l’année, soit 81 % de plus qu’en 2025. En Europe, les émissions du secteur atteignent 39,3 milliards de dollars, selon LSEG.

Christine Lagarde, la présidente de la BCE, a déclaré que les emprunts des géants du cloud ont contribué à la hausse des rendements de la dette des États. Fidelity International s’attend à 40 à 60 milliards d’euros d’émissions en préparation, et BNP Paribas prévoit que l’offre nette d’obligations d’entreprises en euros passe de 105 à 192 milliards d’euros en 2027.

Le lien avec les valeurs tech et Nvidia

L’alerte intervient après un mois d’octobre difficile. Comme nous l’avons expliqué dans notre article sur les 2 000 milliards de dollars envolés, le Nasdaq-100 a perdu plus de 2 000 milliards de dollars de capitalisation sur le mois, avec des chutes marquées pour Alphabet et Intel.

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Nvidia, fournisseur des puces au cœur de ces investissements, sert de baromètre : ses résultats, attendus à la mi-novembre, diront si la demande d’équipements ralentit. Les sources consultées pour cet article ne détaillent pas l’exposition de la Banque de France à Nvidia ni à d’autres valeurs, et ne formulent aucune recommandation.

Pour un épargnant français, la contagion passe surtout par les fonds actions, l’assurance-vie en unités de compte et les plans d’épargne retraite, qui contiennent souvent des titres américains. Ceci ne constitue pas un conseil financier.

Reste à savoir si l’Europe sera vraiment touchée

Reste à savoir si la correction de l’automne se poursuivra et si les marchés de la dette européenne absorberont l’afflux d’émissions annoncé pour 2027. Cet article sera complété si le gouverneur ou la BCE précisent leur analyse.

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