Apple accélère enfin sensiblement la recharge filaire de ses iPhone. Les nouveaux iPhone 18 Pro et iPhone 18 Pro Max peuvent récupérer 50 % de batterie en environ 15 minutes, contre une vingtaine de minutes sur la génération précédente.
Cette progression s’accompagne toutefois d’une condition importante : disposer d’un chargeur compatible avec USB Power Delivery 3.1 et Adjustable Voltage Supply (AVS). La puissance affichée sur l’adaptateur ne suffit donc pas, au point que certains chargeurs de MacBook pourtant beaucoup plus puissants ne permettent pas d’atteindre la vitesse maximale.
50 % de batterie en 15 minutes sur les iPhone 18 Pro
Apple annonce une recharge jusqu’à 50 % en une quinzaine de minutes sur ses deux nouveaux modèles Pro. À titre de comparaison, les iPhone 17 Pro demandaient environ 20 minutes pour atteindre le même niveau. Le gain représente donc environ cinq minutes, soit une réduction de 25 % du temps nécessaire pour cette recharge rapide.
Apple met également en avant un scénario particulièrement parlant : cinq minutes branché suffiraient à récupérer jusqu’à six heures de lecture vidéo sur l’iPhone 18 Pro. Ce type de recharge courte est sans doute plus représentatif de l’intérêt d’une puissance supérieure qu’une recharge complète, puisque les smartphones réduisent progressivement la puissance reçue lorsque leur batterie approche de 100 %.

L’amélioration reste modeste face à certains smartphones Android capables d’accepter des puissances dépassant largement 100 W, mais elle constitue une évolution importante dans l’écosystème Apple, historiquement beaucoup plus conservateur sur ce terrain.
La contrepartie est que les 15 minutes annoncées ne sont accessibles qu’avec une alimentation possédant les bonnes caractéristiques.
Un chargeur 60 W ne suffit pas nécessairement
Pour atteindre la vitesse maximale, l’adaptateur doit prendre en charge une puissance de pointe de 60 W, USB Power Delivery 3.1 et surtout AVS, pour Adjustable Voltage Supply. Apple propose pour cela son adaptateur Dynamic Power Adapter de 40 W, capable de monter ponctuellement jusqu’à 60 W dans les conditions compatibles. Associé à un câble USB-C adapté, il permet d’atteindre les performances de recharge annoncées pour les iPhone 18 Pro.
La subtilité vient du fait qu’un chargeur affichant une puissance supérieure n’est pas automatiquement plus rapide.
Les adaptateurs Apple de 96 W et 140 W destinés aux MacBook peuvent évidemment recharger les nouveaux iPhone, mais ils ne prendraient pas en charge le profil AVS nécessaire pour atteindre leur puissance de recharge maximale. Même constat pour certains adaptateurs tiers de 45 W ou davantage : sans le bon protocole, l’iPhone resterait plus proche des performances de la génération précédente, avec environ 20 minutes nécessaires pour récupérer 50 %.
Autrement dit, la puissance maximale inscrite sur un chargeur USB-C ne raconte qu’une partie de l’histoire. Les profils de tension qu’il est capable de négocier avec l’appareil deviennent tout aussi importants.
AVS n’est pas une technologie propriétaire d’Apple
Cette contrainte pourrait donner l’impression qu’Apple réserve une nouvelle fois les meilleures performances à son propre accessoire. La réalité est un peu plus nuancée. Adjustable Voltage Supply n’est pas une technologie propriétaire développée à Cupertino. AVS fait partie des spécifications USB Power Delivery définies par l’USB-IF et permet à l’alimentation d’ajuster plus finement la tension délivrée à l’appareil.
Un chargeur ou une batterie externe correctement compatible avec les spécifications requises peut donc, en principe, offrir les mêmes performances que l’adaptateur Apple. Le problème est plutôt celui de la compatibilité du parc existant. De nombreux chargeurs USB-C actuellement en circulation disposent d’une puissance largement suffisante, mais ont été conçus avant que ce type de profil devienne pertinent pour un smartphone Apple.
Un adaptateur de MacBook de 140 W peut ainsi sembler surdimensionné pour un iPhone, tout en étant incapable de lui fournir exactement le profil électrique dont il a besoin pour atteindre sa nouvelle vitesse maximale.
Pour les utilisateurs, cela rend les fiches techniques des chargeurs plus importantes qu’auparavant : chercher uniquement « 60 W » ou « 100 W » ne garantit plus le résultat attendu.
Aucun adaptateur dans la boîte
Comme sur les précédentes générations, Apple ne fournit pas de bloc d’alimentation avec les iPhone 18 Pro. La boîte contient uniquement le câble USB-C nécessaire à la recharge. Les utilisateurs souhaitant profiter immédiatement des 15 minutes annoncées devront donc vérifier leur équipement existant ou acheter un nouvel adaptateur compatible.
C’est probablement le point le plus discutable de cette évolution. Apple améliore enfin sensiblement les performances de recharge, mais une partie de ses propres utilisateurs possède déjà des chargeurs USB-C très puissants qui ne pourront pas exploiter entièrement cette nouveauté.
Le problème n’est pas réellement celui d’un verrou propriétaire puisque des fabricants tiers peuvent adopter AVS. Il s’agit plutôt d’une transition de standard qui risque de créer de la confusion : un chargeur de 140 W peut être moins performant avec l’iPhone 18 Pro qu’un modèle plus récent affichant une puissance nominale bien inférieure.
À terme, la multiplication des adaptateurs USB PD 3.1 compatibles devrait rendre cette distinction beaucoup moins visible. Pour cette première génération, mieux vaudra cependant vérifier explicitement la prise en charge d’AVS avant tout achat.
MagSafe progresse également
Apple améliore parallèlement la recharge sans fil. Avec un chargeur MagSafe et un adaptateur secteur d’au moins 35 W compatible, les iPhone 18 Pro peuvent atteindre 50 % de batterie en environ 30 minutes. La recharge filaire conserve donc un avantage important lorsqu’il faut récupérer rapidement de l’autonomie, mais MagSafe devient plus crédible pour les utilisateurs qui privilégient la simplicité au quotidien.
Cette amélioration prend également davantage de sens avec les progrès réalisés sur l’autonomie des nouveaux modèles. L’iPhone 18 Pro atteint désormais 36 heures de lecture vidéo annoncées par Apple, tandis que le Pro Max monte à 45 heures. La combinaison d’une meilleure endurance et d’une recharge plus rapide réduit progressivement l’un des écarts historiques entre les iPhone et certains flagships Android.
Apple reste loin de participer à la course aux puissances de 100 W, 120 W ou davantage, mais sa stratégie consiste manifestement à augmenter les performances sans pousser la batterie vers des régimes de recharge aussi agressifs.
L’iPhone Duo profite de la même évolution
Le nouveau iPhone Duo bénéficie lui aussi de cette recharge accélérée. Les mêmes conditions s’appliquent : il faudra utiliser une alimentation prenant en charge le profil requis pour obtenir les performances maximales. Cette harmonisation est importante pour Apple. Le Duo est un appareil beaucoup plus complexe, avec deux batteries réparties dans son châssis pliable, mais la marque conserve une logique de recharge commune avec les iPhone 18 Pro.
Pour un produit vendu à partir de 2 339 euros, la possibilité de récupérer rapidement plusieurs heures d’autonomie est particulièrement bienvenue. Là encore, l’expérience dépendra toutefois du chargeur utilisé.
Apple accélère enfin, mais l’USB-C devient plus complexe
Le passage de 20 à 15 minutes pour atteindre 50 % ne permettra pas à Apple de reprendre le titre symbolique de la recharge la plus rapide du marché. Ce n’est visiblement pas l’objectif. La véritable évolution réside plutôt dans la capacité de l’iPhone à accepter davantage de puissance tout en restant dans l’écosystème standardisé d’USB Power Delivery.
L’adoption d’AVS ouvre également la voie aux fabricants d’accessoires. À mesure que les nouveaux chargeurs GaN et batteries externes intégreront correctement PD 3.1 et les profils nécessaires, l’adaptateur d’Apple ne devrait plus être la seule solution évidente pour atteindre les performances maximales.
Reste une situation assez paradoxale pour cette génération : certains utilisateurs possèdent déjà des chargeurs Apple de 96 ou 140 W, mais devront potentiellement utiliser un autre adaptateur, moins puissant sur le papier, pour recharger leur nouvel iPhone aussi vite que possible.
Avec les iPhone 18 Pro, Apple réduit enfin sensiblement le temps passé près d’une prise. Mais cette génération rappelle surtout une nouvelle réalité de l’USB-C : avoir suffisamment de watts ne suffit plus, encore faut-il que le chargeur et le smartphone parlent exactement le même langage.