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Intelligence Artificielle

Google DeepMind : retards de Gemini, départs de chercheurs et tensions internes fragiliseraient l’IA de Google

Google DeepMind : retards de Gemini, départs de chercheurs et tensions internes fragiliseraient l’IA de Google
Google DeepMind : retards de Gemini, départs de chercheurs et tensions internes fragiliseraient l’IA de Google

Google investit plus que jamais dans l’intelligence artificielle, mais les tensions internes commencent à alimenter les interrogations. Selon plusieurs témoignages rapportés par Axios, le laboratoire Google DeepMind traverserait une période de baisse de moral, de départs de chercheurs et de retards dans le développement de ses modèles d’IA.

Si Google conteste cette lecture, ces informations interviennent à un moment délicat, alors que la concurrence d’OpenAI, Anthropic et Meta s’intensifie et que les investissements colossaux du groupe sont scrutés de près par les marchés.

Gemini 3.5 Pro accumulerait du retard

Au cœur des critiques figure Gemini 3.5 Pro, présenté comme le futur modèle phare de Google. Selon Bloomberg, son lancement aurait pris plusieurs mois de retard. Dans le même temps, Google a bien dévoilé une nouvelle série de modèles plus légers et moins coûteux, destinés à répondre à la demande croissante pour des IA plus rapides et plus économiques.

Leur accueil est toutefois resté mitigé.

Cette situation a rapidement été exploitée par les concurrents. Alexandr Wang, figure de Meta AI, n’a d’ailleurs pas hésité à ironiser publiquement sur les réseaux sociaux, illustrant l’intensité de la rivalité qui anime désormais le secteur.

Des investissements records sous pression

Ces difficultés interviennent alors que Google accélère massivement ses investissements dans l’intelligence artificielle. Malgré des résultats financiers supérieurs aux attentes, plusieurs indicateurs interrogent.

Selon les chiffres publiés par l’entreprise, les dépenses consacrées à l’IA continuent de progresser fortement, les investissements annuels pourraient atteindre près de 190 milliards de dollars et le flux de trésorerie disponible est devenu négatif, principalement en raison de ces dépenses.

Dans le même temps, si les activités cloud poursuivent leur forte croissance, les performances de la recherche en ligne apparaissent moins dynamiques, alimentant les interrogations sur le retour sur investissement de cette stratégie.

Une guerre des talents qui fragilise DeepMind

Au-delà des aspects financiers, c’est surtout la question des ressources humaines qui inquiète. Selon Axios, plusieurs chercheurs de premier plan auraient quitté Google ces derniers mois pour rejoindre des concurrents. Parmi les départs les plus marquants figureraient notamment Noam Shazeer, co-responsable de Gemini, parti rejoindre OpenAI, et John Jumper, lauréat du prix Nobel de chimie, désormais chez Anthropic.

D’après plusieurs employés actuels ou anciens interrogés par le média américain, cette fuite des talents compliquerait le développement des futurs modèles de Google.

Certains évoquent même un sentiment croissant de retard face aux progrès réalisés par les laboratoires concurrents.

Le contrat avec le Pentagone ravive les tensions

Un autre sujet reviendrait régulièrement dans les discussions internes. Plusieurs anciens collaborateurs expliquent que l’accord signé entre Google et le Département de la Défense des États-Unis au printemps aurait provoqué des désaccords importants au sein des équipes. Selon ces témoignages, certains chercheurs auraient choisi de quitter l’entreprise en raison de cette collaboration militaire.

D’autres décrivent un climat de tension permanent ayant conduit à une forme d’épuisement moral.

Ces affirmations n’ont toutefois pas été confirmées par Google.

Google conteste ces accusations

Interrogée sur ces informations, l’entreprise rejette largement ce diagnostic. Google affirme que le taux de départ des spécialistes de l’IA est inférieur à celui observé l’an dernier, plus de 90 % des candidats recevant une offre d’emploi dans les équipes IA l’acceptent et les récents lancements autour de Gemini Flash répondent pleinement à la feuille de route du groupe.

Le PDG de Google DeepMind, Demis Hassabis, a également récemment publié un nouveau cadre consacré à la sécurité de l’intelligence artificielle, réaffirmant les priorités stratégiques de l’entreprise.

La véritable bataille de l’IA se joue désormais sur les talents

Au-delà des performances des modèles ou des classements publiés par les plateformes de benchmark, cette affaire met en lumière un enjeu devenu central dans l’industrie de l’intelligence artificielle : la capacité à attirer et surtout à retenir les meilleurs chercheurs. Depuis deux ans, OpenAI, Anthropic, Meta, xAI ou encore Google se livrent une compétition sans précédent où les talents sont parfois plus précieux que les infrastructures ou les puces graphiques.

Google conserve des ressources financières considérables et l’un des écosystèmes technologiques les plus puissants au monde. Mais dans un secteur où les avancées se mesurent désormais en semaines plutôt qu’en années, le moral des équipes, la culture interne et la vitesse d’exécution deviennent des avantages concurrentiels aussi importants que la puissance de calcul. Si les informations rapportées par Axios reflètent réellement une tendance de fond, le défi de Google ne sera peut-être pas seulement de rattraper ses concurrents sur Gemini… mais de convaincre ses propres chercheurs que l’avenir de l’IA se construit encore chez DeepMind.

Tags : GeminiGoogleGoogle DeepMind
Yohann Poiron

The author Yohann Poiron

J’ai fondé le BlogNT en 2010. Autodidacte en matière de développement de sites en PHP, j’ai toujours poussé ma curiosité sur les sujets et les actualités du Web. Je suis actuellement engagé en tant qu’architecte interopérabilité.