Les appels qui se coupent dès que l’on traverse une zone mal couverte pourraient-ils bientôt appartenir au passé ? SpaceX veut s’attaquer à ce problème en combinant ses satellites Starlink avec un véritable réseau mobile terrestre. Pour accélérer ce projet aux États-Unis, l’entreprise d’Elon Musk vient de choisir Qualcomm et ses plateformes Dragonwing dédiées aux infrastructures cellulaires.
L’annonce a été faite par Qualcomm, qui confirme que SpaceX utilisera ses technologies pour construire Starlink Mobile, un réseau 5G terrestre à couverture nationale. L’objectif est de développer une infrastructure capable de combiner couverture satellitaire et réseau mobile classique, afin de maintenir la connexion des utilisateurs aussi bien à domicile qu’en déplacement.
Pourquoi Starlink veut aussi construire des antennes 5G ?
Starlink est principalement connu pour son réseau de satellites en orbite basse, qui fournit un accès à Internet dans des zones où les infrastructures terrestres restent limitées. Mais SpaceX veut désormais aller plus loin en développant une infrastructure mobile complémentaire, reposant également sur des stations cellulaires au sol.
Starlink Mobile is building the first fully-integrated US nationwide satellite and terrestrial network that will keep people connected on their phones no matter where they are. Our 5G base stations will leverage @Qualcomm chips to accelerate deployment, starting in 2027 🛰️📱
— Starlink (@Starlink) November 4, 2026
Michael Nicolls, vice-président senior de Starlink, explique que les appels interrompus à domicile ou pendant les déplacements ne devraient plus être une fatalité. Selon lui, la réponse passe par un réseau national entièrement intégré, associant couverture satellitaire et terrestre pour assurer une continuité de connexion.
Le choix de Qualcomm doit permettre à SpaceX d’accélérer le développement de son architecture complète de stations de base. Ses plateformes Dragonwing fourniront notamment les technologies nécessaires au fonctionnement des équipements radio installés au sol.
Qualcomm mise sur le Massive MIMO avec 64 antennes en émission et en réception
L’infrastructure reposera notamment sur des unités radio Massive MIMO disposant de 64 voies d’émission et de 64 voies de réception. Cette architecture permet de faire travailler de nombreuses antennes simultanément afin d’améliorer la couverture, la capacité du réseau et l’utilisation du spectre radio.
Deux plateformes Qualcomm joueront un rôle important dans cette infrastructure. Le Dragonwing QRU100 prendra en charge le traitement des unités radio, tandis que le QDU100 assurera les opérations de traitement rapides et sensibles à la latence.
L’association de ces composants doit améliorer les performances par watt consommé. Cette efficacité énergétique constitue un enjeu important pour SpaceX, qui devra déployer et exploiter son réseau à grande échelle tout en maîtrisant les coûts d’infrastructure.
Pour Qualcomm, ce partenariat représente également une occasion de renforcer sa présence dans les infrastructures de télécommunications. Durga Malladi, vice-président exécutif et directeur général de la planification technologique, des solutions Edge et des centres de données chez Qualcomm Technologies, estime que cette collaboration contribue à faire progresser la 5G actuelle et pourrait préparer le terrain pour une future 6G native pour l’intelligence artificielle.
Qualcomm’s technology is excellent
— Elon Musk (@elonmusk) November 4, 2026
Un réseau hybride pour réduire les zones sans couverture
L’intérêt de Starlink Mobile réside dans la complémentarité entre les infrastructures terrestres et satellitaires. Les antennes 5G au sol pourront assurer la connectivité dans les zones couvertes par le réseau mobile, tandis que les satellites doivent contribuer à maintenir le service dans les secteurs moins bien desservis.
Cette approche pourrait être particulièrement intéressante pour les utilisateurs qui traversent régulièrement des zones blanches ou connaissent des interruptions de réseau à leur domicile. Elle vise à réduire les ruptures de connexion en combinant plusieurs moyens d’accès plutôt qu’en reposant exclusivement sur les antennes traditionnelles.
SpaceX prévoit un déploiement progressif sur plusieurs bandes de fréquences et en différentes phases. Le réseau ne sera donc pas disponible partout immédiatement. La réussite du projet dépendra notamment de la couverture effectivement déployée, de la coordination entre les infrastructures et de la capacité à assurer une transition fluide entre les réseaux terrestres et satellitaires.
Starlink veut changer la couverture mobile aux États-Unis
Avec Starlink Mobile, SpaceX ne cherche plus seulement à fournir Internet par satellite dans les zones isolées. L’entreprise ambitionne de construire une infrastructure mobile nationale capable de compléter les réseaux cellulaires existants.
Le partenariat avec Qualcomm lui apporte une brique technologique essentielle pour développer cette architecture 5G terrestre. Si la combinaison des satellites et des antennes au sol tient ses promesses, elle pourrait améliorer sensiblement la continuité de connexion aux États-Unis.
Il reste toutefois à connaître les modalités concrètes de commercialisation, les opérateurs partenaires, les appareils compatibles et le calendrier précis de déploiement. Pour l’instant, la promesse est ambitieuse : faire en sorte qu’un appel ne soit plus interrompu simplement parce que l’on change de rue, de quartier ou de zone de couverture.