Google restreint l’accès aux modèles de son application Gemini. À partir du 9 octobre, les utilisateurs disposant d’un compte personnel gratuit perdent l’accès à Gemini Flash et Gemini Pro pour ne conserver que Flash-Lite, le modèle le plus léger de la gamme. Les abonnés aux offres payantes sont également concernés, avec des changements différents selon leur formule.
Cette évolution intervient alors que Google multiplie les annonces autour de ses modèles d’intelligence artificielle, notamment avec Nano Banana 2.1, son nouvel outil de génération et de retouche d’images. Elle soulève une question pour les utilisateurs : faut-il désormais payer pour profiter pleinement des capacités de Gemini ?
Gemini gratuit : un seul modèle disponible
Selon la page d’assistance de Google, les comptes personnels gratuits doivent désormais se contenter de Gemini Flash-Lite. Les deux autres modèles précédemment proposés, Gemini Flash et Gemini Pro, ne sont plus accessibles dans le cadre de cette formule.
Le changement ne concerne pas tous les abonnés de la même manière. Les utilisateurs de Google AI Plus, l’offre payante d’entrée de gamme, conservent Flash-Lite et Flash, mais perdent l’accès à Pro. Google indique qu’un courriel doit préciser à chaque abonné la date d’application de cette modification.
Les abonnés à Google AI Pro et Google AI Ultra conservent, pour leur part, l’accès aux trois modèles. Google maintient donc plusieurs niveaux d’accès, avec des capacités et des limites d’utilisation qui varient selon le montant payé.
| Forfait Google AI | Flash-Lite | Flash | Pro |
| Sans forfait | |||
| AI Plus | |||
| AI Pro | |||
| AI Ultra |
Des limites d’utilisation déjà renforcées en 2026
Cette restriction s’inscrit dans une série de changements engagés plus tôt dans l’année. Le 17 mai, Google a introduit des limites d’utilisation calculées en fonction des ressources nécessaires aux requêtes. Ces plafonds se réinitialisent toutes les cinq heures, jusqu’à l’atteinte d’une limite hebdomadaire.
La consommation dépend notamment de la complexité des instructions, des fonctionnalités sollicitées et de la longueur des conversations. La génération de médias, Deep Research, le modèle Pro, le raisonnement approfondi et Deep Think peuvent épuiser plus rapidement le quota disponible.
Les abonnements permettent de bénéficier de plafonds plus élevés. Selon les indications rapportées, Google AI Plus offre deux fois les limites standard et AI Pro quatre fois ces limites. Pour AI Ultra, les plafonds peuvent atteindre cinq à vingt fois ceux d’AI Pro, selon la formule concernée.
Google introduit également plusieurs niveaux d’effort de raisonnement — faible, moyen et élevé — pour ses modèles. Un niveau supérieur peut améliorer la capacité du modèle à traiter des tâches complexes et à fournir des réponses plus détaillées, mais il consomme davantage le quota d’utilisation.
Nano Banana 2.1 : une nouvelle génération d’images
La réduction de l’accès gratuit intervient quelques jours après le lancement de Nano Banana 2.1, le 6 octobre. Ce modèle de génération et de retouche d’images est disponible dans plusieurs produits Google, dont l’application Gemini, Google AI Studio, l’API Gemini et certaines fonctionnalités de recherche.
Google met en avant les résultats obtenus lors de ses tests de préférence humaine. Dans les évaluations de génération d’images à partir de texte, Nano Banana 2.1 avec raisonnement obtient un score de 1 050, contre 990 pour Nano Banana 2 et 935 pour Nano Banana Pro.
Ces résultats sont à interpréter dans le cadre du protocole d’évaluation de Google. Le modèle conserve par ailleurs certaines limites, notamment des difficultés à restituer du petit texte de manière nette en résolution 1K et des confusions occasionnelles entre la gauche et la droite.
Le coût de l’utilisation via l’API évolue également. Selon la grille tarifaire de Google, la génération d’une image en 1K avec Nano Banana 2.1 coûte 0,033 6 dollar, contre 0,067 dollar pour Nano Banana 2. En 4K, les tarifs annoncés sont respectivement de 0,113 et 0,151 dollar.
Le coût des jetons d’entrée augmente toutefois de 0,50 à 1,50 dollar par million, et le nouveau modèle ne dispose pas d’un niveau d’utilisation gratuit via l’API. Google désigne Nano Banana 2.1 comme le successeur de Nano Banana 2, sans avoir annoncé de date de retrait définitif de l’ancien modèle.
Google AI Pro gagne en intérêt, mais à quel prix ?
En France, les tarifs rapportés pour les abonnements Google AI sont de 4,99 euros par mois pour AI Plus et de 19,99 euros pour AI Pro. AI Ultra est proposé à 99,99 ou 199,99 euros selon la formule.
AI Pro doit également bénéficier de Deep Think, une fonctionnalité de raisonnement jusque-là réservée aux abonnements Ultra. Cette évolution pourrait renforcer l’intérêt de l’offre intermédiaire, particulièrement pour les utilisateurs qui ont besoin de capacités avancées sans payer le tarif le plus élevé.
Mais la suppression de Flash et Pro pour les comptes gratuits change sensiblement l’expérience de Gemini. Les utilisateurs occasionnels devront se contenter du modèle léger, tandis que ceux qui souhaitent choisir leur modèle ou accéder aux fonctionnalités les plus avancées seront davantage incités à souscrire un abonnement.
Google n’a pas détaillé toutes les conséquences de cette réorganisation sur les usages de chaque catégorie d’utilisateurs. Le calendrier exact d’application peut également varier pour les abonnés concernés par la transition.
Gemini 4 Argon reste réservé à un public restreint
En parallèle, Google a présenté Gemini 4 Argon le 30 septembre. Pour le moment, ce modèle est réservé aux membres du programme Fairwind, destiné notamment aux administrations et aux partenaires de confiance.
Les abonnés à Google AI Ultra devraient pouvoir y accéder lorsque le modèle sera ouvert au public. Google n’a toutefois pas précisé si Argon sera intégré à la catégorie Pro ou s’il inaugurera un nouveau niveau d’abonnement.
Cette incertitude illustre la stratégie de Google : faire évoluer régulièrement sa gamme de modèles tout en différenciant davantage les accès gratuits et payants. Pour les utilisateurs, la question ne sera bientôt plus seulement de savoir quel modèle offre les meilleures réponses, mais aussi de déterminer quelles capacités justifient réellement le prix d’un abonnement.