Apple procède à de nouvelles suppressions de postes, cette fois au sein des équipes d’Apple Fitness+. Selon Mark Gurman, plusieurs employés travaillant sur le service sont concernés, notamment du côté des contenus audio comme Time to Walk et Time to Run.
Ces réductions d’effectifs sont les premières rapportées depuis que John Ternus a pris la direction générale d’Apple le 1er septembre. Elles ne semblent toutefois pas annoncer un changement brutal de politique : le groupe avait déjà commencé à réduire certaines équipes avant son arrivée, et rien n’indique pour l’instant qu’Apple envisage d’abandonner Fitness+.
Apple réduit les effectifs de Fitness+
Selon les informations de Mark Gurman dans sa newsletter Power On, Apple a supprimé un nombre limité de postes au sein de son organisation Fitness+. Les équipes liées aux contenus audio seraient particulièrement concernées. Apple produit notamment Time to Walk et Time to Run, deux formats dans lesquels des personnalités ou des athlètes accompagnent les utilisateurs pendant leurs séances. Ces programmes ne devraient pas disparaître, mais leur rythme de publication pourrait ralentir.
La mesure intervient alors qu’Apple examine depuis plusieurs mois la manière dont Fitness+ est organisé et financé. Le service n’aurait pas connu une croissance comparable à celle de certaines autres activités du groupe, poussant l’entreprise à chercher des moyens d’en réduire les coûts sans nécessairement remettre en cause son existence.
Fitness+ avait déjà commencé à évoluer dans cette direction. Apple travaille notamment à automatiser certaines étapes de production et à utiliser davantage l’intelligence artificielle, par exemple pour adapter certains contenus à différentes langues.
Le sujet dépasse donc quelques suppressions de postes : Apple cherche surtout à déterminer comment produire et distribuer son contenu fitness avec une structure plus légère.

Fitness+ ne serait pas pour autant menacé de disparition
Ces réductions pourraient facilement être interprétées comme les premiers signes d’un abandon progressif de Fitness+. Les informations disponibles ne vont toutefois pas dans cette direction. Gurman estime qu’Apple n’a pas intérêt à fermer complètement le service. Les économies réalisées seraient probablement limitées par rapport aux conséquences négatives d’une disparition de Fitness+, notamment auprès des utilisateurs qui ont intégré ses entraînements à leur abonnement Apple One ou à leur utilisation de l’Apple Watch.
La stratégie paraît donc davantage relever d’une rationalisation. Apple peut réduire certains contenus coûteux à produire, automatiser davantage d’opérations et concentrer les investissements sur les fonctionnalités qui attirent réellement les utilisateurs. Les programmes audio pourraient ainsi être publiés moins fréquemment sans disparaître complètement.
Fitness+ possède également une valeur qui dépasse ses revenus directs. Le service renforce le rôle de l’Apple Watch et s’intègre à l’écosystème Santé, deux domaines dans lesquels Apple continue d’investir.
À plus long terme, Gurman s’attend d’ailleurs à un rapprochement encore plus important entre Fitness+ et l’application Santé. Une telle intégration permettrait à Apple de réunir données d’activité, recommandations, entraînements et fonctionnalités de coaching dans une expérience plus cohérente.
Les premières suppressions de postes sous John Ternus
Le calendrier donne néanmoins une dimension particulière à cette décision. John Ternus est devenu CEO d’Apple le 1er septembre 2026, succédant à Tim Cook, désormais Executive Chairman. Les réductions chez Fitness+ représentent donc les premières suppressions de postes rapportées depuis le début de son mandat. Cependant, il serait prématuré d’y voir la naissance d’une politique de licenciements beaucoup plus agressive.
Apple avait déjà commencé à réduire certaines équipes avant la transition de direction. Des suppressions de postes avaient notamment touché en août des activités liées à Siri, aux contenus immersifs du Vision Pro et au gaming. Les ajustements concernant Fitness+ semblent donc davantage s’inscrire dans une dynamique déjà engagée qu’être une décision entièrement nouvelle associée à John Ternus.
Apple reste également dans une situation différente de plusieurs autres grandes entreprises technologiques qui ont procédé ces dernières années à des réductions massives de leurs effectifs. Les mouvements rapportés ici concernent des équipes ou des projets précis plutôt qu’une restructuration générale du groupe.
Cela n’enlève évidemment rien aux conséquences pour les salariés concernés, mais cette distinction est importante pour comprendre la portée stratégique de ces décisions.
Apple cherche à réduire le coût de ses activités les moins performantes
Le point commun entre plusieurs de ces ajustements est leur caractère ciblé. Apple ne semble pas réduire indistinctement ses investissements. L’entreprise réévalue plutôt certaines activités dont les résultats, l’audience ou les perspectives ne justifient plus nécessairement le même niveau de ressources.
Fitness+ constitue un bon exemple de cette logique. Le service occupe une place cohérente dans l’écosystème Apple, mais il reste une activité de niche par rapport à l’iPhone, aux services de stockage, à la musique ou même aux ambitions beaucoup plus larges de l’entreprise dans la santé. Le supprimer entièrement ferait disparaître une brique utile de l’écosystème. Continuer à le financer exactement de la même manière malgré une croissance limitée serait tout aussi difficile à justifier. Réduire ses coûts devient alors une troisième voie.
L’intelligence artificielle pourrait accélérer ce mouvement. Lorsqu’une partie du doublage, de la préparation des contenus ou d’autres opérations de production peut être automatisée, Apple dispose mécaniquement de nouvelles possibilités pour réduire les dépenses nécessaires au maintien d’un service.
Ce phénomène ne concerne d’ailleurs pas uniquement Fitness+. À mesure que les outils génératifs deviennent capables de prendre en charge certaines tâches de production, de traduction ou de traitement de contenu, les grandes entreprises technologiques vont devoir redéfinir la frontière entre automatisation et travail humain.
Fitness+ pourrait devenir une composante de Santé plutôt qu’un service isolé
La question la plus intéressante concerne finalement moins l’avenir de Fitness+ que sa place dans l’écosystème Apple. Pendant plusieurs années, Fitness+ a fonctionné comme un service relativement indépendant, avec son catalogue d’entraînements, ses coachs et ses différents formats. L’évolution actuelle de la stratégie santé d’Apple pourrait rendre cette séparation de moins en moins pertinente.
La marque dispose désormais d’un ensemble beaucoup plus large de données provenant de l’Apple Watch et de l’iPhone. Avec ses nouvelles fonctions de suivi, ses indicateurs de préparation et l’intégration croissante de l’intelligence artificielle, l’application Santé peut progressivement devenir l’interface principale autour de laquelle s’organisent recommandations et entraînements.
Dans ce scénario, Fitness+ ne disparaîtrait pas. Il deviendrait une couche de contenu intégrée à une plateforme santé beaucoup plus vaste. Ce changement permettrait également à Apple de mieux personnaliser l’expérience. Plutôt que d’ouvrir séparément un catalogue d’entraînements, un utilisateur pourrait à terme recevoir des recommandations adaptées à son activité, sa récupération ou ses habitudes, puis accéder directement au contenu Fitness+ correspondant.
Il s’agit encore d’une orientation prospective, et Apple n’a pas annoncé une telle fusion. Mais elle permet de comprendre pourquoi réduire certains coûts de production ne signifie pas nécessairement réduire les ambitions du groupe dans le fitness et la santé.
Un premier test de la gestion Ternus, mais pas encore un changement de doctrine
Les suppressions de postes chez Fitness+ seront inévitablement observées comme l’une des premières décisions de l’ère John Ternus. Elles arrivent quelques semaines seulement après sa prise de fonctions et touchent un service qu’Apple réévaluait déjà. Les éléments disponibles invitent néanmoins à ne pas leur donner une portée qu’elles n’ont pas encore.
Il n’existe pour l’instant aucun signe d’une vague générale de licenciements chez Apple, ni d’une volonté de fermer Fitness+. Ce que l’on observe ressemble davantage à une entreprise devenue plus attentive au coût de ses projets secondaires et prête à réduire les ressources consacrées aux activités dont la croissance reste limitée.
La véritable question sera de savoir si cette logique demeure ciblée ou devient progressivement une méthode plus générale sous la nouvelle direction.
Pour Fitness+, le signal est déjà assez clair : Apple ne semble pas vouloir abandonner le service, mais il veut désormais qu’il coûte moins cher à produire. Et à mesure que l’IA s’intègre aux contenus, au coaching et à la santé, cette recherche d’efficacité pourrait transformer le service bien plus profondément qu’une simple réduction d’effectifs.