Le Huawei Mate XT 2 est désormais commercialisé en Chine, mais l’obtenir en Europe risque de coûter particulièrement cher. Faute de lancement international annoncé, les premiers importateurs proposent déjà le nouveau smartphone tri-fold à des tarifs débutant autour de 3 600 euros et pouvant dépasser les 5 000 euros selon la configuration.
À ces prix, le Mate XT 2 se retrouve très au-dessus du iPhone Duo d’Apple et même du Galaxy Z TriFold de Samsung. Une différence qui s’explique en partie par son positionnement déjà très haut de gamme en Chine, mais surtout par les contraintes et les marges liées à l’importation.
Le Mate XT 2 change complètement de mécanisme de pliage
Huawei ne s’est pas contenté de mettre à jour les composants de son smartphone à trois volets. Le Mate XT 2 abandonne l’architecture en Z de ses précédents modèles, qui combinait un pliage vers l’intérieur et un autre vers l’extérieur.
Cette nouvelle génération adopte un mécanisme en U, parfois décrit comme un pliage en G, où les deux articulations se replient vers l’intérieur. Le principe se rapproche ainsi de celui retenu par Samsung pour son Galaxy Z TriFold.
Cette architecture permet de protéger davantage la grande dalle flexible lorsque l’appareil est fermé. Le smartphone propose alors un écran extérieur d’environ 6,5 pouces avant de se transformer, une fois totalement déplié, en une tablette de 10,2 pouces.
C’est précisément cette capacité à passer d’un smartphone relativement traditionnel à une surface proche d’une petite tablette qui constitue l’intérêt du format tri-fold. Elle implique cependant une conception beaucoup plus complexe qu’un pliable classique : deux charnières, trois sections de châssis et une dalle flexible particulièrement grande doivent fonctionner ensemble sans rendre l’appareil trop encombrant.

Un prix qui commence déjà à 19 999 yuans en Chine
Cette complexité se retrouve directement dans le positionnement tarifaire. En Chine, le Huawei Mate XT 2 démarre à 19 999 yuans pour la configuration 16 Go de RAM et 256 Go de stockage, soit environ 2 590 euros selon la conversion utilisée. Une version 1 To équipée d’un écran de confidentialité atteint 24 999 yuans, soit environ 3 230 euros.
Huawei propose également des configurations supérieures. Le modèle le plus ambitieux combine 2 To de stockage, un écran de confidentialité et un stylet, avec un tarif atteignant 29 999 yuans.
Le Mate XT 2 était donc déjà un appareil extrêmement coûteux sur son marché domestique. L’importation ajoute cependant une nouvelle couche tarifaire qui le fait entrer dans une catégorie encore différente.
Les premières boutiques spécialisées de Hong Kong, des Émirats arabes unis et du Royaume-Uni ont commencé à référencer le smartphone, avec des écarts importants selon les configurations, les taxes et les conditions proposées par chaque vendeur.
Plus de 3 600 euros pour importer le Mate XT 2
Chez les premiers revendeurs mentionnés, les tarifs commencent autour de 3 626 à 3 685 euros pour les configurations d’entrée de gamme disponibles à l’importation. Les versions 512 Go approchent déjà 3 850 euros. Pour les modèles 1 To, avec ou sans écran de confidentialité, les prix évoluent approximativement entre 4 065 et plus de 5 000 euros en fonction du vendeur et de la variante.
Le modèle 2 To le plus haut de gamme n’est pour le moment pas référencé par ces importateurs. Les couleurs proposées comprennent le noir, le blanc et le violet.
Il faut toutefois rester prudent lorsqu’on compare directement ces montants. Certains tarifs peuvent inclure les taxes ou différents frais d’importation alors que d’autres non, et les configurations proposées par les revendeurs ne correspondent pas nécessairement exactement aux versions utilisées pour présenter les prix officiels chinois.
Ces premiers tarifs ne constituent donc pas un hypothétique prix européen officiel du Mate XT 2. Ils représentent simplement ce qu’un acheteur étranger doit actuellement envisager de payer pour obtenir un produit qui n’est pas distribué normalement sur son marché.
Deux fois le prix d’un iPhone Duo
La comparaison avec les autres smartphones pliables permet de mesurer l’ampleur de la différence. L’iPhone Duo démarre à 2 339 euros en France. Le premier pliable d’Apple est déjà positionné tout en haut du marché du smartphone, mais son tarif reste très inférieur aux montants actuellement demandés pour importer un Mate XT 2.
Le Galaxy Z TriFold constitue une comparaison encore plus pertinente puisqu’il utilise lui aussi une architecture à trois volets. Samsung l’avait lancé à 2 899 dollars hors taxes aux États-Unis, un prix extrêmement élevé qui reste malgré tout sous les premières offres d’importation du Huawei.
Cette comparaison doit cependant tenir compte d’une différence essentielle. Apple et Samsung vendent officiellement leurs appareils sur les marchés concernés, alors que les prix du Mate XT 2 incluent la rareté et les contraintes du marché gris.
Huawei ne positionne donc pas officiellement son smartphone à plus de 5 000 euros en Europe. C’est l’absence de distribution locale qui transforme un produit chinois déjà très cher en appareil presque inaccessible une fois importé.
Le prix n’est pas le seul compromis pour un utilisateur européen
Dépenser plus de 3 500 euros ne suffit d’ailleurs pas à obtenir une expérience équivalente à celle d’un smartphone officiellement commercialisé en Europe. Le Mate XT 2 est avant tout conçu pour le marché chinois et fonctionne sous HarmonyOS 7. Comme sur les récents smartphones Huawei, les services mobiles de Google ne sont pas proposés nativement.
Des solutions comme microG peuvent permettre de retrouver une partie de cet environnement et faciliter l’accès à certaines applications Google, mais il ne s’agit pas de la même expérience qu’un appareil Android officiellement certifié avec Google Mobile Services. La compatibilité peut varier selon les applications et évoluer au fil des mises à jour.
Le smartphone ne propose pas non plus d’eSIM, et certaines intégrations particulièrement importantes pour un utilisateur Android international, comme Android Auto ou la compatibilité complète avec l’écosystème Wear OS, sont absentes. Les options linguistiques peuvent également être plus limitées que sur un modèle destiné officiellement au marché européen.
À cela s’ajoutent les risques classiques de l’importation : garantie plus complexe à faire appliquer, réparations potentiellement difficiles, disponibilité limitée des pièces et nécessité éventuelle de renvoyer l’appareil au vendeur ou en Asie en cas de problème.
Sur un smartphone traditionnel à quelques centaines d’euros, ces contraintes peuvent déjà être gênantes. Sur un appareil pliable à plus de 4 000 euros doté de deux charnières et d’un immense écran flexible, elles deviennent beaucoup plus difficiles à ignorer.
Le Mate XT 2 reste avant tout une vitrine technologique
Le Huawei Mate XT 2 illustre finalement une situation paradoxale. Sur le plan matériel, Huawei continue d’explorer l’un des formats les plus ambitieux du marché. Le tri-fold permet d’obtenir une surface de 10,2 pouces sans transporter une tablette séparée et démontre un niveau de maîtrise des écrans flexibles que peu de constructeurs peuvent actuellement proposer dans un produit commercial.
Mais son intérêt en dehors de Chine est fortement limité par son prix et son environnement logiciel. À plus de 3 600 euros pour les premières versions importées, et potentiellement plus de 5 000 euros pour certaines configurations, le Mate XT 2 devient davantage un objet destiné aux passionnés et collectionneurs qu’une alternative réaliste au iPhone Duo ou aux Galaxy pliables.
L’arrivée d’Apple sur ce marché rend d’ailleurs le contraste encore plus visible. À 2 339 euros, l’iPhone Duo paraissait déjà extraordinairement cher ; face aux tarifs d’importation du Mate XT 2 , il devient presque le choix raisonnable.
Le Mate XT 2 montre ainsi jusqu’où Huawei peut pousser le smartphone pliable sur le plan technique, mais aussi les limites d’un flagship qui reste essentiellement enfermé dans son marché domestique. Le véritable défi pour Huawei ne sera peut-être plus de construire des appareils aussi spectaculaires, mais de permettre un jour au reste du monde de les acheter sans transformer l’importation en produit de luxe à plus de 5 000 euros.