Apple n’a pas seulement renouvelé le sommet de sa gamme avec les iPhone 18 Pro et l’iPhone Duo. À l’issue de son événement « Surprise and Shine », le constructeur a également revu les tarifs de tous les anciens iPhone encore commercialisés, avec une hausse généralisée de plus de 100 euros.
Le mouvement est d’autant plus inhabituel que l’iPhone 18 standard n’a pas été présenté. L’iPhone 17 reste donc le modèle de référence pour accéder à la gamme classique, mais son prix passe désormais de 969 à 1 119 euros — sur Amazon, son prix reste encore à 949 euros. Une nouvelle illustration des tensions qui traversent actuellement l’industrie électronique, notamment autour du coût de la mémoire.
L’iPhone 17 passe à 1 119 euros, l’iPhone Air franchit les 1 300 euros
La nouvelle grille tarifaire touche l’ensemble des générations qu’Apple a décidé de conserver au catalogue. L’iPhone 16 revient ainsi à 1 019 euros, alors qu’il était encore proposé à 869 euros la semaine dernière. Il retrouve donc, de manière assez inhabituelle pour un smartphone âgé de deux générations, son prix de lancement.
L’iPhone 17e avec 256 Go de stockage passe quant à lui de 719 à 869 euros. Même traitement pour l’iPhone 17 standard de 256 Go, désormais affiché à 1 119 euros, contre 969 euros auparavant.
La hausse est moins visible sur l’iPhone Air. Lancé à 1 229 euros, le modèle fin d’Apple grimpe de 100 euros avec un tarif de 1 329 euros.
Il ne s’agit donc pas d’un simple réajustement isolé destiné à une référence particulière. Apple applique une hausse comprise entre 100 et 150 euros qui représente, selon les modèles, une augmentation comprise approximativement entre 8 et 20 %. La plus forte hausse est donc celle de l’iPhone 17e : +20,9 %.

Une stratégie inhabituelle pour des iPhone déjà commercialisés
Traditionnellement, l’arrivée d’une nouvelle génération entraîne le mouvement inverse. Apple maintient certains anciens iPhone au catalogue en réduisant leur tarif, ce qui permet de créer plusieurs niveaux de prix sans avoir à concevoir un appareil différent pour chaque segment.
Cette année, la logique est bouleversée. Non seulement l’iPhone 18 standard n’est pas encore disponible, mais son prédécesseur devient plus cher. L’iPhone 16, qui aurait normalement dû poursuivre sa descente tarifaire, remonte même à son prix initial. La situation risque de rendre la gamme moins attractive pour les utilisateurs qui attendaient précisément la keynote de septembre avant d’acheter un modèle plus ancien à prix réduit.
Apple avait déjà commencé à relever ses tarifs en juin sur plusieurs catégories de produits, notamment les Mac, iPad, HomePod et Vision Pro. Les augmentations variaient alors fortement selon les appareils. Les iPhone avaient toutefois été épargnés jusqu’à présent.
Cette exception vient de prendre fin.
Même les iPhone 18 Pro augmentent de 100 euros
Les nouveaux modèles ne sont pas davantage protégés contre cette inflation. L’iPhone 18 Pro commence désormais à 1 479 euros, tandis que l’iPhone 18 Pro Max débute à 1 629 euros. Dans les deux cas, cela représente une hausse de 100 euros par rapport à la génération précédente.
La seule relative bonne surprise vient finalement du nouvel iPhone Duo. Avec un prix de départ de 2 339 euros, le premier pliable d’Apple reste extrêmement cher, mais son tarif se situe sous certaines estimations qui circulaient avant sa présentation.
Le catalogue français d’Apple se retrouve donc nettement déplacé vers le haut. Un iPhone 17 standard coûte désormais 1 200 euros, l’iPhone Air atteint 1 330 euros et les modèles Pro commencent au-delà de 1 450 euros.
Ce repositionnement modifie mécaniquement la perception des différents appareils. Plus les anciens modèles deviennent chers, plus l’écart avec les nouveautés se réduit et plus le passage à un iPhone Pro peut sembler justifiable pour certains acheteurs.
La flambée de la mémoire pèse sur toute l’industrie
Apple n’est pas seule à augmenter ses prix. Google a relevé le tarif de certains modèles de sa gamme Pixel 11, tandis que Samsung a également appliqué une hausse similaire aux Galaxy S26 et Galaxy S26 Plus par rapport à leurs prédécesseurs.
Le phénomène dépasse largement le smartphone. Consoles, ordinateurs et autres produits électroniques subissent eux aussi une pression croissante sur leurs coûts de production.
L’une des principales causes se trouve du côté de la mémoire. L’explosion des investissements dans l’intelligence artificielle pousse les fabricants de semi-conducteurs à privilégier les mémoires destinées aux serveurs, accélérateurs IA et infrastructures de centres de données. Les capacités de production disponibles pour certains composants grand public deviennent plus contraintes, tandis que les prix augmentent.
Dans ce contexte, les fabricants de smartphones disposent de trois options : absorber une partie de la hausse, réduire leurs marges ou répercuter le coût sur le consommateur.
Apple semble désormais avoir choisi la troisième voie sur une partie importante de son catalogue.
L’absence de l’iPhone 18 rend la hausse encore plus sensible
Le calendrier particulier de cette génération accentue le problème. Apple n’a pas lancé d’iPhone 18 standard en septembre, conformément aux rumeurs évoquant depuis plusieurs mois une séparation du calendrier de lancement. Le modèle classique est désormais attendu au printemps prochain, aux côtés d’autres appareils qui pourraient inclure un nouvel iPhone Air et un iPhone 18e plus accessible.
En attendant, l’iPhone 17 doit assurer le rôle de modèle standard. Mais à 1 119 euros, son positionnement change sensiblement. Le problème n’est donc pas uniquement que les iPhone coûtent 150 euros de plus. C’est aussi que l’utilisateur qui aurait normalement attendu septembre pour acheter un ancien modèle moins cher se retrouve face à l’effet inverse.
Cette situation pourrait pousser une partie des consommateurs à conserver leur smartphone plus longtemps. Les premières réactions d’utilisateurs sur les réseaux sociaux vont d’ailleurs dans ce sens, certains préférant prolonger la durée de vie de leur appareil plutôt que d’accepter cette nouvelle grille tarifaire.
Les promotions des revendeurs deviennent plus intéressantes
La hausse officielle ne signifie pas nécessairement que tous les iPhone disponibles sur le marché changeront immédiatement de prix. Les revendeurs disposent encore de stocks achetés avant la modification de la grille tarifaire d’Apple. Certains appareils pourraient donc temporairement rester disponibles à leurs anciens prix, voire profiter de promotions destinées à écouler les inventaires.
La période de transition pourrait ainsi créer un écart inhabituel entre les tarifs pratiqués directement par Apple et ceux de certains distributeurs.
À plus long terme, la situation dépendra surtout de l’évolution du coût des composants. Si les tensions sur la mémoire persistent, les augmentations observées cette année pourraient devenir structurelles plutôt que temporaires. Et dans ce cas, le problème dépasserait largement Apple.
Le smartphone premium entre dans une nouvelle phase tarifaire
Pendant plusieurs années, le seuil des 1 000 euros représentait une frontière psychologique réservée aux smartphones les plus haut de gamme. Cette frontière devient progressivement moins pertinente.
Un iPhone Air coûte désormais 1 329 euros, les iPhone 18 Pro commencent à 1 479 euros et les pliables approchent ou dépassent largement les 2 000 euros. Dans le même temps, les concurrents Android augmentent eux aussi leurs tarifs. Cette inflation intervient alors que les cycles de renouvellement sont déjà plus longs et que les progrès entre deux générations deviennent souvent plus progressifs.
Les constructeurs prennent donc un risque : à mesure que le prix des appareils augmente, conserver son smartphone une année supplémentaire devient une décision de plus en plus rationnelle. En augmentant même le prix d’iPhone déjà présents sur le marché, Apple envoie un signal inhabituellement clair : la hausse du coût des composants ne concerne plus seulement les nouveautés, elle commence désormais à redéfinir le prix d’entrée de tout l’écosystème smartphone premium.