Xiaomi a officiellement lancé la Xiaomi Pad 9 Pro Max, sa nouvelle tablette grand format pensée autant pour la productivité que pour les usages créatifs. Elle inaugure la puce maison XRING O3, propose un écran 13,3 pouces jusqu’à 144 Hz et peut même servir de moniteur externe grâce à son port USB-C compatible DP-in.
La tablette démarre à 4 799 yuans, soit environ 615 euros, tandis que la version la plus haut de gamme avec écran Soft Light, 16 Go de RAM et 1 To de stockage grimpe à 7 899 yuans. Xiaomi cherche clairement à positionner ce modèle comme une alternative premium aux grandes tablettes Android et aux appareils hybrides de type iPad Pro.
Un écran 13,3 pouces 3:2 jusqu’à 144 Hz
La Xiaomi Pad 9 Pro Max repose sur un écran LCD de 13,3 pouces avec une définition de 3 408 × 2 272 pixels et un ratio 3:2. Ce format offre davantage de hauteur qu’un traditionnel 16 h 10, ce qui le rend particulièrement intéressant pour les documents, le multitâche et la création. Xiaomi annonce également un taux de rafraîchissement pouvant atteindre 144 Hz, ainsi qu’une luminosité maximale de 1 000 nits.
La précision colorimétrique est également mise en avant, avec un Delta E annoncé autour de 0,47.
Cette combinaison montre que Xiaomi ne cible pas uniquement le divertissement. Le choix du 3:2 et la fidélité des couleurs placent clairement la tablette dans un environnement plus professionnel, où la lecture, le dessin ou la retouche occupent une place importante.

Une version Soft Light avec traitement nano-texturé
Xiaomi commercialise également une déclinaison Soft Light Screen. Cette version utilise un traitement nano-texturé destiné à réduire les reflets et les sources de lumière parasites. L’objectif est similaire à celui des écrans mats ou nano-texturés utilisés sur certains appareils professionnels : améliorer la lisibilité dans des environnements lumineux et réduire la fatigue visuelle lorsque l’utilisateur travaille plusieurs heures devant l’écran.
Le compromis pourra évidemment concerner le contraste apparent ou le rendu des noirs, comme sur la plupart des surfaces anti-reflet avancées. La version classique conserve pour sa part une dalle brillante plus traditionnelle.
Cette segmentation permet à Xiaomi de proposer deux approches différentes : un écran plus spectaculaire pour le multimédia ou un traitement plus pratique pour les environnements de travail.
XRING O3 fait ses débuts sur une tablette
La Xiaomi Pad 9 Pro Max est la première tablette équipée de la puce XRING O3, récemment présentée par Xiaomi. Le SoC repose sur un CPU à dix cœurs, avec deux cœurs C1-Ultra atteignant 4,35 GHz, quatre C1-Premium à 3,68 GHz et quatre C1-Pro à 3,15 GHz. La partie graphique est confiée à un GPU Mali-G2-Ultra à 16 cœurs.
Les premiers résultats apparus sur Geekbench dépasseraient 14 000 points en multicœur, ce qui place la tablette dans une catégorie très ambitieuse sur le papier.
Xiaomi affirme même que les performances combinées du CPU et du GPU se rapprochent de celles de la puce Apple M5 dans certains scénarios.
Cette comparaison devra évidemment être vérifiée avec des benchmarks indépendants et, surtout, sur des charges prolongées. Les performances maximales ne disent pas tout sur la consommation, la température ou la stabilité dans le temps.
Xiaomi veut montrer que sa puce maison peut dépasser le smartphone
L’intérêt de la XRING O3 dépasse la seule Xiaomi Pad 9 Pro Max. Xiaomi l’utilise également dans le Xiaomi 18 Fold, ce qui montre que la marque cherche à déployer son silicium maison sur plusieurs catégories haut de gamme. La tablette constitue néanmoins un terrain particulièrement intéressant.
Un châssis plus grand offre davantage d’espace pour le refroidissement, une batterie plus importante et une alimentation plus généreuse. Cela permet théoriquement au SoC de maintenir des performances élevées plus longtemps que dans un smartphone ultra-fin.
Si la XRING O3 se montre convaincante dans ce format, Xiaomi disposera d’une base beaucoup plus solide pour étendre sa stratégie silicium à d’autres appareils. La Xiaomi Pad 9 Pro Max devient donc autant une tablette premium qu’une vitrine de l’indépendance technologique croissante de Xiaomi.
LPDDR6 sur la version 16 Go + 1 To

La déclinaison 16 Go + 1 To profite également de mémoire LPDDR6 fournie par CXMT, avec une vitesse annoncée jusqu’à 10 667 Mb/s. Cette intégration marque une autre étape importante pour Xiaomi.
La marque ne développe pas uniquement son propre SoC, mais commence aussi à associer ses produits vitrines à des composants mémoire issus de l’écosystème chinois. Les modèles inférieurs peuvent utiliser des configurations différentes, mais la version la plus haut de gamme sert clairement de démonstrateur technologique.
La montée en puissance de la LPDDR6 doit notamment permettre d’améliorer la bande passante disponible pour le GPU, le multitâche et les traitements IA.
Sur une tablette capable d’exécuter plusieurs applications simultanément, ce type d’évolution peut avoir un impact plus concret qu’une simple augmentation de fréquence CPU.
Un châssis de seulement 5,67 mm pour 645 grammes



Malgré son grand écran, la Pad 9 Pro Max reste particulièrement fine. Elle mesure 5,67 mm d’épaisseur et pèse 645 grammes, avec un châssis métallique unibody. Le dos accueille un module photo horizontal en forme de piste de course, ainsi qu’un marquage XRING qui souligne l’importance de la puce maison dans le positionnement du produit.
Xiaomi cherche ici à conserver une silhouette proche des tablettes premium très fines tout en intégrant une batterie particulièrement importante.
Cette finesse imposera toutefois un vrai défi thermique.
Avec une puce puissante, un écran 144 Hz et une recharge à 120 W, le système de dissipation devra être suffisamment efficace pour éviter que la tablette ne limite trop rapidement ses performances.
Une batterie de 12 000 mAh avec recharge 120 W
La Xiaomi Pad 9 Pro Max embarque une batterie de 12 000 mAh, une capacité cohérente avec son écran 13,3 pouces et son positionnement productif. La recharge filaire atteint 120 W, ce qui devrait permettre de réduire fortement le temps passé branché malgré la taille de la batterie. C’est un avantage important face à certaines grandes tablettes qui restent limitées à des puissances bien inférieures.
Le véritable enjeu sera néanmoins l’autonomie réelle.
Un écran LCD 144 Hz, un SoC hautes performances et du multitâche intensif peuvent consommer énormément d’énergie. Xiaomi devra donc démontrer que la grande capacité ne sert pas uniquement à compenser une plateforme énergivore.
L’efficacité de la XRING O3 sera particulièrement importante dans ce contexte.
8 haut-parleurs et six microphones
Xiaomi soigne également la partie multimédia. La tablette intègre 8 haut-parleurs ainsi que 6 microphones, ce qui devrait améliorer autant la consommation de contenus que les appels vidéo ou les enregistrements. La caméra frontale affiche 32 mégapixels, tandis que l’arrière accueille un capteur de 50 mégapixels. Ces choix montrent que Xiaomi considère la Pad 9 Pro Max comme un appareil capable de remplacer partiellement un ordinateur portable dans certains scénarios.
La qualité des microphones devient par exemple importante pour les réunions en visioconférence, tandis que les huit haut-parleurs renforcent l’intérêt comme écran multimédia ou moniteur gaming.
HyperOS 4 peut afficher jusqu’à six applications
La partie logicielle repose sur HyperOS 4. Xiaomi met notamment en avant la possibilité d’afficher jusqu’à six applications simultanément grâce à différents modes de division de l’écran. Cette fonction prend tout son sens sur une dalle de 13,3 pouces au ratio 3:2. Plutôt que d’utiliser une seule application agrandie, l’utilisateur peut construire un véritable espace de travail avec plusieurs fenêtres visibles à la fois.
Le défi sera comme toujours de maintenir une expérience cohérente avec les applications Android, qui ne sont pas toutes optimisées de la même manière pour les grands écrans.
Mais, Xiaomi montre ici que la productivité n’est pas un simple argument marketing : elle influence réellement la conception de l’interface.
Le port USB-C transforme la tablette en moniteur externe
L’une des fonctions les plus intéressantes reste la prise en charge du DP-in via USB-C. La Xiaomi Pad 9 Pro Max peut recevoir un signal vidéo entrant et fonctionner directement comme moniteur externe. Elle peut ainsi servir de second écran pour un PC, une console portable ou d’autres appareils compatibles. Cette fonction change radicalement la valeur d’une grande tablette.
Même lorsque l’utilisateur n’exploite pas HyperOS, le matériel reste utile comme écran transportable. Pour un ordinateur portable compact ou une console gaming, cela permet de créer rapidement une configuration à deux écrans sans transporter un moniteur dédié.
C’est probablement l’une des fonctions les plus différenciantes de la Pad 9 Pro Max face aux tablettes Android classiques.
Xiaomi cherche à brouiller la frontière entre tablette et écran portable
La Xiaomi Pad 9 Pro Max ne se contente donc pas d’empiler des caractéristiques haut de gamme. Son positionnement repose sur une idée plus large : un grand écran mobile doit pouvoir changer de rôle selon le contexte. Utilisée seule, elle fonctionne comme tablette HyperOS. Sur un bureau, elle peut devenir un second écran. Avec plusieurs applications ouvertes, elle se rapproche d’un poste de travail léger. Connectée à une console portable, elle devient un moniteur de gaming de 13,3 pouces.
Cette flexibilité peut devenir son principal argument. Elle donne aussi davantage de sens au grand format, qui serait autrement plus encombrant qu’une tablette traditionnelle de 11 pouces.
Une tablette premium qui sert aussi de démonstrateur XRING
Avec la Xiaomi Pad 9 Pro Max, Xiaomi poursuit deux stratégies en parallèle. La première consiste à renforcer sa présence sur le marché des tablettes premium avec un grand écran, une batterie généreuse et des fonctions réellement pensées pour la productivité. La seconde est plus stratégique : montrer que XRING O3 peut devenir une plateforme capable d’alimenter plusieurs types d’appareils haut de gamme.
Si la puce se montre compétitive en performances soutenues et en efficacité, Xiaomi disposera d’un levier important pour réduire sa dépendance aux fournisseurs traditionnels de SoC.
La Pad 9 Pro Max est donc intéressante autant pour ce qu’elle propose aujourd’hui que pour ce qu’elle annonce pour la suite.
Avec un prix de départ de 4 799 yuans et des précommandes déjà ouvertes en Chine, Xiaomi ne cherche plus simplement à proposer une grande tablette Android. Il construit progressivement un écosystème où matériel, logiciel et silicium maison sont conçus ensemble — exactement le type d’intégration qui distingue les plateformes les plus matures.