Elon Musk pourrait-il réunir SpaceX et Tesla au sein d’un même groupe ? La question revient au premier plan après les derniers résultats financiers de SpaceX et de nouvelles discussions autour des liens industriels entre les deux entreprises. Si aucune fusion n’a été annoncée, les collaborations croissantes entre les sociétés alimentent les spéculations sur un éventuel rapprochement.
SpaceX a publié des résultats particulièrement solides pour le troisième trimestre 2026, avec un chiffre d’affaires de 14,6 milliards de dollars, en hausse de 161 % sur un an, et un bénéfice net de 4,4 milliards de dollars. L’entreprise a également enregistré un EBITDA ajusté de 8,8 milliards de dollars, après une perte nette de 1,1 milliard de dollars à la même période l’année précédente.
Ces performances interviennent quelques mois après l’introduction en Bourse de SpaceX, réalisée en juin 2026. Selon les chiffres rapportés, l’opération a permis de lever 75 milliards de dollars, sur la base d’une valorisation de 1 770 milliards de dollars. Depuis, les discussions sur une éventuelle fusion avec Tesla se sont intensifiées, sans qu’un projet formel ait été annoncé.
Des activités de plus en plus imbriquées
Les liens entre SpaceX et Tesla dépassent désormais leur dirigeant commun. Les deux entreprises travaillent notamment sur Terafab, un projet d’usine de semi-conducteurs au sein de Gigafactory Texas, destiné à produire des puces pour les applications d’intelligence artificielle. Elon Musk a présenté cette infrastructure comme un élément important pour les ambitions de Tesla dans la robotique humanoïde, notamment avec Optimus.
L’intégration de GrokGrok est l'assistant IA de xAI — désormais réuni avec SpaceX et X au sein de SpaceXAI — un agent conversationnel connecté en temps réel au réseau X, au ton volontairement direct et provocateur. Lire la fiche, l’IA développée au sein de l’écosystème de Musk, dans les véhicules Tesla et les robots Optimus constitue un autre point de rapprochement. Les deux entreprises collaborent également sur des batteries, des technologies de fabrication, des infrastructures de lancement et des systèmes liés à l’énergie et à l’IA.
Tesla détient par ailleurs une participation financière dans SpaceX. Son rapport du deuxième trimestre 2026 faisait état d’un gain de valorisation d’un milliard de dollars sur cette participation par rapport au trimestre précédent.
En juin, Gwynne Shotwell, présidente et directrice des opérations de SpaceX, avait reconnu auprès de CNBC qu’un rapprochement pourrait simplifier la gestion des différentes activités d’Elon Musk. Elle estimait qu’une réunion des entreprises pourrait notamment faciliter la coordination opérationnelle. Cette déclaration ne constitue toutefois pas une confirmation d’un projet de fusion.
Une opération potentiellement gigantesque
La taille des deux groupes donne une idée de l’ampleur d’un éventuel rapprochement. À la mi-octobre 2026, les valorisations rapportées atteignaient environ 1 750 milliards de dollars pour SpaceX et 1 600 milliards pour Tesla. Une fusion réunirait donc deux entreprises pesant ensemble plusieurs milliers de milliards de dollars.
SpaceX a également développé rapidement ses capacités informatiques. L’entreprise indique avoir atteint une puissance nominale de calcul de 1,7 gigawatt au 30 septembre 2026, contre 0,6 gigawatt un an auparavant. Cette infrastructure accompagne le développement de ses activités d’intelligence artificielle, notamment sa branche Super Intelligence.
La proximité entre les projets industriels, les infrastructures de calcul et les ambitions en matière d’IA pourrait fournir une logique stratégique à un rapprochement. Mais les synergies potentielles ne suffisent pas à établir qu’une fusion serait décidée, ni à déterminer sa structure financière.
Elon Musk ne peut pas décider seul
Même si Elon Musk dirige les deux entreprises, leur rapprochement ne pourrait pas être décidé unilatéralement. Tesla et SpaceX sont toutes deux cotées en Bourse et doivent respecter les procédures applicables aux opérations entre sociétés publiques.
Une fusion nécessiterait notamment un processus formel au niveau des conseils d’administration, l’approbation des actionnaires concernés, un examen réglementaire et la publication de documents auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC).
La structure du pouvoir de vote complique particulièrement le scénario pour les actionnaires de Tesla. Selon les informations rapportées, Elon Musk conserverait environ 82 % des droits de vote de SpaceX après son introduction en Bourse, grâce à une structure d’actions à droits de vote renforcés. Sa participation dans Tesla serait d’environ 20 % du capital.
Dans le cadre d’une opération entièrement réalisée en actions et fondée sur les valorisations évoquées, la structure de vote de SpaceX pourrait lui donner un poids accru dans l’entité combinée. Les conséquences exactes dépendraient toutefois des modalités de l’opération, qui ne sont pas connues.
Aucune fusion officielle à ce stade
Elon Musk avait déjà évoqué les collaborations croissantes entre les deux sociétés lors de la présentation des résultats de Tesla au deuxième trimestre 2026, en soulignant que leurs activités se recoupaient de plus en plus. Il n’avait alors pas confirmé de projet de fusion et avait rappelé la nécessité de respecter les procédures de gouvernance appropriées.
À l’issue de la présentation des résultats de SpaceX pour le troisième trimestre, aucun accord de fusion, comité spécial ou lettre d’intention n’avait été annoncé publiquement, selon les informations disponibles dans le document source.
Pour l’instant, le rapprochement entre SpaceX et Tesla relève donc de la spéculation alimentée par leurs collaborations et leur dirigeant commun. Une opération de cette ampleur impliquerait des enjeux financiers, réglementaires et de gouvernance considérables. Tant qu’aucun projet officiel n’est présenté, la possibilité d’une fusion ne peut être considérée comme acquise.