Aller au contenu principal
BlogNT
Terafab : TSMC veut contrôler l’usine de puces d’Elon Musk, qui refuse de lui céder les commandes

Décryptage

Terafab : TSMC veut contrôler l’usine de puces d’Elon Musk, qui refuse de lui céder les commandes

L'ESSENTIEL
  • TSMC exige d’exploiter lui-même l’usine du projet Terafab au Texas.
  • Elon Musk souhaite que Tesla et SpaceX conservent la maîtrise opérationnelle du site.
  • Le projet Terafab repose sur une première phase évaluée à 16,8 milliards de dollars.

TSMC se dit prêt à participer au projet Terafab d’Elon Musk, mais pose une condition majeure : toute usine impliquant le fabricant taïwanais devrait être exploitée par TSMC lui-même. Lors de la présentation des résultats trimestriels du groupe, son président-directeur général, C.C. Wei, a confirmé que des discussions étaient en cours, sans qu’un accord ait été trouvé.

Publicité

Cette position se heurte directement à celle d’Elon Musk. Le milliardaire souhaite que Tesla et SpaceX construisent et exploitent elles-mêmes leur usine, en limitant le rôle de TSMC à une éventuelle location d’une partie des installations. Les négociations illustrent ainsi les tensions autour de la gouvernance de l’un des projets industriels les plus ambitieux de Musk.

TSMC pose ses conditions pour rejoindre Terafab

Interrogé par l’analyste de JPMorgan Gokul Hariharan sur de possibles investissements supplémentaires au Texas et sur les discussions avec Tesla ou SpaceX, C.C. Wei a expliqué que plusieurs grands clients américains réclamaient davantage de capacité de production.

TSMC a donc envoyé des équipes au Texas pour rechercher un site susceptible de compléter ses installations existantes en Arizona. Wei a également confirmé que le groupe discutait avec le client à l’origine de Terafab afin de déterminer comment cette capacité supplémentaire pourrait être utilisée.

Publicité

Toutefois, la question du contrôle opérationnel reste centrale. Interrogé sur la possibilité de reproduire le modèle des coentreprises de TSMC au Japon et en Allemagne, où le fabricant exploite les usines, Wei a répondu sans ambiguïté : « Nous sommes toujours en discussion. Mais l’usine doit être exploitée par TSMC ».

Aucun calendrier n’a été communiqué pour les négociations. Le dirigeant a indiqué que TSMC fournirait davantage d’informations une fois qu’une décision définitive aurait été prise.

Elon Musk veut garder la maîtrise de l’usine

Le 7 octobre, Elon Musk avait pourtant écarté publiquement l’idée de confier à TSMC un rôle opérationnel dans Terafab. Selon ses déclarations sur X, Tesla et SpaceX comptent construire et exploiter elles-mêmes l’installation.

Musk a néanmoins laissé une ouverture limitée au fabricant taïwanais : TSMC pourrait éventuellement louer une partie du site, sans participer davantage à son fonctionnement. Cette proposition est donc à l’opposé de la condition formulée par C.C. Wei.

Les deux parties doivent encore trouver un terrain d’entente. La présence de TSMC pourrait apporter au projet l’expérience d’un acteur majeur de la fabrication de semi-conducteurs, mais son exigence de contrôle opérationnel entre en conflit avec la volonté de Musk de conserver la maîtrise de l’ensemble du dispositif.

Publicité

Une usine à 16,8 milliards de dollars au Texas

Terafab est un projet commun à Tesla, SpaceX et xAI destiné à produire des puces pour les voitures, les robots et les centres de données du groupe. Sa première phase repose sur une usine évaluée à 16,8 milliards de dollars, située dans le comté de Grimes, au Texas. Les travaux ont commencé en août 2026.

TSMC n’est pas le seul acteur industriel impliqué dans le projet. Intel devrait également y contribuer en fournissant son procédé de fabrication 14A. Son directeur général, Lip-Bu Tan, a confirmé la semaine précédente que l’entreprise entendait rester associée à Terafab.

La répartition exacte des responsabilités entre les différents partenaires reste cependant à préciser. La participation d’Intel ne règle pas la question du rôle que pourrait jouer TSMC, notamment si les discussions aboutissent à un accord sur l’exploitation de l’usine.

TSMC envisage aussi son propre campus au Texas

Les négociations autour de Terafab interviennent alors que TSMC étudie la possibilité de développer son propre campus industriel au Texas. Une telle implantation répondrait à la demande croissante de ses grands clients américains, sans nécessairement dépendre du projet de Musk.

Sur le plan financier, le fabricant taïwanais a annoncé un chiffre d’affaires de 46,7 milliards de dollars au troisième trimestre 2026, en hausse de 41 % sur un an. Pour le quatrième trimestre, il prévoit des revenus compris entre 52,3 et 54,3 milliards de dollars.

Ces perspectives donnent à TSMC une marge de manœuvre pour envisager de nouvelles capacités de production aux États-Unis. Reste à savoir si le groupe acceptera de contribuer à Terafab sans en contrôler l’exploitation, ou si Elon Musk consentira à revoir ses exigences. Pour l’instant, aucun accord n’a été conclu et les deux positions restent incompatibles sur un point essentiel : qui dirigera l’usine.

Publicité
Sujets abordés
Décryptage