Les Apple Watch Series 12 et Apple Watch Ultra 4 pourraient embarquer beaucoup plus de mémoire flash que ne l’indique leur fiche technique. Un chercheur chinois affirme avoir identifié une puce SK Hynix de 128 Go dans les nouvelles montres d’Apple, alors que celles-ci ne proposent officiellement que 64 Go de stockage utilisable.
La découverte reste à prendre avec précaution en attendant d’autres démontages indépendants, mais elle soulève une question intéressante : pourquoi Apple intégrerait-il deux fois plus de mémoire physique que la capacité annoncée ? Une partie de la réponse pourrait se trouver dans l’endurance de la mémoire flash et dans l’augmentation des traitements réalisés directement au poignet.
Une puce SK Hynix de 128 Go derrière les 64 Go annoncés
L’information provient d’un chercheur en matériel chinois utilisant le pseudonyme « White rice fried white rice », qui a publié ses observations sur Weibo. Selon son analyse, les Apple Watch Series 12 et Ultra 4 intégreraient toutes les deux une puce flash SK Hynix offrant physiquement 128 Go de capacité.
Apple n’en expose pourtant que 64 Go au système et à l’utilisateur, ce qui correspond exactement à la capacité officiellement annoncée pour ces modèles. Si l’identification du composant est correcte, environ la moitié de la mémoire installée ne serait donc pas accessible comme espace de stockage traditionnel.
Cette affirmation demande encore confirmation. Le chercheur ne dispose pas d’un historique suffisamment établi pour considérer cette observation comme définitive, et les démontages plus complets des nouvelles Apple Watch devraient permettre de vérifier la référence exacte du composant.
L’hypothèse reste néanmoins plausible sur le plan industriel. La capacité physique d’une puce NAND et l’espace réellement exposé à l’utilisateur ne correspondent pas nécessairement, une partie pouvant être réservée au contrôleur, au système ou à différentes fonctions de gestion de la mémoire.
Il ne faut donc pas interpréter cette découverte potentielle comme la présence de 64 Go qu’Apple pourrait simplement « débloquer » avec une mise à jour de watchOS. Si cette réserve existe, elle peut faire partie intégrante de la manière dont le stockage a été conçu et administré.


Une réserve massive pour améliorer la durée de vie de la mémoire ?
L’une des explications avancées concerne l’over-provisioning, une technique courante dans les systèmes utilisant de la mémoire flash. Les cellules NAND s’usent progressivement à mesure qu’elles subissent des cycles d’écriture et d’effacement, et les contrôleurs utilisent généralement une partie de la capacité disponible comme réserve.
Cette zone peut notamment participer au wear leveling, qui répartit les écritures entre les cellules, ainsi qu’au remplacement de blocs devenus moins fiables. Une capacité physique supérieure à celle exposée au système peut donc contribuer à maintenir les performances et la fiabilité du stockage sur une longue période.
Une réserve représentant potentiellement la moitié de la capacité physique serait toutefois particulièrement importante. Sans documentation d’Apple ou analyse plus approfondie du contrôleur et de l’organisation logique du stockage, il serait prématuré d’affirmer que les 64 Go supplémentaires servent intégralement à l’over-provisioning.
D’autres explications techniques ou industrielles peuvent entrer en jeu. Apple pourrait par exemple utiliser une puce de 128 Go parce qu’elle correspond mieux à ses besoins de production, tout en réservant une partie de sa capacité à différents usages internes. Seule l’identification du composant ne permet pas de déterminer précisément comment chaque gigaoctet est exploité.
Le chercheur apporte néanmoins un exemple intéressant concernant l’usure de la mémoire sur une montre. Son Apple Watch Series 7 de cinq ans, équipée de 32 Go, aurait enregistré 5,84 To d’écritures cumulées, soit environ 3,3 Go par jour en moyenne. Il s’agit d’un seul appareil et non d’une mesure représentative de toutes les Apple Watch, mais le chiffre illustre la quantité de données qu’un objet porté en permanence peut finir par manipuler.
Une Apple Watch écrit des données toute la journée
Une montre connectée possède un profil d’utilisation particulier. Elle collecte continuellement des informations issues de ses capteurs, met à jour des bases de données locales, synchronise des contenus avec l’iPhone et exécute de plus en plus de traitements directement sur l’appareil.
Avec les nouvelles générations, Apple renforce encore cette logique. Les Series 12 et Ultra 4 accordent davantage de place au suivi physiologique, à l’analyse de l’entraînement et aux fonctions capables d’interpréter les données directement depuis la montre. Toutes ces opérations ne se traduisent pas nécessairement par des volumes massifs d’écriture, mais elles augmentent la complexité du système qui fonctionne en arrière-plan.
Une importante réserve de mémoire pourrait donc avoir du sens si Apple cherche à maintenir la fiabilité de la NAND pendant plusieurs années. Une Apple Watch peut rester utilisée quotidiennement bien après sa commercialisation, et la durée de vie du stockage devient alors aussi importante que ses performances initiales.
Cette approche serait également cohérente avec une tendance plus générale de l’électronique moderne : une partie du matériel disponible n’est pas nécessairement exposée directement à l’utilisateur. Certains composants sont dimensionnés en tenant compte de la fiabilité, des contraintes thermiques ou des marges nécessaires au fonctionnement à long terme.
Cela ne signifie cependant pas que la présence supposée de 128 Go explique à elle seule la longévité des nouvelles Apple Watch. L’endurance réelle dépend également du type de NAND, du contrôleur, des algorithmes de gestion, du volume d’écritures et de nombreux autres paramètres qu’un simple démontage ne permet pas encore d’établir.
Les 64 Go supplémentaires ne seraient probablement pas déblocables
Pour les propriétaires d’une Apple Watch Series 12 ou Ultra 4, cette découverte potentielle ne change donc rien à court terme. Les montres restent commercialisées avec 64 Go de stockage, et c’est cette capacité qui doit être considérée comme disponible pour les applications, la musique, les cartes et les autres données utilisateur.
Il serait notamment hasardeux d’imaginer qu’Apple puisse transformer ultérieurement ces modèles en montres de 128 Go grâce à une mise à jour logicielle. Si une partie de la NAND est réservée à la gestion interne du stockage, la rendre accessible réduirait précisément la marge prévue par cette architecture.
La question est davantage intéressante du point de vue de la conception. Utiliser systématiquement une puce de plus grande capacité peut coûter davantage en composants, mais simplifier l’approvisionnement et offrir une marge supplémentaire pour gérer l’usure sur plusieurs années.
Le choix pourrait également préparer l’Apple Watch à des logiciels progressivement plus exigeants. Apple déplace davantage de fonctions vers ses appareils eux-mêmes, notamment pour réduire la dépendance à l’iPhone ou au cloud. Une montre capable de fonctionner plus indépendamment doit disposer de suffisamment de ressources pour absorber cette évolution pendant sa durée de vie.
Mais là encore, il s’agit d’une possibilité et non d’une explication confirmée par Apple.
Une petite découverte qui en dit long sur la conception d’une montre moderne
Cette supposée puce de 128 Go rappelle finalement que la fiche technique ne montre qu’une partie de l’architecture réelle d’un appareil. Pour l’utilisateur, une Apple Watch Series 12 reste une montre de 64 Go. Pour ses ingénieurs, la capacité physique installée peut répondre à des contraintes très différentes de la simple quantité de musique ou d’applications pouvant être stockée.
Il faudra désormais attendre d’autres analyses matérielles pour confirmer la présence de cette puce SK Hynix sur les Series 12 et Ultra 4, puis comprendre comment sa capacité est réellement partitionnée et gérée. La distinction est essentielle : identifier 128 Go de NAND ne prouve pas que 64 Go sont exclusivement consacrés à prolonger sa durée de vie.
Si l’information se confirme, elle révélera néanmoins un choix d’ingénierie inhabituellement généreux pour un appareil aussi compact. Dans une Apple Watch qui collecte, analyse et synchronise des données pratiquement sans interruption, le stockage invisible pourrait finalement avoir autant d’importance pour la longévité du produit que les 64 Go auxquels l’utilisateur a réellement accès.