Honor veut donner une dimension plus cinématographique à la vidéo mobile. À l’approche de la présentation de la série Honor Magic 9, attendue le 28 septembre, le constructeur dévoile de nouveaux rendus vidéo développés dans le cadre de son partenariat avec ARRI, l’un des noms historiques des caméras professionnelles utilisées dans l’industrie du cinéma.
L’objectif dépasse le simple ajout de filtres colorés. Honor veut s’appuyer sur l’expertise d’ARRI en matière de colorimétrie pour travailler le rendu des tons chair, des hautes lumières et de l’atmosphère générale d’une séquence directement depuis le smartphone.
Le partenariat entre Honor et ARRI devient concret
Honor avait déjà officialisé sa collaboration avec ARRI, mais la série Magic 9 doit constituer l’une des premières démonstrations concrètes de ce partenariat.
Le constructeur commence désormais à montrer ses nouveaux ARRI Cinematic Video, des rendus destinés à modifier l’esthétique des vidéos enregistrées avec ses prochains smartphones. Une démonstration mettant en scène Xiao Zhan, ambassadeur mondial des flagships Honor, permet notamment d’apercevoir plusieurs traitements appliqués à différentes séquences.
Des profils portant les références ARRI-6220 et ARRI-7130 apparaissent notamment dans les contenus présentés par Honor. D’autres effets devraient être disponibles pour faire varier la tonalité générale, la chaleur ou au contraire la froideur d’une scène.
La collaboration cherche ainsi à reproduire une partie de la logique des workflows cinéma, où la colorimétrie joue un rôle considérable dans l’identité visuelle d’une production.
Honor devra encore détailler précisément la nature technique de ces profils lors de la présentation des Magic 9. À ce stade, il est plus prudent de parler de rendus cinématographiques développés avec ARRI que d’assimiler directement leur fonctionnement à celui des outils utilisés sur les caméras professionnelles de la marque.
Des filtres qui veulent aller au-delà d’un simple changement de couleur
Les filtres photo et vidéo sont devenus banals sur smartphone. Pratiquement tous les constructeurs permettent aujourd’hui de modifier instantanément contraste, saturation ou température des images.
Honor veut donner davantage de profondeur à son approche. La marque explique notamment que les traitements issus de son partenariat avec ARRI doivent permettre de conserver des textures de peau réalistes, de mieux travailler les hautes lumières et d’obtenir des couleurs plus naturelles.
La différence est importante. Un filtre traditionnel applique souvent une esthétique immédiatement reconnaissable à l’ensemble de l’image. Une approche colorimétrique plus sophistiquée doit au contraire préserver certains éléments — notamment les tons chair — tout en modifiant la perception globale de la scène.
L’utilisateur pourra également personnaliser le résultat plutôt que d’utiliser uniquement des profils prédéfinis. Cette flexibilité pourrait intéresser les créateurs souhaitant obtenir un rendu cohérent dès la prise de vue sans devoir passer systématiquement par un logiciel de montage et d’étalonnage sur ordinateur.

Il faudra néanmoins juger la qualité de ces profils sur les fichiers définitifs. Le nom ARRI crée naturellement des attentes élevées, mais le résultat dépendra aussi du capteur, de la dynamique disponible, du traitement d’image et du format vidéo enregistré par le smartphone.
Honor rejoint Xiaomi, OPPO et vivo dans la bataille des grands noms de l’image
Le partenariat avec ARRI s’inscrit dans une stratégie désormais largement répandue sur le marché des smartphones premium. Xiaomi travaille avec Leica, OPPO avec Hasselblad, tandis que vivo s’appuie depuis plusieurs générations sur Zeiss. Ces collaborations ne servent plus seulement à placer un logo connu à côté du bloc photo.
Les fabricants cherchent progressivement à transférer une partie de l’identité visuelle de ces spécialistes vers leurs smartphones : profils colorimétriques, modes portrait, simulations optiques ou traitements spécifiques.
Honor choisit toutefois un partenaire au positionnement légèrement différent. ARRI est particulièrement associé au monde du cinéma professionnel. Ce choix permet donc à Honor d’insister davantage sur la vidéo et l’esthétique cinématographique plutôt que de concentrer toute sa communication sur la photographie traditionnelle.
Cette différenciation pourrait devenir pertinente alors que les performances photo des flagships commencent à converger. Les meilleurs smartphones disposent tous de grands capteurs, de téléobjectifs sophistiqués et d’un traitement computationnel avancé. La vidéo, le rendu des couleurs et les outils destinés aux créateurs constituent alors de nouveaux terrains pour se distinguer.
Le défi sera d’éviter que le partenariat ne reste cantonné à quelques effets visuels. Pour devenir réellement important, ARRI devra apporter une cohérence plus large à la chaîne vidéo du Magic 9.
Une série Magic 9 particulièrement ambitieuse
Honor devrait profiter de son événement du 28 septembre pour présenter plusieurs modèles. Les Honor Magic 9 et Magic 9 Pro Max sont attendus, tandis qu’une troisième déclinaison pourrait prendre le nom de Magic 9 Super Edition. Cette dernière reste entourée de nombreuses fuites, parfois contradictoires, et ses caractéristiques doivent donc encore être considérées avec prudence.
Les informations récentes évoquent un écran AMOLED plat de 6,81 pouces avec une définition 1,5K ainsi que MagicOS 11 basé sur Android 17.
La partie photographique est beaucoup moins claire. Certaines fuites mentionnent un capteur principal de 200 mégapixels accompagné d’un ultra grand-angle de 12 mégapixels et d’un téléobjectif de 50 mégapixels, tandis qu’une précédente indiscrétion évoquait au contraire un capteur principal de 50 mégapixels. Cette contradiction suffit à recommander la prudence jusqu’à l’annonce officielle. La caméra frontale atteindrait de son côté 50 mégapixels, tandis que plusieurs coloris seraient prévus, dont le jaune, le vert, le blanc et le noir.
Les profils vidéo ARRI pourraient logiquement occuper une place importante sur ce modèle très haut de gamme, mais Honor n’a pas encore détaillé les éventuelles différences fonctionnelles entre les différents Magic 9.
La Super Edition pourrait aller très loin sur la batterie et le refroidissement
Les autres caractéristiques prêtées au Magic 9 Super Edition montrent à quel point Honor pourrait pousser son flagship. Une imposante batterie de 11 000 mAh est notamment évoquée, associée à une recharge filaire de 80 W et une recharge sans fil de 50 W. Une telle capacité placerait l’appareil très au-dessus des standards historiques des smartphones premium.
Le téléphone pourrait également intégrer un ventilateur actif afin de mieux contrôler ses températures lors des charges prolongées, notamment en jeu ou pendant certains traitements vidéo. Le processeur évoqué par cette fuite est le Snapdragon 8 Elite Gen 5. Là encore, il faudra attendre les spécifications officielles pour confirmer la plateforme exacte retenue par Honor sur cette déclinaison.
L’association d’une très grande batterie et d’un refroidissement actif serait particulièrement cohérente avec les ambitions vidéo de l’appareil. L’enregistrement prolongé à haute définition fait partie des scénarios capables de maintenir simultanément capteur, processeur d’image, stockage et SoC sous une charge importante.
Si Honor veut réellement rapprocher son smartphone d’un outil destiné aux créateurs, la gestion thermique et l’autonomie compteront autant que les profils colorimétriques ARRI.
Le vrai enjeu sera de faire d’ARRI autre chose qu’une collection de filtres
Les premiers exemples montrent surtout la dimension esthétique du partenariat, mais sa portée réelle dépendra des outils proposés autour de la capture.
La présence d’ARRI devient beaucoup plus intéressante si Honor permet de contrôler précisément l’exposition, la balance des blancs, la cadence d’image et les différents paramètres vidéo, tout en proposant un format suffisamment riche pour effectuer un véritable travail d’étalonnage après l’enregistrement. À l’inverse, quelques profils colorimétriques appliqués automatiquement resteraient plus proches d’une fonction créative destinée au grand public.
Les deux approches ne sont d’ailleurs pas incompatibles. Honor peut proposer des rendus ARRI immédiatement exploitables pour les utilisateurs ordinaires et des outils plus avancés pour les créateurs souhaitant conserver davantage de contrôle.
C’est probablement sur cette profondeur que le partenariat sera jugé. Le marché du smartphone premium ne manque plus de logos prestigieux associés aux appareils photo. Ce qui distingue désormais les collaborations les plus convaincantes est leur capacité à modifier réellement la manière de photographier ou de filmer, plutôt qu’à simplement signer le module photo.
Avec ARRI, Honor possède un partenaire capable de lui donner une véritable identité dans la vidéo mobile. Le Magic 9 devra maintenant montrer que cette signature cinématographique ne s’arrête pas à l’apparence des images, mais s’étend à toute l’expérience de création.