Après l’avoir confirmé en mai, Google a lancé Googlebook : une nouvelle catégorie d’ordinateurs, avec son propre système d’exploitation, ses propres machines et ses propres règles tarifaires. Les précommandes ont ouvert le 21 septembre ; les ventes ont démarré le 4 octobre aux États-Unis et le 5 octobre en France, en Allemagne, au Royaume-Uni, en Irlande, au Canada et en Australie.
Ce n’est pas un rebranding de Chromebook : c’est une gamme distincte, positionnée au-dessus — et dont les limites commencent déjà à apparaître.
Aucun Googlebook n’a encore été testé par la rédaction. Ce comparatif s’appuie sur le communiqué officiel de Google, sur les premiers retours de lancement et sur la couverture Googlebook déjà publiée par BlogNT depuis les premières fuites, en juillet 2026.

Deux systèmes, deux philosophies
Le Chromebook n’a jamais changé de formule : un navigateur, des services en ligne, et c’est tout — ce qui permet d’en trouver à moins de 200 €, y compris pour équiper une salle de classe entière. Les applications Android y tournent, mais dans un conteneur séparé, ce qui donne parfois l’impression d’utiliser une appli téléphone agrandie de force.
Googlebook change d’approche. Le système, baptisé Googlebook OS, fusionne des briques d’Android et de ChromeOS au lieu de les juxtaposer : les applications du Play Store sont pensées pour le clavier, la souris, le trackpad et les fenêtres redimensionnables. Android n’est plus ajouté par-dessus l’OS du PC — il en fait partie.

Gemini sort de la barre latérale
Sur Chromebook Plus, Gemini reste une fonctionnalité qu’on ouvre : une barre latérale, un prompt, une réponse, puis retour au travail. Sur Googlebook, l’IA infuse davantage l’interface. Le Magic Pointer, développé avec Google DeepMind, transforme le curseur en point d’accès direct à Gemini : pointer une date dans un e-mail propose de créer un rendez-vous, sélectionner deux images propose de les fusionner ou de les comparer.
Create My Widget permet de décrire l’information qu’on veut voir apparaître — vol, réservation d’hôtel, dîner — et Gemini assemble un tableau de bord à partir de Gmail, Agenda et du web. Et pour certaines tâches comme la recherche de fichiers ou le résumé d’un document, Gemini Nano v3 tourne directement sur la machine, sans envoyer le contenu dans le cloud — la même approche déjà vue sur des téléphones comme le OnePlus 13, désormais portée sur PC.
Cinq machines, cinq approches
Cinq Googlebook sont disponibles au lancement, chacun avec sa propre configuration :
- Acer Googlebook 14 — 1 199 euro, seul 2-en-1 de la gamme : dalle tactile OLED 2,8K de 14 pouces, Intel Core Ultra 5 ou 7, jusqu’à 16 h d’autonomie annoncées.
- Asus Googlebook 14 — 1 299 euros, le plus cher, mais aussi le plus léger (1,0 kg) et le mieux doté en ports.
- Dell XPS Googlebook — pas de prix en France pour le moment, processeur Snapdragon X Elite, design largement repris du XPS 13, deux ports USB-C seulement.
- HP Googlebook — 1 099 euros, le moins cher, équipé du Snapdragon X Elite également, jusqu’à 1 To de stockage (le maximum de la gamme), déverrouillage par visage et empreinte digitale.
- Lenovo Googlebook — 1 299 euros, le plus grand écran (15,3 », dalle OLED 2880 × 1800 à 120 Hz), seul modèle décliné en blanc, bande lumineuse « Glowbar » sur le capot et touche Google dédiée sur le clavier.

Tous incluent un an de Google AIGoogle AI désigne la gamme d'abonnements payants de Google pour son IA : Google AI Plus (dès 4,99 € par mois), AI Pro (21,99 €) et AI Ultra (dès 99,99 €). Lire la fiche Pro (5 To de stockage cloud, quotas Gemini étendus), trois mois de YouTube Premium, de Photoshop et de CapCut, un an de GeForce NOW, et jusqu’à 10 ans de mises à jour — la même durée déjà promise sur Chromebook.
Le prix change tout
En France, le prix de lancement démarre autour de 1 099 € — largement au-dessus des Chromebooks classiques (souvent sous 200 € en France) et même des Chromebook Plus, qui restent généralement sous 800 €. Googlebook se positionne donc à côté d’un MacBook Air, pas à côté d’un Chromebook d’entrée de gamme.
Les limites déjà connues du Googlebook
Les premiers retours dessinent un produit prometteur mais pas encore abouti, et plusieurs réserves s’accumulent :
- Applications Android inégales sur Intel. Google a reconnu que certaines applications et certains jeux conçus pour l’architecture Arm peuvent mal fonctionner sur les modèles à processeur Intel, soit trois des cinq machines (Acer, Asus et Lenovo). Les modèles Dell et HP, sous Snapdragon, sont censés s’en sortir mieux. Google n’a pas publié la liste des applications concernées.
- Fonctions téléphone réservées aux Pixel au départ. Les fonctions « Better Together » (diffusion des applications du téléphone, accès aux fichiers, notifications, reprise d’activité) ne fonctionnent pour l’instant qu’avec les Pixel : les Samsung, y compris les plus récents, ne sont pas pris en charge au lancement, une mise à jour étant désormais déployée. Un smartphone sous Android 17Android 17 (API 37) est la nouvelle version majeure du système d'exploitation mobile de Google — plus adaptative sur grand écran, plus continue entre appareils, et surtout bien plus « agentique » grâce à Gemini Intelligence. Lire la fiche reste obligatoire, et la prise en charge de l’iPhone est annoncée sans date.
- Pas de logiciels de bureau lourds. Montage vidéo professionnel, retouche avancée ou jeux exigeants restent mieux servis par un portable Windows ou un Mac que par un ordinateur sous Android.
- Un prix et une cible encore flous. À partir de 1 099 euros, le Googlebook vise le même terrain qu’un MacBook Air, alors que Google dit surtout viser les utilisateurs Android, sans définir précisément son public.
Le Chromebook est-il mort ? Non, mais sa fin est programmée

Google l’a répété : les Chromebooks et Chromebook Plus restent au catalogue, avec jusqu’à 10 ans de mises à jour et la même console d’administration pour les écoles et les entreprises. Sameer Samat, dirigeant de la division, a précisé que Googlebook vise avant tout les utilisateurs déjà installés dans l’écosystème Android — pas spécifiquement les acheteurs de MacBook.
Toutefois, la trajectoire à long terme se précise. D’après une page d’assistance de Google destinée aux entreprises et aux écoles, ChromeOS sera pris en charge jusqu’à mi-2034, et certains Chromebooks récents pourront migrer directement vers Googlebook OS — sans que Google précise quels modèles ni à quelle date. Les fonctions de gestion de flotte comparables à celles des Chromebooks pourraient demander un an ou plus avant d’arriver sur Googlebook, ce qui explique que les établissements scolaires aient encore peu de raisons d’abandonner le Chromebook.
Dernier point de vigilance pour les acheteurs européens : Google indique que certaines fonctions ne seront pas disponibles dans l’Union européenne au lancement, sans préciser lesquelles.
Lequel choisir ?
Pour naviguer, travailler dans le cloud, ou équiper une classe à moindre coût, le Chromebook classique reste le bon choix : simple, robuste, et toujours vendu à partir de 200 euros.
Pour qui veut qu’Android joue un rôle central sur son PC, profite déjà de l’écosystème Google sur téléphone, et peut absorber un budget proche de 1 200 euros, Googlebook propose une intégration Gemini plus poussée et du matériel nettement plus premium. Les deux gammes ne se remplacent pas pour l’instant : elles couvrent deux bouts différents du catalogue Google — avec, à terme, une migration annoncée de certains Chromebooks vers Googlebook OS.
Tant que les applications Android sur Intel et la compatibilité des téléphones non-Pixel ne sont pas réglées, mieux vaut attendre les premiers tests ou viser un modèle Snapdragon.
Comparatif établi le 23 septembre 2026 et complété le 13 octobre 2026 (limites constatées au lancement) à partir du communiqué officiel de Google et de la couverture Googlebook publiée par BlogNT depuis juillet 2026. Aucun Googlebook n’a encore été testé par la rédaction ; cette page sera mise à jour après nos propres essais.