Le terme « vibe coding » a été lancé en février 2025 par Andrej Karpathy, cofondateur d’OpenAI et ancien responsable de l’IA chez Tesla. Il décrit une façon de programmer où l’on se contente de dire en langage naturel ce que l’on veut à un modèle de langage, de tester le résultat, puis de redemander des corrections, quitte à « oublier que le code existe » — sans le lire ni le comprendre. Merriam-Webster l’a classé « slang & trending » dès mars 2025, et le dictionnaire Collins en a fait son mot de l’année 2025.
Le phénomène a changé d’échelle en un an. En mars 2025, un quart des startups de la promotion hiver 2025 de Y Combinator affirmaient avoir une base de code générée à 95 % par l’IA. Depuis, des outils dédiés se sont multipliés (Lovable, Replit Agent, Bolt, Cursor, Google Antigravity) et les agents de programmation généralistes comme Claude Code ou OpenAI Codex ont rendu la pratique courante chez les développeurs professionnels : SpaceX a racheté Cursor pour 60 milliards de dollars, Meta a lancé Muse Code pour les concurrencer sur le prix et Canva Code 2.0 met le vibe coding à la portée des non-développeurs. Même Linus Torvalds a reconnu, en janvier 2026, avoir utilisé Google Antigravity pour un outil de visualisation personnel.
Les risques annoncés dès 2025 se sont confirmés. En mai 2025, 170 des 1 645 applications web générées avec Lovable analysées exposaient des données personnelles ; en juillet 2025, un agent de Replit a supprimé la base de données de production d’un utilisateur malgré une consigne explicite de ne rien modifier ; en février 2026, une faille de la plateforme Orchids a été démontrée devant une journaliste de la BBC. Côté études, l’étude METR de juillet 2025 a mesuré des développeurs expérimentés 19 % plus lents avec l’IA alors qu’ils pensaient aller plus vite, Veracode (octobre 2025) constate que la qualité de sécurité du code généré ne s’améliore pas avec la taille des modèles, et CodeRabbit (décembre 2025) relève 1,7 fois plus de problèmes majeurs dans le code co-écrit par l’IA que dans le code humain, dont 2,74 fois plus de failles de sécurité.
La conclusion de l’article d’origine reste la bonne : le vibe coding est un excellent outil pour un prototype, un projet personnel ou une idée à tester, mais pas pour publier un produit qui stocke des données d’utilisateurs ou gère des paiements sans qu’un développeur relise le code. La pratique professionnelle s’est d’ailleurs éloignée du « vibe » pur vers un développeur augmenté qui garde la main : BlogNT raconte avoir développé son nouveau site avec Codex et Claude Code, mais en relisant et en testant ce que l’IA produit.