Une version piégée de l’extension Claude Code a installé une porte dérobée SSH sur des machines de développeurs. Distribuée par la boutique d’extensions de l’éditeur Cursor pendant environ onze heures le 29 octobre, elle a pu toucher jusqu’à 5 000 utilisateurs, selon Help Net Security.
La version en cause porte le numéro 2.1.313. L’avis de sécurité de Cursor, cité par Rescana, liste aussi la 2.1.312 comme malveillante, et précise qu’aucune trace de compromission n’a été trouvée sur la 2.1.314 et les autres versions.
Cursor affirme que cette version « n’a pas été développée par Anthropic ». La présence de la version piégée sur Open VSX, la boutique libre de la fondation Eclipse, est contestée par certains chercheurs.
Ce que faisait la fausse extension Claude Code
Le code malveillant s’exécutait dès le chargement du fichier, sans aucune action de l’utilisateur. Il ajoutait la clé SSH de l’attaquant à la liste des clés autorisées de la machine, puis ouvrait un tunnel sortant vers son serveur, relancé toutes les 60 secondes environ et maintenu après la fermeture de l’éditeur.
Pour survivre aux redémarrages, il créait un fichier de démarrage sur macOS, une tâche planifiée au démarrage sur Linux et une tâche planifiée nommée SysMon sur Windows. Il envoyait aussi des informations sur la machine : nom, utilisateur, système, adresse e-mail Git, adresse IP publique et les noms, mais pas les valeurs, de variables d’environnement ressemblant à des clés.
Sur macOS, une erreur dans le code empêchait souvent d’activer le serveur SSH, ce qui a limité l’impact. La société Phorion, qui a analysé l’attaque, prévient que ce n’est pas une protection : la porte dérobée fonctionne si la connexion à distance est déjà activée ou l’est plus tard.
La réponse de Cursor
Cursor a retiré la version piégée, fermé temporairement sa boutique d’extensions, changé ses clés et reconstruit son infrastructure. Le serveur de l’attaquant a été mis hors ligne avec l’hébergeur, ce qui a coupé le tunnel. Cursor n’a trouvé aucune autre extension modifiée.
Comment vérifier vos extensions
Dans Cursor, ouvrez la liste des extensions et vérifiez la version de ClaudeClaude est l'assistant IA conversationnel d'Anthropic, conçu pour être utile, inoffensif et honnête, reconnu en 2026 pour le codage, le raisonnement et la sécurité. Lire la fiche Code installée. Si elle porte le numéro 2.1.312 ou 2.1.313, ou si vous l’avez installée ou mise à jour le 29 octobre, considérez la machine comme compromise. Les utilisateurs de Visual Studio Code passant par la boutique de Microsoft ne sont pas concernés, selon les informations publiées.
Le signe le plus simple à contrôler est la présence, dans le fichier des clés SSH autorisées (~/.ssh/authorized_keys), d’une clé portant le commentaire svc-telemetry. Phorion conseille aussi de rechercher dans les journaux SSH des connexions locales avec cette clé.
Que faire si vous avez installé une version suspecte
Désinstaller l’extension ne suffit pas : les scripts installés peuvent continuer à tourner. Utilisez les commandes et scripts de vérification et de nettoyage publiés par Cursor pour macOS et Windows, supprimez la clé svc-telemetry et les tâches de démarrage ajoutées.
Isolez ensuite la machine et envisagez de la réinstaller. Depuis un appareil sain, changez les mots de passe, jetons d’accès et clés que cette machine pouvait atteindre : dépôts Git, services cloud, clés d’API. Les noms des variables d’environnement ayant été envoyés, l’attaquant sait quels services cibler.
Pour un usage plus sûr de l’outil, notre guide pour installer Claude Code et notre fiche Qu’est-ce que Claude Code ? rappellent les canaux de distribution officiels.
Reste à savoir comment la version a été publiée
Reste à savoir comment l’attaquant a pu publier cette version dans la boutique de Cursor, et si les boutiques d’extensions renforceront leurs contrôles. Les détails continuent d’évoluer, et cet article sera mis à jour.