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Tesla Cybercab : les ventes aux professionnels prévues avant la conduite autonome sans supervision

Décryptage

Tesla Cybercab : les ventes aux professionnels prévues avant la conduite autonome sans supervision

L'ESSENTIEL
  • Tesla envisage de commencer à vendre son Cybercab à des clients tiers d'ici la fin de l'année 2026.
  • Le véhicule biplace est conçu sans volant ni commandes de conduite traditionnelles.
  • L'agence américaine NHTSA a ouvert une enquête pour examiner la conformité de sa conception.

Tesla prévoit de commencer à vendre son Cybercab à des clients tiers d’ici la fin de l’année 2026. Cette annonce, faite lors de la présentation des résultats financiers du troisième trimestre, et relayée par TechCrunch, marque une nouvelle étape dans la stratégie de robotaxis d’Elon Musk. Mais elle intervient alors que les autorités américaines enquêtent sur la conformité du véhicule, un modèle biplace électrique conçu sans volant ni commandes de conduite traditionnelles.

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Lars Moravy, vice-président de l’ingénierie chez Tesla, a précisé que les Cybercab actuellement produits sont destinés à la flotte de robotaxis de l’entreprise. À mesure que celle-ci grandira, Tesla prévoit de livrer des véhicules autonomes à des clients externes, en commençant à petite échelle avant d’augmenter les volumes au fil de son expérience en matière de livraison, de propriété et de gestion de flottes.

Tesla veut vendre ses robotaxis à des clients tiers

Tesla avait déjà évoqué la possibilité de vendre le Cybercab à des opérateurs indépendants en septembre, autour de son événement consacré au véhicule à Austin. L’entreprise avait même publié un formulaire destiné aux personnes intéressées par l’achat et l’exploitation de flottes de robotaxis. L’annonce de mercredi apporte un calendrier plus concret, même si les modalités commerciales restent à préciser.

L’objectif est de permettre à des clients de déployer leurs propres véhicules autonomes, potentiellement pour proposer des services de transport à la demande. Tesla ne prévoit toutefois pas de transformer immédiatement le Cybercab en voiture individuelle classique.

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Elon Musk a rappelé que le véhicule était avant tout pensé comme un service de transport. Selon lui, la grande majorité des Cybercab resteront la propriété de Tesla et seront exploités par l’entreprise, tandis que les autres voitures de la marque, comme les Model 3 et Model Y, continueront de répondre davantage aux besoins des particuliers.

Cette distinction est importante : vendre quelques véhicules à des opérateurs tiers ne signifie pas que Tesla renonce à son ambition de bâtir une vaste flotte qu’elle contrôle directement.

tesla cybercab

La conduite autonome sans supervision toujours repoussée

L’annonce soulève une question de calendrier. Tesla prévoit de commencer à vendre le Cybercab autonome avant que les propriétaires de ses autres véhicules puissent bénéficier de la même capacité de conduite sans supervision.

Aujourd’hui, les clients Tesla peuvent souscrire à Full Self-Driving (Supervised), un système avancé d’aide à la conduite qui automatise de nombreuses tâches, mais exige toujours qu’un conducteur reste attentif et prêt à reprendre le contrôle. Malgré les mises à jour successives, cette technologie ne permet pas encore au conducteur de se désengager de la conduite.

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Elon Musk a déclaré mercredi que la version de FSD fonctionnant sans supervision devrait être déployée auprès des clients au deuxième trimestre 2027. Ce calendrier représente un nouveau report pour les propriétaires qui attendent cette fonctionnalité depuis plusieurs années.

Si les deux échéances annoncées sont respectées, certains opérateurs de flottes pourraient donc acheter et exploiter des Cybercab autonomes avant que les propriétaires de Model 3 ou Model Y disposent d’une capacité équivalente sur leurs propres voitures. Cette différence dépendra néanmoins du cadre réglementaire et des autorisations nécessaires à l’exploitation commerciale.

Le Cybercab sous enquête des autorités américaines

Le principal obstacle pourrait venir de la réglementation. La National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA), l’agence fédérale américaine chargée de la sécurité routière, a ouvert une enquête sur le Cybercab le mois dernier, peu après le début de sa circulation sur les routes publiques à Austin.

Le problème tient à la conception même du véhicule. Le Cybercab ne possède ni volant ni pédales traditionnelles, alors que les Federal Motor Vehicle Safety Standards (FMVSS) prévoient notamment des commandes manuelles comme une pédale de frein, ainsi que des équipements tels que les rétroviseurs intérieur et latéraux.

Les constructeurs automobiles certifient eux-mêmes que leurs véhicules respectent ces normes. Tesla a suivi cette procédure pour le Cybercab, mais la NHTSA cherche à examiner les données techniques et le processus sur lesquels le constructeur s’est appuyé pour déclarer le véhicule conforme.

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Les règles actuelles ne sont pas adaptées à tous les véhicules conçus pour fonctionner exclusivement de manière autonome. Le département américain des Transports a proposé en juin de supprimer certaines exigences relatives aux commandes manuelles pour les véhicules autonomes. Cette proposition ne signifie toutefois pas que les règles ont déjà été modifiées ou que le Cybercab bénéficie automatiquement d’une exemption.

L’issue de l’enquête pourrait donc avoir des conséquences directes sur la capacité de Tesla à exploiter ses véhicules et à les vendre à des opérateurs tiers.

Un pari industriel dépendant de la réglementation

Le Cybercab représente une évolution importante dans la stratégie de Tesla. Jusqu’à présent, l’entreprise mettait notamment en avant l’idée de transformer des véhicules appartenant à des particuliers en robotaxis grâce à une mise à jour logicielle. Cette approche n’a pas encore produit le déploiement à grande échelle annoncé par Elon Musk.

Avec le Cybercab, Tesla adopte une autre logique : concevoir un véhicule spécifiquement destiné au transport autonome, puis développer une activité de service autour de celui-ci. Cette spécialisation pourrait simplifier certains aspects de son exploitation, mais elle rend aussi le modèle plus dépendant de l’autorisation de circuler sans commandes manuelles.

La vente à des opérateurs tiers permettrait à Tesla d’élargir son réseau sans financer seule chaque véhicule et chaque flotte. Mais les clients potentiels devront connaître les conditions d’utilisation, les responsabilités en cas d’incident et les exigences réglementaires applicables avant d’investir.

Le calendrier annoncé est donc ambitieux. Tesla vise des ventes avant la fin de 2026, alors que l’enquête de la NHTSA est toujours en cours et que les règles encadrant les véhicules autonomes sans commandes manuelles restent un point central. La commercialisation effective dépendra autant de la capacité de production et du modèle économique que de la réponse des autorités américaines.

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