Le classement TIOBE d’octobre 2026 réserve quelques mouvements intéressants dans le monde de la programmation. Julia fait son retour dans le top 20 pour la première fois depuis trois ans, tandis que R dépasse SQL pour s’emparer de la huitième place. Rust conserve sa dixième position, devant Go, qui poursuit son recul dans le classement annuel.
Python reste largement en tête avec une note de 19,23 %, devant C, C++ et Java. Mais, l’évolution de certains langages spécialisés, notamment Julia et R, témoigne de l’intérêt persistant pour les outils adaptés au calcul scientifique, à l’analyse de données et aux applications exigeantes en performances.
Ces résultats doivent toutefois être interprétés avec prudence. En octobre, TIOBE a modifié sa méthodologie en intégrant des termes de recherche en chinois mandarin, ce qui pourrait avoir influencé certaines variations.
Python reste numéro un, malgré un recul sur un an
Python conserve la première place du classement avec une note de 19,23 %, contre 17,76 % en septembre. Malgré cette progression mensuelle, le langage affiche un recul de 5,23 points sur un an, selon les chiffres rapportés par TechRepublic.
Les sept premières positions restent inchangées par rapport au mois précédent. C occupe la deuxième place, suivi de C++, Java, C#, JavaScript et Visual Basic. La stabilité de ce groupe contraste avec les mouvements observés dans la seconde moitié du top 20. Les langages associés à des usages spécialisés progressent, tandis que plusieurs technologies historiques perdent du terrain.
Il faut néanmoins rappeler que le TIOBE Programming Community Index mesure la visibilité des langages à travers différents moteurs de recherche et sites spécialisés. Il ne constitue pas un classement direct de leur qualité, de leur adoption en entreprise ou du nombre de développeurs qui les utilisent effectivement.

Julia retrouve le top 20 après trois ans d’absence
C’est l’un des principaux faits marquants de cette édition : Julia atteint la 18e place avec une note de 0,88 %, après avoir occupé la 21e position en septembre et la 30e place un an plus tôt.
Pour Paul Jansen, PDG de TIOBE, cette progression s’explique notamment par la recherche de langages modernes capables de combiner performances élevées et facilité d’apprentissage, en particulier pour le calcul numérique.
Julia ambitionne de se positionner entre deux approches bien connues. Python est apprécié pour son accessibilité, mais peut rencontrer des limites de performances dans certains scénarios. C++ offre des performances élevées, au prix d’une complexité souvent plus importante. Julia cherche à associer les avantages de ces deux univers.
Cette orientation peut intéresser les équipes travaillant sur le calcul scientifique, les simulations et les traitements numériques intensifs. Son retour dans le top 20 reste toutefois fragile : avec 0,88 %, Julia ne devance Ada, classé 21e, que de 0,06 point.

R dépasse SQL, Rust reste devant Go
Autre mouvement notable, R grimpe à la huitième place avec une note de 2,06 %, devant SQL, qui atteint 1,97 %. Un an plus tôt, R occupait la 13e position. Cette progression renforce la visibilité d’un langage particulièrement associé aux statistiques et à l’analyse de données. Elle ne signifie pas pour autant que R remplace SQL dans les bases de données ou les applications métier : le classement mesure la popularité relative selon les critères de TIOBE, et non la substituabilité technique des langages.
Rust conserve pour sa part la dixième place, avec une note de 1,44 %. Il occupe cette position depuis quatre mois, après avoir intégré le top 10 pour la première fois en juillet 2026. En octobre 2025, il n’était encore que 16e.
Go se situe juste derrière, à la 11e place avec 1,39 %. L’écart de seulement 0,05 point entre les deux langages rend leur ordre particulièrement susceptible d’évoluer lors des prochaines éditions.
Ces trajectoires illustrent deux dynamiques différentes : Rust consolide sa présence dans le haut du classement, tandis que Go recule par rapport à sa huitième place d’octobre 2025.
Delphi et Perl reculent, Dart et OCaml progressent
Les baisses les plus marquées sur un an concernent plusieurs langages plus anciens. Delphi/Object Pascal passe de la neuvième à la 19e place, tandis que Perl recule de la 12e à la 17e position.
À l’inverse, Dart et OCaml se rapprochent du top 20. Dart progresse de la 41e à la 27e place. Paul Jansen associe notamment sa présence persistante aux portes du top 20 à Flutter, le kit de développement d’interfaces qui s’appuie sur ce langage.
OCaml passe quant à lui de la 38e à la 26e position. Selon Jansen, cette évolution serait notamment liée à son utilisation croissante dans les systèmes de trading en temps réel et les technologies d’analyse syntaxique.
Ces progressions montrent que la visibilité d’un langage dépend aussi des écosystèmes qui l’entourent et des domaines dans lesquels il est employé. Un langage peut ainsi gagner en popularité grâce à un framework, à des besoins techniques spécifiques ou à l’adoption de nouvelles architectures logicielles.
Une nouvelle méthodologie qui complique les comparaisons
L’édition d’octobre 2026 comporte une réserve importante : TIOBE a intégré des termes de recherche en chinois mandarin dans son calcul. Ces termes représentent désormais un poids équivalent à 44,2 % de celui des termes de recherche en anglais.
Cette modification élargit la couverture linguistique du classement, mais elle peut également expliquer une partie des variations observées. Une hausse ou une baisse ne traduit donc pas nécessairement un changement équivalent de l’intérêt des développeurs.
TIOBE a par ailleurs indiqué que ses données historiques détaillées étaient temporairement indisponibles à la suite de cette évolution méthodologique. Il sera donc plus difficile, à court terme, de comparer précisément les résultats actuels avec certaines anciennes éditions.
L’indice s’appuie sur les résultats de recherche associés aux langages, notamment sur Google, Amazon, Wikipedia, Bing et plus de vingt autres sites. Il cherche à mesurer leur visibilité auprès des ingénieurs, des formateurs et des fournisseurs de technologies, mais ne mesure ni la qualité intrinsèque d’un langage ni le volume de code écrit avec celui-ci.
Un classement à suivre sans le confondre avec les usages réels
Le TIOBE d’octobre 2026 confirme la domination de Python et la stabilité des principaux langages généralistes. Il met également en évidence la progression de Julia et de R, ainsi que la consolidation de Rust dans le top 10.
Le retour de Julia dans les vingt premiers constitue un signal intéressant pour le calcul scientifique, tandis que la proximité entre Rust et Go annonce un duel susceptible d’évoluer dès les prochains mois. Il faudra cependant attendre de nouvelles éditions, et tenir compte des changements méthodologiques, pour déterminer si ces mouvements traduisent une tendance durable ou une variation de visibilité.