Le projet Terafab d’Elon Musk pourrait prendre une nouvelle dimension. Le patron de Tesla, SpaceX et xAI a confirmé que ses entreprises discutent actuellement avec TSMC autour d’un éventuel partenariat pour construire et exploiter une capacité de production de puces dédiée à ses activités.
Musk reste toutefois prudent sur l’état réel des négociations. « Just discussions, but something may come of it », a-t-il écrit sur X, confirmant l’existence des échanges tout en soulignant qu’aucun accord concret n’est encore annoncé.
@wholemars Just discussions, but something may come of it
— Elon Musk (@elonmusk) October 3, 2026
TSMC pourrait construire une usine dédiée à Musk
Les discussions porteraient sur la possibilité de créer une usine de semi-conducteurs spécifiquement destinée à répondre aux besoins de Tesla, SpaceX et xAI. Le projet serait particulièrement ambitieux. Selon les informations rapportées, Terafab viserait à atteindre 1 térawatt de capacité de calcul produite chaque année, soit environ 50 fois la production mondiale actuelle de calcul dédiée à l’IA selon l’affirmation relayée par Musk.
Il faut toutefois prendre cette estimation avec prudence : elle décrit l’ambition annoncée autour du projet et non une capacité industrielle déjà démontrée.
Deux scénarios possibles pour TSMC
Selon les informations rapportées par Tom’s Hardware, citant la newsletter Culpium de Tim Culpan, plusieurs modèles pourraient permettre à TSMC de participer au projet. Dans le premier scénario, TSMC posséderait et exploiterait directement l’usine. SpaceX ou Terafab pourraient alors participer au financement, s’engager contractuellement sur des volumes minimums de puces à acheter, ou combiner ces deux mécanismes.
Une seconde possibilité donnerait à SpaceX la majorité du contrôle de l’entité créée pour exploiter la fab. TSMC apporterait alors une part plus limitée du financement, tout en fournissant ses technologies de fabrication propriétaires et son expertise opérationnelle.
Aucun de ces scénarios n’a toutefois été confirmé comme étant celui retenu.
Le Texas pourrait devenir central
Ces discussions font également écho à des rumeurs persistantes concernant un projet de complexe de fabrication de semi-conducteurs de TSMC au Texas.
Selon les informations relayées par Culpium, ces rumeurs pourraient être liées, au moins en partie, aux besoins du projet Terafab.
Si cela se confirmait, le projet illustrerait une évolution majeure de la stratégie de Musk : plutôt que de dépendre uniquement de fournisseurs externes pour les composants nécessaires à ses différents projets, ses entreprises chercheraient à sécuriser directement une partie de leur capacité industrielle.
Intel pourrait perdre sa place dans Terafab
Cependant, l’arrivée potentielle de TSMC soulève une question importante concernant Intel. Intel est actuellement présenté comme un partenaire potentiel de Terafab, avec l’objectif de fournir son procédé de gravure 14A, présenté comme une technologie de classe 1,4 nm, pour produire des semi-conducteurs destinés à SpaceX, Tesla et xAI.
Mais si TSMC obtenait finalement le contrat pour construire et exploiter la future usine en utilisant ses propres procédés de fabrication, le rôle prévu pour Intel pourrait être fortement réduit, voire disparaître du projet.
Cela reste néanmoins hypothétique à ce stade. Les discussions avec TSMC ne constituent pas encore un accord et Elon Musk lui-même insiste sur le caractère exploratoire des échanges.
Une usine hors normes, si le projet se concrétise
Terafab reste l’un des projets industriels les plus ambitieux associés à l’écosystème Musk. Les besoins de Tesla en informatique embarquée et en conduite autonome, ceux de SpaceX pour ses systèmes et satellites, ainsi que l’appétit de xAI pour les infrastructures d’IA pourraient justifier des volumes considérables de semi-conducteurs.
La participation éventuelle de TSMC apporterait au projet une expertise industrielle majeure dans la fabrication avancée de puces.
Mais entre les ambitions annoncées et une usine opérationnelle, le chemin reste considérable. Financement, choix du procédé, localisation, calendrier, capacité réelle et répartition des responsabilités restent encore à définir.
Pour l’instant, une seule chose est confirmée : les discussions existent. Et si elles débouchent sur un accord, Terafab pourrait devenir un projet encore plus stratégique pour l’industrie mondiale des semi-conducteurs.