La première Galaxy Watch Ultra était la montre la plus ambitieuse jamais conçue par Samsung : boîtier titane, suivi santé exhaustif, Wear OS, connectivité LTE. Mais elle ne tenait pas toujours les promesses de son prix élevé — trop massive, charge trop lente, autonomie à peine supérieure aux modèles classiques. Après une année sabbatique en 2025 (laissée à la Galaxy Watch 8 Classic), la Galaxy Watch Ultra 2 revient avec une mission claire : corriger tous les défauts de la première, sans renier son identité.
Sur le papier, la recette est convaincante : boîtier plus fin, écran plus grand et beaucoup plus lumineux, batterie 35 % plus grande, puce Snapdragon, certification plongée. Mais à 749 € en Europe, le ticket d’entrée est élevé — d’autant que la Galaxy Watch 9 classique, deux fois moins chère, propose un logiciel quasi identique.
Disponible en une seule taille (47 mm) et deux coloris (Titanium Silver et Titanium Grey), la Watch Ultra 2 mérite-t-elle son statut d’exception ? Verdict après plusieurs semaines de test.
Design et confort : le titane enfin bien exploité
Samsung n’a pas réinventé l’apparence de sa montre : on retrouve le boîtier titane en forme de coussin (« squircle », un carré aux angles arrondis) et l’écran circulaire qui la distinguent de la gamme Galaxy Watch classique. Le choix était le bon, et l’affiner plutôt que repartir de zéro est judicieux. Les transitions entre écran, lunette et boîtier sont plus douces, les boutons redessinés apportent une touche plus premium, et l’ensemble paraît moins massif et industriel qu’auparavant.

La vraie prouesse d’ingénierie ne saute pas aux yeux sur les photos : Samsung a réussi à rendre le boîtier environ 12 % plus fin tout en logeant une batterie 35 % plus grande. La différence se sent dès qu’on met la montre au poignet — elle bouge moins pendant l’effort et se porte enfin confortablement toute la nuit, ce qui rend le suivi du sommeil bien plus pratique.

Curieusement, elle n’est pas plus légère (61,5 g, soit environ 1 g de plus que la première), mais le nouveau bracelet Marine (26 % plus léger, plus souple et ventilé) rééquilibre parfaitement le ressenti.

Enfin une certification pour la plongée
Le boîtier est en titane avec verre saphir, certifié 10 ATM, MIL-STD-810H et désormais IP69K (résistance aux jets d’eau haute pression). Surtout, la Watch Ultra 2 corrige le principal manque de sa devancière : elle obtient la certification de plongée EN13319 et peut enregistrer des plongées jusqu’à 40 mètres.

Un léger reproche esthétique : la finition mate de la partie centrale peut évoquer du plastique bon marché, là où l’Apple Watch Ultra affiche un titane plus assumé. Enfin, Samsung conserve son connecteur de bracelet propriétaire : les sangles standard ne sont pas compatibles.
Deux coloris sont proposés, Titane Argent et Titane Gris, tous deux livrés avec le bracelet Sport Extrême ou le Marine Band selon la version. Le bouton d’action rouge, caractéristique de la gamme Ultra, reste en place et peut être personnalisé pour déclencher un exercice, une lampe torche ou une sirène de sécurité. Ces retouches passent presque inaperçues à première vue.

Boutons et navigation
La montre conserve trois boutons — un de plus que les Galaxy Watch classiques. Le bouton du haut ramène au cadran, celui du bas fait office de retour, et le fameux Quick Button orange (personnalisable) permet de lancer instantanément un entraînement, une app, la lampe torche ou une autre action.

En salle, pouvoir démarrer une séance de musculation d’une pression plutôt qu’en fouillant dans Samsung Health change concrètement l’expérience. Un appui long déclenche une sirène d’urgence très puissante, utile en randonnée.

La lunette ne tourne pas physiquement (contrairement aux Galaxy Watch Classic), mais glisser le doigt sur son pourtour fait défiler les menus avec un retour haptique satisfaisant. Plusieurs testeurs regrettent néanmoins l’absence d’une vraie lunette rotative ou d’une couronne : un contrôle physique serait plus pratique avec des mains mouillées, des gants, ou sous l’eau.
Écran : une luminosité qui change tout
L’écran est l’une des plus belles améliorations de cette génération. La dalle Super AMOLED de 1,52 pouce (480 × 480) grimpe à une luminosité maximale annoncée de 5 000 nits — contre 3 000 sur la première Watch Ultra. Samsung revendique le titre d’« écran de montre le plus lumineux au monde », et pour une fois le chiffre se traduit dans les faits : même en plein soleil d’été, l’affichage reste parfaitement lisible sous tous les angles.

C’est précisément ce que l’on attend d’une montre pensée pour la course, le vélo ou la randonnée, où l’on ne veut pas s’arrêter pour abriter l’écran de la main. La légère augmentation de taille (1,52 » contre 1,50 ») permet aussi d’afficher davantage d’informations sans surcharger l’interface — météo, fréquence cardiaque, batterie, activité peuvent cohabiter sur un même cadran. Couleurs éclatantes, contraste excellent, texte net : protégé par le verre saphir et la lunette titane surélevée, l’écran n’a pris aucune rayure durant nos semaines de test.
Le mode nuit (cadran rouge selon la lumière ambiante) est de retour, même si l’on regrette de ne pas pouvoir en régler la luminosité séparément.
Samsung Galaxy Watch Ultra 2 : Santé et sport
Le capteur BioActive reprend l’ensemble des mesures habituelles : fréquence cardiaque, SpO2, température cutanée, composition corporelle, sommeil (avec détection d’apnées), Energy Score et suivi d’activité détaillé. L’ECG et la tension artérielle sont disponibles dans les marchés compatibles — mais uniquement avec un smartphone Galaxy et l’app Samsung Health Monitor.

La grande nouveauté sportive est le mode Trail Run, avec affichage en temps réel de l’altitude, de la pente et du dénivelé cumulé. On peut importer des itinéraires GPX (y compris depuis Strava ou AllTrails) et bénéficier d’une navigation virage par virage — précieuse pour ne pas se perdre en montagne. La montre exploite même son IA embarquée pour croiser fréquence cardiaque, allure, température cutanée et composition corporelle et proposer un guidage d’hydratation en direct, une première sur une montre connectée.

Le mode plongée (certification EN13319) enregistre profondeur, température de l’eau et durée d’immersion ; un partenariat avec le spécialiste Mares ajoutera vitesses de remontée et données de décompression.
Le suivi général est fiable, avec une précision GPS et cardio globalement au niveau des meilleures montres multisports et détection automatique d’activité efficace. Deux réserves toutefois : certaines fonctions santé « expérimentales » (mesure d’antioxydants nécessitant de retirer la montre, indice AGES diététique) restent nébuleuses et peu convaincantes.
Course à pied et trail : le vrai terrain de jeu de la Ultra 2
Comme mentionné ci-dessus, le mode Trail Run est l’ajout le plus substantiel du cru 2026 : il agrège en un seul écran le dénivelé parcouru, la progression de l’ascension et l’impact du terrain sur l’allure, avec la possibilité de précharger un itinéraire — y compris hors des sentiers balisés — et d’afficher un temps d’arrivée estimé.

La fonction Nutrition Alert, qui s’appuie sur le suivi de la perte sudorale déjà présent sur la gamme, ajoute des rappels d’hydratation réguliers, précieux sur une sortie de plusieurs heures. Rien d’inédit dans l’absolu — Garmin propose des outils comparables depuis plusieurs générations — mais Samsung les réunit ici dans une interface plus lisible que par le passé.

Sur le terrain, la précision du GPS double fréquence se confirme : sur un test de 5 km en sous-bois, la trace est restée quasiment sans dérive, avec un écart de moins de 50 mètres par rapport à une montre Garmin double bande utilisée comme référence. L’écart avec un GPS mono-fréquence classique se creuse surtout en milieu urbain dense ou sous couvert forestier ; sur piste ou route dégagée, la différence devient marginale. Côté fréquence cardiaque, les premières minutes de course montrent parfois un léger décalage, mais les mesures rejoignent celles d’une ceinture Polar H10 après un quart d’heure d’effort.

J’ai profité du Grand Raid des Pyrénées cet été pour soumettre la Galaxy Watch Ultra 2 à un vrai test d’endurance en conditions réelles : près de 8 heures de trail en montagne, en pleine chaleur estivale. C’est exactement le type d’effort pour lequel cette montre a été conçue, et l’écran 5 000 nits y a fait toute la différence — parfaitement lisible d’un coup d’œil en plein soleil, sans jamais avoir à ralentir ou à s’abriter la main. Le mode Trail Run, avec son affichage du dénivelé en temps réel et son guidage d’hydratation, prend tout son sens sur ce genre de format long : les rappels de boire au fil des heures se sont révélés bienvenus sous la canicule.
Une mise à l’épreuve grandeur nature qui confirme le positionnement outdoor assumé de la montre.

Logiciel : Wear OS avec One UI Watch
La Watch Ultra 2 tourne sous One UI 9 Watch (basé sur Wear OS 7), avec un engagement de cinq mises à jour majeures et cinq ans de correctifs de sécurité. Le logiciel reste le grand atout de Samsung face aux montres de sport pures : accès complet au Play Store et aux applications populaires (Google Maps, Wallet, Spotify, Gmail, YouTube Music). Google Maps au poignet, avec vibration avant chaque virage, permet de laisser le téléphone dans la poche.
Samsung abandonne ses puces Exynos maison au profit du Snapdragon Wear Elite de Qualcomm (2 Go de RAM, 64 Go de stockage), pour un gain annoncé de 30 % côté CPU et près de 20 % côté GPU. En pratique, l’interface est fluide et réactive, le multitâche excellent — on jongle entre messagerie, calendrier et suivi d’entraînement sans perdre de progression.






La nouveauté logicielle est Gemini Raise to Talk : lever le poignet et parler pour activer l’assistant, sans mot-clé ni bouton. Quand ça marche, c’est naturel — la montre distingue bien un simple coup d’œil d’une réelle intention de parler. Mais plusieurs testeurs relèvent un fonctionnement inconstant : le geste échoue parfois sans raison, obligeant à revenir au bouton ou au « OK Google ». Une fonction prometteuse, mais visiblement livrée avant maturité.

Le principal grief logiciel est ailleurs, et il est de taille : trop de fonctionnalités sont arbitrairement réservées aux possesseurs de smartphones Galaxy (plusieurs mesures cardiaques avancées, ECG, tension). Sur une montre Android censée célébrer l’interopérabilité entre marques, ce cloisonnement est difficilement justifiable et pénalise les utilisateurs d’autres téléphones Android.
Autonomie : le vrai bond en avant
Samsung a nettement musclé sa batterie : 800 mAh, soit 35 % de plus que les 590 mAh de la première Watch Ultra — et ce, dans un boîtier plus fin. La marque annonce jusqu’à 60 heures avec l’Always-On Display activé. En test, avec l’AOD actif en journée (coupé la nuit) et plusieurs séances de sport enregistrées, la montre a tenu entre 48 et 50 heures, soit deux journées complètes d’usage réaliste sans rogner sur les fonctionnalités. On peut ainsi la recharger un soir sur deux et porter la montre la nuit sans dilemme.

C’est mieux que la Pixel Watch 5 et l’Apple Watch Ultra 3, ce qui en fait la championne d’autonomie du monde Wear OS grand public — même si les montres GPS Garmin tiennent toujours des semaines.
Car le vrai point noir persiste : la recharge est lente. Comptez 40 % en 30 minutes, mais près d’1 h 45 pour une charge complète — beaucoup trop pour une montre premium à ce tarif. Pire, la recharge sans fil Qi standard n’est pas supportée : il faut impérativement le palet magnétique propriétaire de Samsung.
