Aller au contenu principal
BlogNT
Tesla rebaptise son Full Self-Driving en Assisted Driving en Europe, sans modifier le logiciel

Décryptage

Tesla rebaptise son Full Self-Driving en Assisted Driving en Europe, sans modifier le logiciel

Tesla a changé le nom de son système d’aide à la conduite Full Self-Driving en Europe. Désormais baptisé Tesla Assisted Driving, le logiciel adopte une appellation moins ambiguë, quelques jours après que les autorités allemandes ont jugé le nom précédent trompeur.

Publicité

Mais derrière ce changement marketing, les principales caractéristiques du système restent inchangées, et son homologation à l’échelle européenne se heurte toujours à un problème majeur : sa gestion de la vitesse.

Le nouveau nom est apparu sur les sites européens de Tesla, notamment en Allemagne, en Espagne, aux Pays-Bas et en Slovaquie, selon Reuters. Aux États-Unis, le constructeur continue de commercialiser le Full Self-Driving (Supervised), proposé à 99 dollars par mois.

Un nouveau nom, mais pas de changement technique

Le changement concerne pour l’instant la présentation commerciale du système, et non son fonctionnement. D’après Electrek, qui a examiné la nouvelle page allemande, le contenu reste largement identique à celui de la version américaine, à l’exception des termes employés.

Publicité

Tesla continue notamment de présenter un système capable de conduire dans de nombreuses situations, sous la supervision permanente du conducteur. La page conserve également l’affirmation selon laquelle le dispositif serait sept fois plus sûr, ainsi que des références aux projets Robotaxi et Cybercab.

Cette affirmation relative à la sécurité a toutefois été contestée. En juin, des chercheurs indépendants ont estimé que les données utilisées pour la justifier ne permettaient pas d’établir une telle conclusion.

Le changement de nom ne signifie donc ni que Tesla a rendu son système autonome sans supervision, ni que les autorités européennes ont validé l’ensemble de ses fonctionnalités. Le conducteur reste responsable de la surveillance de la route et doit pouvoir reprendre le contrôle du véhicule.

L’Allemagne jugeait l’ancienne appellation trompeuse

La décision de Tesla intervient après plusieurs critiques formulées par les autorités européennes. En Allemagne, le ministère des Transports considère que le nom Full Self-Driving peut induire les automobilistes en erreur, puisque le système ne prend jamais entièrement en charge la conduite.

Le ministre allemand des Transports, Steffen Bilger, a indiqué qu’il soutiendrait une procédure d’approbation accélérée à l’échelle de l’Union européenne. Le changement de nom répond ainsi à une préoccupation réglementaire, même si les conditions précises d’une éventuelle homologation restent à satisfaire.

L’Italie s’était également inquiétée de cette appellation. Dans des échanges internes obtenus par Reuters grâce à des demandes d’accès aux documents administratifs, des responsables italiens estimaient que le nom pouvait laisser croire à une automatisation sans supervision, correspondant au niveau 3 de la classification SAE.

En Suède, les autorités chargées de la protection des consommateurs ont demandé à l’agence nationale des transports d’évaluer si le marketing de Tesla risquait de donner aux acheteurs une impression erronée des capacités du système.

Publicité

Ces préoccupations ne sont pas nouvelles. En 2020, des juges de Munich avaient déjà interdit à Tesla d’utiliser en Allemagne certaines formulations laissant entendre que ses véhicules disposaient de toutes les capacités nécessaires à une conduite autonome.

La vitesse, principal obstacle à l’homologation européenne

Un vrai obstacle à l’homologation européenne
Un vrai obstacle à l’homologation européenne

Au-delà de la terminologie, les différences de comportement du logiciel constituent un enjeu plus concret pour les régulateurs. L’Allemagne souhaite notamment que le système soit limité à une vitesse ne dépassant pas de plus de 10 % la limite autorisée.

Or, selon Reuters, la version approuvée aux Pays-Bas permettrait au véhicule de dépasser de 50 % la limite détectée dans certaines situations. Cet écart pose la question de la compatibilité du système avec les exigences de sécurité routière des différents pays européens.

La France et la Suède ont également exprimé des inquiétudes concernant les excès de vitesse. Tesla n’a pas précisé si une modification du logiciel était prévue pour répondre à ces préoccupations.

Le problème ne peut donc pas être résolu uniquement en changeant le nom du produit. Même si l’appellation Assisted Driving décrit plus clairement une fonction d’assistance, l’homologation dépend aussi de la capacité du système à respecter les règles de circulation et les exigences techniques imposées par les autorités.

Huit pays européens autorisent déjà le système

La diffusion du système reste néanmoins progressive. Selon les informations rapportées, huit pays de l’Union européenne l’autorisaient désormais, contre six un mois auparavant. La République tchèque et la Croatie ont rejoint cette liste après avoir reconnu le certificat délivré aux Pays-Bas.

La Slovaquie pourrait devenir le neuvième pays à autoriser le dispositif. Son ministre des Transports, Jozef Ráž, a indiqué que cette reconnaissance pourrait intervenir dans les prochains jours.

Publicité

Une approbation valable dans toute l’Union européenne se fait toutefois toujours attendre. Le comité qui devait se prononcer le 6 octobre n’a pas voté, et décembre constitue désormais la première échéance envisagée. La France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne n’ont pas encore autorisé le système, selon les informations disponibles.

Ce décalage souligne la difficulté de faire reconnaître à l’échelle européenne un dispositif dont les conditions d’utilisation et le comportement doivent répondre à des exigences réglementaires communes.

Tesla mobilise ses clients pour accélérer les décisions

Pour accélérer le processus, Tesla aurait également encouragé certains propriétaires et sympathisants à solliciter les autorités nationales afin de soutenir une approbation plus rapide. Reuters a rapporté cette semaine que le constructeur avait incité des utilisateurs à faire pression auprès des régulateurs.

Cette stratégie intervient alors que plusieurs propriétaires cherchent à comprendre les démarches encore nécessaires pour permettre l’utilisation du système dans leur pays. En septembre, un automobiliste norvégien avait notamment interrogé l’administration routière de son pays sur les étapes restant à franchir.

La mobilisation des clients peut accroître la pression politique, mais elle ne remplace pas l’évaluation technique et réglementaire du logiciel. Les autorités doivent notamment déterminer si ses fonctionnalités et ses limites correspondent aux règles applicables.

Un changement de vocabulaire qui ne règle pas tout

En adoptant le nom Tesla Assisted Driving, le constructeur répond à une critique récurrente : l’appellation Full Self-Driving pouvait laisser penser que le véhicule était capable de conduire sans intervention humaine. Mais le changement reste essentiellement commercial tant que le fonctionnement du logiciel demeure identique.

La prochaine étape se jouera donc sur le terrain réglementaire. Pour obtenir une reconnaissance plus large en Europe, Tesla devra convaincre les autorités que son système respecte les exigences de sécurité, notamment en matière de vitesse, et que sa communication décrit fidèlement le rôle du conducteur.

Le changement de nom constitue un premier signal, mais il ne garantit ni une homologation européenne imminente ni une disponibilité prochaine dans les pays qui n’autorisent pas encore le système.

Publicité

Retrouvez BlogNT en priorité sur Google

Ajoutez-nous à vos sources préférées : nos analyses et tests remontent en tête de votre fil Google Actualités et de la recherche.

Ajouter BlogNT comme source préférée
Sujets abordés
Décryptage