EA Sports FC 27 est sorti le 27 septembre 2026 sur PS5, Xbox Series X|S et PC. Je l’ai testé en version Xbox, avec une question en tête : la promesse de remettre le skill individuel au centre du jeu, en commençant par la défense, tient-elle vraiment sur le terrain ? Après plusieurs dizaines de matchs, ma réponse est nuancée — enthousiaste sur certains points, plus réservée sur d’autres.
Moteur et sensations de jeu
Le changement le plus immédiat, je l’ai senti dès les premières frappes : le ballon a un vrai poids, les collisions entre joueurs paraissent plus crédibles, et le nouvel éclairage sublime particulièrement les matchs joués en nocturne. J’ai aussi remarqué la réduction des animations pré-programmées au profit d’une plus grande fluidité des joueurs, portée par un nouveau système de duel aérien à deux joueurs et des corners dynamiques que j’ai pris plaisir à retravailler.

Les dribbles hors-équilibre m’ont paru plus fluides sur les joueurs les plus agiles, ce qui creuse l’écart entre profils techniques et physiques — assez satisfaisant en pratique. Seul bémol : j’ai constaté quelques ralentissements dans les menus, et des temps de chargement en ligne parfois plus longs qu’attendu.
La défense reprend le pouvoir
C’est la vraie révolution de cette édition, portée par ce qu’EA appelle Authentic Gameplay 2.0, et c’est ce qui m’a le plus marqué : les replacements automatiques sont devenus bien moins fiables, et mes joueurs non contrôlés gardent leur position plutôt que d’intervenir tout seuls pour sauver une situation. Il n’y a plus vraiment de tacle automatique fiable : j’ai dû réapprendre à anticiper le placement pour couper les courses adverses, une vraie courbe d’apprentissage les premières heures.

Le système tactique qui accompagne ce changement m’a agréablement surpris par sa profondeur : j’ai pu ajuster le rôle de chaque joueur selon la formation, et basculer les consignes en plein match selon le score. En face, j’ai vite compris que gagner un duel par la seule surcharge de joueurs autour du ballon ne fonctionnait plus — l’IA défensive reconnaît mieux les espaces libres, ce qui récompense un jeu construit et patient plutôt que la précipitation.
Ce qui m’a moins convaincu
Je ne veux pas non plus dresser un tableau trop idyllique. Sur certains matchs, malgré tous ces progrès défensifs, j’ai trouvé mes attaquants un peu trop enclins à dribbler d’un côté à l’autre en attendant qu’un défenseur craque, plutôt qu’à construire un jeu vraiment réaliste — l’IA offensive adverse mériterait encore d’être affinée.

Les promesses marketing d’EA (moins d’automatisation, plus de contrôle, refonte des coups de pied arrêtés) ne se sont pas toutes vérifiées avec la même netteté une fois manette en main : les coups de pied arrêtés en particulier m’ont semblé confus les premières fois.
Modes de jeu : la Carrière Manager en tête
C’est le mode qui m’a le plus retenu. Notation dynamique de mes joueurs au fil de leurs performances, valeurs marchandes qui fluctuent en temps réel, marché des transferts repensé avec des négociations à plusieurs étapes — j’ai particulièrement apprécié l’interface façon téléphone pour les tractations, plus réaliste mais aussi plus exigeante qu’avant. La Carrière Joueur, en revanche, m’a semblé quasiment inchangée depuis plusieurs éditions — un contraste qui commence à se voir.

Ultimate Team conserve sa structure habituelle mais j’ai trouvé le grind sensiblement durci, avec un système de SBC simplifié en façade et une économie compliquée par la multiplication des monnaies en jeu. J’ai tout de même apprécié la nouvelle FUT Gallery, une archive des cartes obtenues, et davantage de contenu PvE pour jouer solo. En résumé, mon ressenti sur l’écart de ton entre les modes : la Carrière demande de la construction tactique, quand Ultimate Team reste résolument arcade, avec des scores élevés très fréquents.

The Grounds : un hub social encore vide
The Grounds est le pari le plus visible de cette édition : un hub social en monde ouvert, inspiré de l’esthétique des villes européennes, où j’ai pu croiser jusqu’à 100 joueurs en simultané, exclusif PC et consoles de génération actuelle. J’y ai trouvé des cosmétiques, des défis, et plusieurs mini-jeux sympathiques (1v1, 2v2, 3v3, Balloon Ball, Goal Control).
Mais je dois être honnête : l’ambiance m’a paru assez basique une fois la nouveauté passée, et le mode aura clairement besoin de contenu frais pour me donner envie d’y retourner régulièrement. En l’état, j’ai plutôt eu l’impression d’un menu étendu déguisé en contenu ouvert que d’une vraie destination.
Ce qu’en disent les autres joueurs
Je ne suis pas seul à avoir un avis partagé. Sur Metacritic, le Metascore, basé sur 40 tests professionnels, s’établit à 76/100 (« généralement favorable », 75 % d’avis positifs) — un consensus qui rejoint globalement le mien sur les progrès du gameplay. Le score utilisateurs raconte une tout autre histoire : 3,2/10 sur 58 notes, 71 % d’avis négatifs. Les joueurs qui s’y expriment décrivent un jeu qui ressemble à un patch mal optimisé avec des changements minimes, et pointent une monétisation jugée agressive — un décalage critique/public que je trouve important de relayer, même si mon expérience manette en main a été globalement positive.

Au final, EA Sports 27 FC me gagne surtout sur le terrain : la physique retravaillée, la défense enfin exigeante et une Carrière Manager étoffée compensent à mes yeux un Ultimate Team plus âpre et un mode Carrière Joueur à la traîne. Mais entre mes propres réserves sur l’IA offensive et le rejet massif exprimé par une partie des joueurs, je ne peux pas recommander cet épisode les yeux fermés : l’unanimité n’est clairement pas de mise cette année.