Aller au contenu principal
BlogNT
AnTuTu V12 veut en finir avec les scores spectaculaires pour mieux mesurer les performances réelles

Décryptage

AnTuTu V12 veut en finir avec les scores spectaculaires pour mieux mesurer les performances réelles

L'ESSENTIEL
  • Une refonte complète de la méthode de calcul pour des scores désormais incomparables avec la version 11.
  • Une évaluation du processeur centrée sur sa capacité à gérer les transitions entre puissance et économie d'énergie.
  • Des tests graphiques et de stockage plus exigeants face aux usages réels et au vieillissement de l'appareil.
  • Une nouvelle interface moderne parfaitement adaptée aux tablettes et smartphones pliables.
  • Une bêta publique déjà disponible sur Android et iOS pour tester le futur du benchmark.

AnTuTu prépare l’une des plus importantes refontes de son benchmark mobile avec la version 12, désormais disponible en bêta publique. L’objectif n’est plus simplement de produire le score le plus impressionnant possible, mais de rapprocher davantage les tests du comportement réel d’un smartphone au quotidien.

Cette évolution arrive dans un contexte où les benchmarks ont perdu une partie de leur aura. Entre optimisations spécifiques des constructeurs, modes « benchmark » et scores toujours plus difficiles à interpréter, un chiffre isolé ne suffit plus vraiment à résumer les performances d’un appareil. AnTuTu V12 tente précisément de corriger cette dérive.

Les benchmarks traînent un lourd historique d’optimisations artificielles

Pendant longtemps, AnTuTu et Geekbench ont servi de références presque incontournables pour comparer les performances des smartphones. Les deux outils ne mesurent pourtant pas exactement la même chose. Geekbench se concentre principalement sur les performances CPU à travers des charges censées reproduire différents scénarios d’utilisation, tandis qu’AnTuTu construit un score global à partir du processeur, du GPU, de la mémoire et de l’expérience utilisateur.

Publicité

Cette simplicité a cependant créé un problème : un score élevé est devenu un argument marketing.

Plusieurs constructeurs ont été accusés par le passé d’identifier automatiquement les applications de benchmark afin de modifier le comportement du smartphone. Certains appareils pouvaient alors maintenir des fréquences plus élevées ou empêcher leurs cœurs de passer en veille, produisant des performances difficiles à reproduire dans un usage normal.

Le Galaxy Note 3 avait notamment été pointé du doigt pour un mécanisme de ce type, mais Samsung n’était pas le seul constructeur concerné. HTC, LG ou ASUS ont également été associés à des controverses similaires.

AnTuTu V12 repart avec une nouvelle méthode de calcul

La version 12 introduit suffisamment de changements pour rendre les nouveaux résultats incomparables avec ceux d’AnTuTu V11 et des générations antérieures. Algorithmes, scénarios de test et méthodes de notation ont été révisés. Ce changement de base est volontaire. AnTuTu cherche à éviter qu’un smartphone soit simplement valorisé parce qu’il parvient à produire une fréquence maximale pendant quelques secondes.

Pour construire ses références, le benchmark utilise désormais des conditions de test plus contrôlées, avec une température ambiante d’environ 26 °C, une batterie chargée à plus de 80 % et une luminosité de l’écran réglée autour de 300 nits.

Ces paramètres ne rendent évidemment pas toutes les comparaisons parfaites, mais ils réduisent certaines variables susceptibles de fausser fortement les résultats.

Le CPU est évalué sur sa capacité à changer de rythme

Le nouveau test CPU illustre particulièrement bien cette philosophie. Au lieu de rechercher uniquement la fréquence maximale atteignable, AnTuTu V12 s’intéresse davantage à la manière dont le SoC passe entre courtes pointes de puissance et phases de fonctionnement plus économes. C’est beaucoup plus proche de la réalité d’un smartphone.

Lorsqu’un utilisateur ouvre une application, lance une recherche ou applique un filtre photo, le processeur peut monter brutalement en fréquence avant de redescendre quelques instants plus tard. Une puce capable de délivrer une excellente pointe mais trop lente à revenir dans une zone efficace peut consommer inutilement de l’énergie.

À l’inverse, un SoC très économe mais trop conservateur peut donner une impression de lenteur dans l’interface.

Le comportement dynamique compte donc presque autant que les performances absolues, et c’est précisément ce qu’AnTuTu veut mieux capturer avec cette nouvelle génération.

0737956ee145af58d2aa4dacacdb2c3c Y29tcHJlc3NfZm9ybWF0X3BuZw

Le GPU doit maintenant gérer des charges plus réalistes

La partie graphique évolue elle aussi. AnTuTu V12 utilise des scènes 3D plus détaillées, avec éclairages plus réalistes, ombres douces et charges graphiques capables de mieux solliciter les GPU modernes. L’objectif n’est pas simplement de mesurer combien d’images par seconde un smartphone peut produire dans une scène artificielle extrêmement courte.

Le benchmark ajoute également un test dynamique de latence mémoire GPU, destiné à observer la manière dont la mémoire graphique réagit lorsque la charge varie. Cette mesure devient particulièrement intéressante avec les jeux modernes, l’upscaling par IA ou la génération d’images intermédiaires. Dans ces scénarios, les performances ne dépendent plus uniquement de la puissance de calcul du GPU, mais aussi de la rapidité avec laquelle données et textures peuvent être déplacées.

Un score graphique élevé obtenu sur une courte séquence ne garantit donc pas nécessairement une expérience fluide après vingt minutes de jeu.

AnTuTu veut aussi mesurer le vieillissement du stockage

La mémoire et le stockage deviennent eux aussi plus importants dans le nouveau protocole. AnTuTu V12 introduit notamment un test de fragmentation mémoire, destiné à observer ce qui se passe lorsqu’un appareil se remplit progressivement. C’est un point souvent absent des comparaisons classiques.

Un smartphone neuf, presque vide, peut afficher d’excellentes performances de stockage. Après plusieurs mois, avec des centaines d’applications, des milliers de photos et de nombreux fichiers temporaires, son comportement peut devenir sensiblement différent.

Mesurer cette dégradation potentielle rapproche donc davantage le benchmark d’un usage réel. C’est aussi une façon d’évaluer la qualité du contrôleur de stockage, du système de fichiers et des optimisations logicielles, plutôt que la seule vitesse maximale théorique de la mémoire flash.

Le score global devrait devenir moins spectaculaire, mais plus utile

Cette nouvelle approche pourrait produire des résultats beaucoup moins impressionnants visuellement. Les scores AnTuTu ont connu une inflation considérable au fil des années, au point d’atteindre plusieurs millions de points sur les meilleurs smartphones.

Le problème est que ces chiffres deviennent difficiles à interpréter. Un score de 2,6 millions paraît impressionnant, mais il ne dit pas immédiatement si le smartphone chauffe après quinze minutes, conserve ses applications en mémoire ou reste fluide lorsque son stockage est presque plein.

AnTuTu V12 cherche donc à redonner du sens au chiffre final en le reliant davantage à plusieurs dimensions concrètes du fonctionnement.

Cela ne supprimera pas pour autant les limites inhérentes aux benchmarks. Un score unique restera toujours une simplification extrême d’un appareil complexe. Mais, il pourrait redevenir un indicateur plus utile s’il devient plus difficile à optimiser artificiellement autour d’un scénario précis.

484be20eec3b448d74354184986a46c5 Y29tcHJlc3NfZm9ybWF0X3BuZw

Une interface modernisée pour smartphones, tablettes et pliables

AnTuTu profite également de la version 12 pour revoir son interface. L’application adopte désormais un flux d’informations organisé sous forme de cartes, avec des catégories plus lisibles et une présentation mieux adaptée aux différents formats d’écran. L’interface peut notamment s’ajuster plus naturellement aux tablettes et smartphones pliables.

Ce changement devient logique à mesure que les appareils Android se diversifient. Un benchmark affiché sur un écran de 7 ou 8 pouces ouvert en format tablette ne peut plus se contenter d’une interface pensée exclusivement pour un smartphone traditionnel.

La refonte permet donc à AnTuTu de moderniser non seulement son moteur de test, mais aussi l’expérience globale de consultation des résultats.

Une bêta publique déjà accessible

AnTuTu V12 est disponible sous forme de bêta publique, aussi bien sur iOS que sur Android. Sur iPhone, l’accès passe par TestFlight, tandis que la version Android peut être installée manuellement avec le package principal et le module 3D Bench dédié aux tests graphiques.

Comme il s’agit encore d’une bêta, les scores peuvent évoluer avant la version finale. C’est un point important pour les premières comparaisons qui apparaîtront probablement rapidement sur les réseaux sociaux : un résultat V12 bêta ne doit pas être présenté comme une référence définitive.

Les fabricants auront également besoin de temps pour vérifier le comportement de leurs appareils avec cette nouvelle méthodologie.

Le vrai enjeu est de redonner de la crédibilité aux benchmarks

AnTuTu V12 arrive à un moment où le marché a besoin de meilleurs outils de lecture. Les smartphones haut de gamme disposent aujourd’hui de niveaux de puissance largement suffisants pour la majorité des usages. Les différences les plus intéressantes concernent désormais la stabilité, la consommation, la mémoire, les températures et la capacité à maintenir les performances dans le temps.

Continuer à mesurer uniquement des pics de puissance aurait donc de moins en moins de sens. La nouvelle approche d’AnTuTu va dans la bonne direction en s’intéressant davantage au comportement dynamique du matériel et à des scénarios proches de la vie réelle. Elle ne pourra évidemment pas empêcher totalement les constructeurs d’optimiser leurs appareils pour les benchmarks. Dès qu’un classement devient influent, les fabricants ont intérêt à chercher le meilleur résultat possible. Mais, en multipliant les charges variables et les mesures de long terme, AnTuTu peut rendre ces optimisations beaucoup moins simples.

Le benchmark le plus utile n’est finalement pas celui qui produit le chiffre le plus élevé. C’est celui qui explique le mieux pourquoi deux smartphones dotés de composants similaires peuvent offrir, dans la poche de l’utilisateur, des expériences très différentes.

Retrouvez BlogNT en priorité sur Google

Ajoutez-nous à vos sources préférées : nos analyses et tests remontent en tête de votre fil Google Actualités et de la recherche.

Ajouter BlogNT comme source préférée
Publicité
Décryptage