Meta veut faire de Muse un véritable assistant pour les entreprises. Le groupe annonce une nouvelle version de son agent d’intelligence artificielle, baptisée Muse for Small Business, destinée aux petites entreprises et capable de se connecter aux logiciels qu’elles utilisent déjà au quotidien.
L’objectif est simple : permettre à Muse d’accéder aux données commerciales, financières, marketing et opérationnelles d’une entreprise afin d’aider son propriétaire à gérer une partie de son activité. Meta affirme toutefois que l’agent ne pourra pas publier de contenu, envoyer de messages ou effectuer des achats sans validation préalable.
Muse se connecte aux outils des entreprises
La nouvelle version de Muse peut notamment fonctionner avec Shopify, Stripe, Canva et QuickBooks, mais aussi avec de nombreux outils professionnels.
L’agent peut récupérer les statistiques des comptes professionnels Instagram et des pages Facebook, ainsi que travailler avec les comptes publicitaires de Meta. Il peut également se connecter à des services comme Slack, Zoom, Notion, Figma et Dropbox.
Meta prévoit même la possibilité pour les entreprises de créer leurs propres connecteurs lorsqu’un service utilisé en interne n’est pas encore pris en charge.

Ces intégrations permettent à Muse de disposer d’une vision beaucoup plus complète de l’entreprise : identité de marque, boutique en ligne, données financières, comptes professionnels ou encore informations liées aux clients.
Un assistant qui connaît l’entreprise
Avec ces différentes connexions, Muse peut donc travailler à partir du contexte réel d’une petite entreprise plutôt que de fonctionner comme un simple chatbot. Un commerçant pourrait par exemple lui fournir l’accès aux données de sa boutique, à ses comptes sociaux et à ses outils de gestion afin d’obtenir une analyse plus pertinente de son activité ou de préparer certaines tâches.
Cependant, Meta insiste sur le fait que l’agent reste sous le contrôle du propriétaire. Les actions susceptibles d’avoir des conséquences externes ne sont pas exécutées automatiquement sans approbation.
Cette distinction est importante alors que les agents IA commencent progressivement à passer de la simple génération de contenu à l’exécution de tâches dans des logiciels tiers.
« Je dois libérer du temps »
Parmi les premiers utilisateurs figure Tom Mulholland, un épicier de l’Iowa. Il explique travailler environ 65 heures par semaine et voit dans Muse un moyen de consacrer davantage de temps aux tâches directement liées à son activité.
« J’ai besoin de libérer du temps pour le travail qui rapporte réellement de l’argent à mon entreprise », explique-t-il dans l’annonce de Meta, en évoquant notamment la préparation de la viande et des saucisses.
Meta affirme que ce type d’utilisation est déjà courant. Selon Vishal Shah, vice-président des produits IA de Meta, environ un utilisateur précoce de Muse sur trois aurait connecté l’agent à un compte professionnel.
Muse connaît déjà un début de succès
Meta avait lancé Muse le 8 septembre comme un assistant personnel capable notamment de faire des achats, de réserver des voyages, d’envoyer des e-mails et d’effectuer des paiements aux États-Unis et au Canada.
L’application aurait rapidement rencontré son public. Elle serait devenue l’application gratuite la plus téléchargée aux États-Unis et au Canada, tandis que des estimations de Sensor Tower citées par Reuters font état d’environ 2,8 millions de téléchargements durant ses deux premières semaines.
Meta cherche désormais à transformer cette adoption initiale en une plateforme capable de répondre également aux besoins professionnels.
Une expansion qui intervient après plusieurs controverses
Le développement de Muse intervient toutefois dans un contexte où les agents capables d’interagir avec des services tiers soulèvent déjà des questions de sécurité.
Amazon a récemment retiré Muse de sa boutique, affirmant que l’agent ne s’était pas correctement identifié et semblait conserver des identifiants de connexion de clients. Meta conteste cette affirmation.
Le fonctionnement de Muse implique justement un niveau d’accès beaucoup plus important qu’un assistant IA classique. Plus l’agent est connecté aux outils d’une entreprise, plus les conséquences potentielles d’une erreur ou d’une mauvaise action peuvent être importantes.
Le choix de Meta de conserver une validation humaine avant les actions externes constitue donc un élément central de son approche.
Meta cherche de nouvelles sources de revenus
L’arrivée de Muse dans les petites entreprises s’inscrit également dans une stratégie commerciale plus large. La publicité représente encore l’immense majorité des revenus de Meta. Le groupe cherche donc à développer de nouvelles sources de revenus autour de ses technologies d’intelligence artificielle.
Lundi, Meta a notamment annoncé une plateforme IA destinée aux grandes entreprises, tandis que CJ Desai, jusqu’ici PDG de MongoDB, doit prendre la tête de cette nouvelle activité.
Muse for Small Business apparaît ainsi comme l’autre versant de cette stratégie : proposer des outils d’IA agentique aussi bien aux grandes organisations qu’aux petites entreprises.
Pas de tarif spécifique pour les entreprises
Meta ne prévoit pour l’instant aucune tarification distincte pour la version destinée aux petites entreprises. Muse reste accessible gratuitement pour la majorité des utilisateurs, tandis que les formules payantes permettent principalement d’obtenir des limites d’utilisation plus élevées.
Avec Muse for Small Business, Meta cherche donc à faire évoluer son assistant personnel vers un outil capable de devenir une véritable interface entre les dirigeants et leurs logiciels professionnels. Reste à voir jusqu’où les petites entreprises accepteront de déléguer leurs opérations quotidiennes à un agent capable d’accéder à autant de données et de services.