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Figma permet désormais de générer ses propres plugins et shaders avec l’IA

Décryptage

Figma permet désormais de générer ses propres plugins et shaders avec l’IA

L'ESSENTIEL
  • L'introduction de plugins génératifs permettant de créer des outils sur mesure grâce à une simple description textuelle.
  • La possibilité de générer des shaders complexes et animés sans compétences en programmation graphique.
  • L'accès au code généré pour comprendre, modifier ou prolonger les outils créés par l'agent IA.
  • La complémentarité avec la marketplace classique qui conserve son rôle pour les solutions complexes et monétisées.
  • Une transformation profonde du logiciel, qui devient un environnement créatif entièrement programmable à la volée.

Figma commence à faire évoluer l’idée même de plugin. Au lieu de chercher un outil existant dans une marketplace, les designers peuvent désormais décrire ce dont ils ont besoin et laisser l’agent de Figma générer directement un plugin fonctionnel, sans avoir à écrire de code.

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Le changement paraît simple, mais il pourrait modifier en profondeur la manière dont les créatifs utilisent les logiciels professionnels. L’IA ne se contente plus d’automatiser une tâche dans Figma : elle commence à produire les outils qui permettent de transformer Figma lui-même.

Un plugin sur mesure à partir d’une simple description

Le fonctionnement repose sur une logique familière des outils d’IA générative : l’utilisateur décrit le problème, puis l’agent se charge d’écrire le code nécessaire.

Figma précise qu’il n’est pas nécessaire de connaître la programmation ni même le vocabulaire technique associé aux plugins. Une fois l’outil généré, le designer peut le tester, puis continuer à dialoguer avec l’agent pour modifier son comportement ou ajouter de nouvelles fonctions.

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Les exemples donnés par Figma dépassent largement les démonstrations gadget. L’agent peut générer un plugin capable de restyler en masse des icônes, créer une échelle typographique, produire des écrans skeleton, renommer des calques par lots ou encore analyser un fichier à la recherche de parcours de prototype cassés.

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Cette approche change surtout la question de départ. Jusqu’ici, un designer devait se demander si quelqu’un avait déjà développé un outil répondant à son besoin. Désormais, il peut directement demander à Figma de le construire.

Les micro-outils deviennent beaucoup plus faciles à créer

C’est probablement là que le potentiel est le plus important. Le développement traditionnel d’un plugin impose un coût initial : il faut définir le besoin, concevoir l’outil, écrire le code, corriger les bugs et assurer un minimum de maintenance. Beaucoup de petits problèmes rencontrés dans un workflow ne justifient tout simplement pas cet investissement.

L’IA réduit fortement cette barrière. Un designer peut donc créer un outil très spécifique pour résoudre une tâche qui ne concerne au départ que son équipe ou son projet. Si ce plugin s’avère finalement utile à d’autres, Figma permet de le publier dans sa Community ou de le partager en privé au sein d’une organisation.

Ce mécanisme pourrait faire émerger une nouvelle catégorie de logiciels très spécialisés, créés non plus par des développeurs qui anticipent les besoins d’un marché, mais directement par les personnes confrontées au problème.

Le prochain plugin populaire pourrait ainsi commencer comme une automatisation improvisée pour un workflow interne.

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Figma applique la même logique aux shaders

La génération ne s’arrête pas aux plugins. Figma propose également un générateur de shaders par IA, capable de transformer une description en effet visuel sans exiger de connaissances en programmation graphique.

Les usages vont bien au-delà d’un simple dégradé. Figma cite notamment des effets procéduraux de marbre, de feu ou d’eau, ainsi que des transformations comme la distorsion, le grain, la pixellisation ou le dithering.

Ces shaders peuvent également être animés ou interactifs. Un effet peut par exemple se déclencher lorsqu’un utilisateur passe la souris sur un élément, ce qui ouvre des possibilités beaucoup plus riches pour le prototypage.

Cette fonctionnalité rapproche Figma d’un environnement où les designers peuvent manipuler des techniques graphiques auparavant réservées à des profils plus techniques, sans nécessairement comprendre les mathématiques ou le code derrière chaque effet.

Le code reste accessible, et c’est important

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Figma ne présente pas ces fonctions comme une boîte noire totalement fermée. Les designers peuvent consulter le code des shaders auxquels ils ont accès ainsi que celui des plugins génératifs qu’ils ont eux-mêmes créés. Cela permet de comprendre leur fonctionnement, de diagnostiquer un problème ou de prolonger l’outil au-delà de ce que l’agent a produit automatiquement.

Cette transparence est importante, car elle évite de réduire l’utilisateur à un simple dialogue avec une IA opaque.

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Figma permet également d’exporter des shaders via MCP vers Figma Make afin de les réutiliser dans un prototype codé. Il existe toutefois une limite actuelle : les instances exportées ne restent pas synchronisées avec le shader d’origine.

Le système est donc encore loin d’un flux parfaitement continu entre design génératif et application réelle, mais la direction est claire.

La marketplace de plugins ne disparaît pas pour autant

Il serait tentant d’en conclure que les boutiques de plugins sont condamnées, mais ce serait prématuré. Les plugins génératifs et les shaders génératifs sont encore proposés en open beta, et Figma prévient que leur comportement peut évoluer ou rencontrer des problèmes de performances. L’entreprise recommande d’ailleurs de tester soigneusement les outils produits par l’IA.

Les plugins traditionnels conservent également plusieurs avantages importants. Ils offrent davantage de contrôle sur le code, peuvent utiliser des API tierces et proposer des interfaces entièrement personnalisées, là où les plugins génératifs reposent actuellement sur l’interface native PropsKit de Figma.

Autre limitation : les plugins génératifs ne peuvent pas encore être monétisés. Figma indique par ailleurs ne pas s’attendre, pour l’instant, à ce que ces outils modifient fortement l’utilisation des plugins classiques. La marketplace reste donc pertinente, en particulier pour les solutions complexes, éprouvées et maintenues dans le temps.

Figma transforme progressivement le logiciel en environnement programmable

Le changement le plus intéressant n’est finalement pas la génération automatique de code en elle-même. Ce que Figma expérimente, c’est une nouvelle relation entre l’utilisateur et son logiciel. Au lieu de proposer un ensemble fixe de fonctions, complété par une bibliothèque d’extensions développées à l’avance, l’application peut commencer à se modifier à la demande.

Dans cette logique, le designer ne se contente plus d’utiliser les outils disponibles. Il décrit un besoin, obtient une fonction adaptée, la teste, la corrige et éventuellement la partage.

C’est une évolution qui dépasse largement Figma. Si ce modèle fonctionne, les logiciels créatifs pourraient progressivement passer d’interfaces remplies de commandes prévues à l’avance à des environnements capables de générer leurs propres outils à la volée.

L’IA ne devient alors plus simplement une fonction supplémentaire dans la barre d’outils. Elle devient le mécanisme qui permet de fabriquer cette barre d’outils elle-même — avec, au centre, une seule question : de quel outil avez-vous besoin maintenant ?

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