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Meta reconnaît que Muse s’inspire fortement d’OpenClaw : « Peter avait vu juste »

Décryptage

Meta reconnaît que Muse s’inspire fortement d’OpenClaw : « Peter avait vu juste »

L'ESSENTIEL
  • Une ressemblance frappante entre Muse de Meta et le projet open source OpenClaw.
  • Une reconnaissance officielle de Meta quant à l'influence majeure d'OpenClaw sur sa conception.
  • Un choix assumé de reprendre certaines conventions d'architecture jugées particulièrement efficaces.

Depuis son lancement, Muse, le nouvel agent IA personnel de Meta, intrigue par ses nombreuses ressemblances avec OpenClaw, le projet open source créé par Peter Steinberger. Même organisation de certains fichiers, même SOUL.md, contenus parfois presque identiques : les comparaisons se sont multipliées.

Meta vient finalement de reconnaître que cette proximité n’avait rien d’un hasard.

Nat Friedman, responsable produit chez Meta Superintelligence Labs, affirme que Muse a été développé de zéro, mais qu’il est « fortement inspiré » d’OpenClaw. Interrogé plus précisément sur la reprise de certains noms de fichiers et de contenus, il n’a pas contesté ces similitudes : l’équipe estimait simplement que Peter Steinberger avait trouvé la bonne approche.

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Une reconnaissance intéressante alors que Muse connaît un démarrage particulièrement remarqué et que les agents IA commencent à devenir l’un des nouveaux champs de bataille des géants de la tech.

Muse ressemble beaucoup à OpenClaw

La controverse est partie des observations de plusieurs utilisateurs ayant commencé à explorer le fonctionnement interne de Muse. Ansh Nanda, cofondateur d’une entreprise spécialisée dans les applications IA, est allé jusqu’à présenter Muse comme un « OpenClaw pour le grand public ».

Parmi les similitudes relevées figure notamment un fichier baptisé SOUL.md. Dans OpenClaw, ce fichier Markdown sert à définir certains éléments fondamentaux du comportement de l’agent : personnalité, ton, valeurs, limites ou encore domaines d’expertise.

Toutefois, le problème n’était pas uniquement le nom du fichier. D’autres utilisateurs ont comparé son contenu avec celui d’OpenClaw et relevé des similitudes importantes. La question est donc rapidement devenue évidente : Muse utilise-t-il réellement OpenClaw ou Meta s’en est-il simplement très fortement inspiré ?

Meta : Muse a été « construit de zéro »

Nat Friedman a finalement répondu directement à cette interrogation. Le responsable produit de Meta Superintelligence Labs explique que Muse a été développé en interne, mais reconnaît sans ambiguïté l’influence d’OpenClaw. Friedman raconte avoir commencé à utiliser OpenClaw en janvier. L’expérience aurait été suffisamment convaincante pour qu’il achète des centaines de Mac mini destinés aux équipes de Meta Superintelligence Labs.

Une partie de l’équipe serait alors devenue particulièrement enthousiaste à propos du projet et, plus largement, des agents personnels. L’ambition de Meta aurait ensuite été de reprendre cette philosophie afin de créer un système capable d’être plus simple à utiliser, sécurisé et suffisamment robuste pour fonctionner à une échelle potentiellement gigantesque.

Friedman qualifie par ailleurs Peter Steinberger de développeur particulièrement talentueux et considère son architecture d’agent comme pionnière.

Et pourquoi les mêmes fichiers ?

Cette explication ne répondait cependant pas complètement aux interrogations. Si Meta a réellement construit Muse à partir de zéro, pourquoi retrouver des noms de fichiers identiques et un SOUL.md dont le contenu ressemble autant à celui d’OpenClaw ?

Ansh Nanda a directement posé la question à Friedman. La réponse a été particulièrement courte : l’équipe considérait que Peter Steinberger avait trouvé la bonne solution sur ces éléments. Friedman ne conteste donc pas la reprise de certaines conventions introduites par OpenClaw. Meta distingue en revanche cette inspiration du développement technique de Muse lui-même, que l’entreprise présente toujours comme une plateforme construite de zéro.

OpenClaw, bien plus qu’un simple modèle IA

Cette distinction permet également de comprendre pourquoi OpenClaw exerce une telle influence. OpenClaw n’est pas un nouveau grand modèle de langage concurrent de ChatGPT, Gemini ou Claude. Il s’agit plutôt d’un harness, autrement dit toute l’infrastructure qui transforme un modèle en véritable agent capable d’agir.

Cette couche organise notamment les instructions, les outils auxquels l’IA peut accéder, son espace de travail et la boucle déterminant les prochaines actions à effectuer.

Le fameux SOUL.md fait partie de cette architecture. OpenClaw a été développé par Peter Steinberger et publié en open source. Le projet s’est rapidement imposé auprès des développeurs au début de l’année 2026, après avoir précédemment porté les noms Clawdbot puis Moltbot.

Son influence dépasse désormais largement le projet original.

L’open source change la question

La licence open source d’OpenClaw est ici importante. Son code peut être consulté, étudié et réutilisé dans les conditions prévues par sa licence. La proximité entre les deux produits soulève donc surtout une question de conception et d’attribution, davantage qu’elle ne permet à elle seule de conclure à une violation.

Et, Nat Friedman connaît particulièrement bien cet univers : avant de rejoindre Meta, il a notamment dirigé GitHub. La véritable différence entre les deux approches apparaît surtout lorsqu’on observe leurs écosystèmes respectifs.

OpenClaw repose sur un modèle ouvert dans lequel les utilisateurs et développeurs peuvent librement expérimenter. Meta veut au contraire transformer cette philosophie en plateforme grand public contrôlée, avec des connecteurs permettant à Muse d’interagir avec différents services.

Meta peut notamment décider quels connecteurs sont approuvés et lesquels seront mis en avant.

Muse veut agir à la place de l’utilisateur

Muse représente l’une des incarnations les plus concrètes de la stratégie de Meta autour des agents IA. Contrairement à un chatbot traditionnel, l’objectif n’est plus simplement de produire une réponse. L’agent peut remplir des formulaires, gérer certaines interactions avec le service client, effectuer des achats, créer des documents ou encore prendre en charge certaines réservations.

Pour réaliser ces opérations, Muse peut être connecté à différents comptes et services de l’utilisateur et disposer de permissions importantes sur macOS. Cette capacité d’action rend naturellement les questions de sécurité beaucoup plus importantes que pour un chatbot classique.

Meta présente justement la sécurité, la simplicité et le passage à très grande échelle comme les principales différences entre son approche et celle des agents initialement destinés à un public plus technique.

Un démarrage spectaculaire, mais déjà quelques controverses

Muse a été lancé le 8 septembre 2026 et a rapidement atteint la première place de l’App Store américain. Son lancement s’accompagne néanmoins déjà de plusieurs controverses. Amazon a notamment bloqué l’utilisation de Muse pour effectuer des achats sur sa plateforme, tandis qu’une vulnérabilité zero-day a été découverte dans l’application macOS. Meta a depuis déployé un correctif et estime que l’exploitation pratique de la faille nécessitait déjà la présence de code malveillant sur le Mac.

Ces épisodes illustrent précisément le principal défi des agents personnels. Plus une IA dispose de permissions et peut agir au nom de son utilisateur, plus la sécurité de l’ensemble de la chaîne devient critique.

OpenClaw pourrait avoir défini les conventions des agents personnels

Au-delà de la polémique sur Muse, l’épisode montre surtout l’influence prise par OpenClaw en quelques mois. Le projet de Peter Steinberger semble avoir trouvé plusieurs conventions suffisamment efficaces pour que d’autres acteurs s’en inspirent : organisation de l’espace de travail, fichiers de configuration lisibles par l’utilisateur et architecture permettant à un modèle d’utiliser différents outils.

Meta ne cache désormais plus cette filiation. La différence pourrait plutôt se jouer sur ce que l’entreprise construit autour : une expérience accessible au grand public, un catalogue de connecteurs contrôlé et une infrastructure susceptible de servir des centaines de millions, voire des milliards d’utilisateurs.

Dans cette perspective, la question n’est peut-être plus seulement de savoir combien de choses Muse reprend d’OpenClaw. Elle est aussi de savoir si OpenClaw vient, en quelques mois seulement, de définir une partie des conventions sur lesquelles seront construits les futurs agents personnels.

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